Ibid. p
4. Kuno Fischer, Geschichte der neuern Philosophie, V. Bd., 11, 3, p. 270.
non à un enseignement scientifique, mais à la culture morale n'avaient en soi rien de contraire aux occupations du dimanche: que par conséquent on estimait quelles devaient être autorisées à condition d’avoir lieu à une heure où tous les offices seraient terminés; d’ailleurs c'était là, quoi qu'en ait dit Fichte, dont les preuves sur ce point furent contestées par le Sénat, une tentative tout à fait insolite et que pouvait seule justifier l’impossibilité pour Fichte, arrivé quand tous les cours étaient déjà organisés, de réunir l’ensemble des étudiants un jour de la semaine. »
Conformément au rapport du Sénat, le grand-duc, dont les sympathies pour Fichte n'étaient pas douteuses, mais que la prudence avait obligé à couvrir sa décision derrière l’autorité d’une
juridiction compétente, publia, le 28 janvier 1795, un nouveau
rescrit. Il y déclarait Fichte absolument lavé de toutes les accusations lancées injustement contre lui; 1l affirmait sa conviction que les leçons morales pouvaient avoir une grande utilité, témoignant
- sa confiance à Fichte qui, pour continuer à la mériter, apporte-
rait dans ses faits et gestes, il n’en doutait pas, encore plus de prudence et de circonspection; il ordonnait, en conséquence, la continuation des conférences du dimanche à condition qu'elles eussent lieu l'après-midi et une fois tous les offices terminés ?.
Des collègues de Fichte, des amis pensèrent alors un moment à demander pour la reprise de ces conférences l’accès de l'église de l'Académie, au grand scandale de ceux qui auraient vu dans cette autorisation la reconnaissance et la consécration formelle d'un culte de la Raison, et qui redoutaient l’action que Fichte aurait alors exercée non plus sur les étudiants seulement, mais sur le peuple même ; le projet échoua* et Fichte reprit sa salle habituelle. Il recommença son cours de morale le dimanche 3 février 1795. Mais une nouvelle aventure l’obligea, quatre semaines plus tard, à interrompre encore une fois cette prédication d’une religion de la Raison où l'Eudæmonia voyait une sorte de « charlatanerie » 5.
1. Fichte’s Leben, II, Erste Abth., IV, Actenstücke über Fichte’s Sonntagsvorlesungen, C. p. 37-40.