‹ Fichte et son tempsChapitre 132 sur 232 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

4. Schiller n’écrivait-il pas à Gœthe, le 15 mai 1795? « Ici, en fait de nouveautés, je ne sais rien à vous annoncer; car avec le départ de l’ami Fichte s’est tarie la source la plus riche des absurdités. » Cottasche Bibl., Briefw. zwischen Schiller und Gœthe, I, 64, Iena, den 15. Mai 1795, p. 86.

9. Le mot est de Schiller à Gœthe, dans une lettre du 6 juillet 1795 (Ich hoffe also: Sie werden dem grossen Ich in Osmannstädt im Herzen Abbitte thun und wenigstens diese Sünde von seinem schuldigen Haupte nehmen). Cottasche Bibl. Briefw. zwischen Schiller und Gœthe, I, 79, p. 97. :

6. Le mot est de Gœthe, dans une lettre à Voigt du 10 avril 1795 : « Sie haben also das absolute Ich in grosser Verlegenheit gesehen und freylich ist es von den Nicht- Ichs, die man doch gesetzt hat, sehr unhôflich durch die Scheiben zu fliegen. » Ph. Stein, Gœthe-Briefe, IV. Bd., 745, p. 56. Éd. de Weimar, 10. Bd., 3143, p. 250.

attribuer à la susceptibilité de son orgueil blessé sa résolution de quitter momentanément [éna. Quant à ses ennemis, ils ne cachaient pas leur joie et formaient tout haut le vœu que son départ devint définitif.

« On dit, écrit l'Eudæmonia, que le professeur Fichte n’osera plus revenir à léna, ce serait un grand bonheur pour l'Université, sil-ny revenait pas'. Mieux vaudrait encore que lui et d’autres professeurs, animés des mêmes sentiments que lui, n'y fussent Jamais venus. Tant de jeunes gens n'auraient pas eu la tête détraquée par une fausse philosophie, et n'auraient pas rapporté de l'Université dans toutes les provinces allemandes l’athéisme, le mépris de la religion, les principes de l’illuminisme et du jacobinisme. Beaucoup plus de pères, honnêtes gens et bons chrétiens, auraient pu sans crainte — et ils l’auraient voulu — envoyer leurs fils à cette Université, réputée autrefois pour l'esprit religieux de ses professeurs, maintenant mal famée grâce aux leçons et aux écrits que s'attribuent, avec orgueil, certains de ses professeurs, dangereusement connue pour la pernicieuse liberté qu’elle laisse de répandre les principes les plus dommageables en politique et en religion ?. »

La Bibliothèque allemande universelle, le journal de Nicolaï, n’est pas plus tendre; elle déclare que le professeur Fichte, sans mission et sans nécessité, s’est interposé dans les querelles des Ordres.

« On le sait, écrit-elle, Fichte est du nombre des philosophes nourris des concepts outranciers de la liberté, des droits de l'homme du peuple et du prince, et il les prêche avec beaucoup d’enthousiasme du haut de sa chaire aux jeunes étudiants, fanatiques inconsidérés de la liberté... En outre il paraît manquer de la prudence nécessaire et de la connaissance des hommes — ses derniers écrits . le prouvent — et sa persévérance opiniâtre l’a conduit à de nouvelles étourderies... Il a fait, le dimanche, à l'heure du prêche du matin, ses conférences sur la destination du savant; il s’est formalisé de ce

1. À quoi Fichte put répliquer, l’article ayant paru après son retour à léna : « L’Eudæmonia imprime, en janvier 1796, que j’oserai difficilement revenir à léna, alors que, depuis la Saint-Michel de 1795, je fais mon cours devant plus de deux cents étudiants venus de tous les coins de l’Allemagne. Il se pourrait bien que le digne expéditeur de l’annonce, qui alors employait oralement les mêmes expressions pour manifester ses vœux et ses espérances, ait envoyé ses nouvelles l'été dernier, et que le malheureux Eudémoniste ait appliqué jusqu’en janvier la torture à cette plaisanterie pour établir un lien entre mes conférences du Dimanche et l’exécution de Louis XVI. » Intelligenzblatt der A. L. Z., 1796, 5. Bd., n° 50, Sonnabends, den 16. April 1796, p. 411.

2. Eudæmonia, II. Bd. 1, St. II, Verunglückter Versuch., p. 48, note Z.

3. Allgemeine Deutsche Bibl., 1795, Intelligenzblatt, n° 45, p. 405

que le Consistoire ne voulût pas tolérer des nouveautés de ce genre; il a cru que les prêches pouvaient être supprimés. Il a invectivé et menacé dans ses conférences les mauvais étudiants, il a eu à nouveau à souffrir de leur rage. Il a demandé aide et sécurité; on n’a pu les lui donner parce qu'il agissait avec trop d’imprudence... mais la Cour lui a assigné, pour en faire le Pathmos de la philosophie, un château princier. Un pareil martyr de la vérité mérite-t-il d'être loué ou blâmé? Cette manière de penser, ces principes de l’auteur peuvent-ils faire gagner quelque chose à l’Académie {? »

Fichte, devant ce qu’il appelait de « fausses accusations et d’injustes jugements? », éprouva le besoin de se défendre et de rétablir les faits dans leur vérité; il écrivit donc, au mois de juillet, un Compte rendu au public sur son éloignement d’'Iéna pendant la moitié de l'été de 1795. Après avoir affirmé, en matière d'honneur, ses principes pour lesquels il était résolu à sacrifier sans hésitation tout son bien-être moral, sa bonne réputation, sa vie, les biens du monde entier *, il voulait se borner à exposer la suite des événements et à montrer que c’eût été chose incompatible avec sa dignité de les tolérer sans protestation.

Quelques mois plus tard, en avril 1796, dans le numéro même de la feuille de publicité du Journal littéraire universel d'Iéna, où il répondait aux accusations de l’'Eudæmonia, relatives a ses conférences du dimanche, il répliqua aux insinuations de la Bibliothèque allemande universelle.

Elle lui reprochait de s'être entremis sans en avoir la mission et sans nécessité dans les querelles des Ordres. Dans cette seule ligne Fichte relevait : 1° un mensonge : l’affirmation qu'il s'était entremis dans les querelles des Ordres; il n’y avait pas alors de querelles entre les Ordres ; 2 une légèreté : « sans en avoir la mission »; le gouvernement seul avait qualité pour juger des missions dans l’État; or les autorités supérieures de l'Université et quatre Altesses ducales avaient approuvé sa conduite; les dispositions qu’elles avaient prises à la suite de l'intervention de Fichte, les missions dont elles l'avaient alors chargé étaient sans doute une autorisation suffisante; 3° une affirmation indémontrable : « sans nécessité »; le cas de nécessité pouvait ne pas apparaître aux informateurs de la Bibliothèque et exister pour Fichte qui considérait comme nécessaire tout ce qui était juste, tout ce dont il fallait attendre du bien.

1. Allgemeine Deutsche Bibl., 1795, Intelligenzblatt, n° 52, p. 463.

2. Fichte’s Leben, II, Erste Abth., V, Fichie’s Rechenschaft, 13, p. 72. S. Ibid., 1V, 3, p. 45-46.

Mensonges et légèretés encore les affirmations relatives aux

rapports de Fichte et des Consistoires, au fait qu'il aurait cru pou-

voir supprimer les prêches du dimanche (où et quand avait-il manifesté cette opinion? car l’informateur ne pouvait sans doute avoir la prétention de pénétrer les secrets de son cœur); aux menaces et aux invectives qu'il aurait adressées aux méchants étudiants (300 auditeurs pouvaient témoigner de l’inexactitude du fait); à l’aide qu'il aurait réclamée et n'aurait pu obtenir à cause de ses imprudences, au Pathmos philosophique que lui aurait assigné la Cour dans un château princier (le texte même de l'information indiquait suffisamment son origine : racontars « de cocher de grande maison sans doute ». La vérité était autre, Fichte avait loué une maison à la commune d'un village qui l'avait achetée avec les biens nobles).

Quant à l'accusation d’être un de ces prédicateurs enthousiastes et outranciers de la liberté, des droits de l’homme, etc... Fichte se bornait à renvoyer le public à la brochure où se trouvaient reproduites textuellement ses conférences sur la Destination du savant, et il le faisait juge.

Pour terminer, Fichte conviait Bohn, le rédacteur de la Bibliothèque allemande universelle, s’il avait encore dans le cœur une étincelle d'honneur, à lui donner, dans une lettre particulière, le nom de son informateur mensonger, le sommant publiquement et formellement de le faire dans les quatre semaines à dater du jour de cette publication. Pour lui il ne révélerait pas la personnalité du ou des informateurs ; il se bornerait à déposer une plainte contre les autorités dont ils relevaient et à Les citer en justice !.

Bohn ainsi interpellé répondit que Fichte connaissait son adresse et aurait pu lui écrire une lettre privée, en termes courtois ; il aurait répondu sur le même ton. Fichte, il est vrai, déclarait qu'il ne publierait pas le nom du correspondant de la Bibliothèque; pourquoi donc sommer Bohn publiquement de le lui révéler? Pour traîner le collaborateur en question devant les tribunaux compéténts? Mais de quel droit? En quoi la déclaration faite au sujet de Fichte étaitelle contraire aux lois? Fichte, s’il se renseignait auprès d’un juris-

consulte, pourrait peut-être apprendre que sa plainte serait vaine;

alors Bohn, en consentant à nommer son collaborateur, aurait simplement satisfait l’inutile curiosité de Fichte. Il se croyait donc obligé de taire ce nom et de couvrir son correspondant; si Fichte

1. Intelligenzblatt der Allgemeinen Literatur-Zeitung, 1796, n° 50, p. 441-413.

estimait que Bohn outrepassait ainsi ses droits, c’est lui que Fichte devait assigner devant la juridiction compéténte : il s’inclinerait devant son arrêt, non devant les sommations du professeur Fichte. Et, comme Fichte avait incriminé l'honneur de la Bibliothèque, Bohn répliquait que l'estime dont elle jouissait en Allemagne datait d’une époque où Fichte était encore trop jeune pour juger de ce qui était prudent ou juste, de ce qui méritait ou non d’être honoré 1,

Une fois installé à Osmannstädt, après avoir assuré sa situation matérielle grâce à un emprunt fait à son éditeur, Cotta, toujours disposé à le sortir d'embarras, Fichte s'était remis au travail?. IL avait revu et corrigé les leçons de son cours sur la Théorie de la Science, que le Comptoir de l'Industrie de Weimar était en tram d'éditer. Il écrivait un Abrégé de ce qui appartient en propre à la Théorie de la Science*; enfin il préparait un article pour les Heures

B. RETRAITE A OSMANNSTADT.

de Schiller. Depuis le commencement de l'année 1l collaborait, en effet, au Journal philosophique de Niethammer et aux Heures.

Au moment même où Fichte se voyait forcé de quitter Iéna, le Journal philosophique publiait un article signé de son nom. L'auteur de la Théorie de la Science avait été conduit, par le hasard des circonstances, à examiner à son tour la fameuse question de l’origine du langage qui avait déjà tenté Rousseau et Herder, sollicités par des concours académiques.

Rousseau avait affirmé l'origine divine du langage; Herder, comprenant qu'une telle formule ne pouvait recouvrir qu’une renonciation à toute explication, qu’un aveu d’impuissance, avait délibérément combattu, comme une supposition inutile et dangereuse, l'idée d'une pareille origine; il avait montré dans l'acquisition du langage une invention de l'art humain, appuyant sa thèse sur l'histoire, sur l’imperfection des premières langues connues. Mais, au nom de l’histoire encore, Herder s'élevait contre la conception d'une origine conventionnelle du langage, qui avait été celle du xvur° siècle ; il faisait voir avec profondeur que le langage avait son point de

1. Intelligenzblatt der Allgemeinen Deutschen Bibl., 1796, n° 17, p. 141-143.

2. Fichte, le 8 mai, avait signé à Cotta le reçu des 50 carolus d’or qu'il lui avait demandés. Voir Prof. Ulrichs (Deutsche Rundschau, XXXVI. Bd., 1883.) Schiller und Fichte, p. 249. Schiller, dans une lettre à Gœthe du 23 novembre 1795, fait allusion à cette dette; Briefwechsel zwischen Schiller und Gœthe, I. Bd., 122, p. 133. Cottasche Bibl., (Ich weiss er steht schon mit 60 louis d’or bei Fichte in Vorschuss und Gott weiss wann er da zu seinem Geld kommen wird); et il tenait le renseignement de Cotta lui-même, qui lui en avait parlé dans une lettre du 20 octobre.

3. Fichte’'s Leben, 11, Zweite Abth., IIL, 9. Fichte an Reinhold, d. 2. Juli 1795, p. 216.

a cé oui | dat

départ dans l'expression des émotions, dans les cris naturels, et montrait comment l'homme — et par là précisément il se distinguait de la bête — en faisant œuvre de réflexion et de raison, œuvre d’abstraction, transformait ce langage conventionnel, inventait les signes et les mots pour exprimer et communiquer sa pensée. Théorie profonde qui désormais allait servir de base et de modèle aux recherches ultérieures.

Fichte, quand il écrivit son article sur la faculté de parler el l'origine du langage, n'ignorait pas l'œuvre de ses prédécesseurs, celle de Herder, en particulier; mais il crut qu'il lui restait quelque chose à dire pour compléter sa théorie. L'explication de l’origine du langage est, chez Herder, une explication purement psychologique; Fichte, nous avons déjà fait ressortir l'originalité de son point de vue dans les leçons sur la Destination du savant, Fichte y ajoute une explication d'un caractère social; l’origine du langage n'est plus seulement fonction d’une exigence de la pensée, elle est, avant tout, fonction des nécessités de l’action.

« Le langage, disait Fichte, est, au sens le plus large du mot, l'expression de nos pensées par des signes arbitrairement choisis. par des signes et non par des actes, car la facon dont notre raison sexprime dans l’action n'est pas, à proprement parler, un langage.

« Dansj tout ce qui doit s'appeler un langage, on n'a en vue rien d'autre que l'expression de la pensée, et, en dehors de cette expression, le langage est absolument sans but. Dans l’action, au contraire, l'expression de la pensée est un simple accident, elle n'est pas le but. Je n'agis pas pour découvrir à d’autres mes pensées, par exemple je ne mange pas pour faire voir aux autres que je ressens la faim, l’action est son but à elle-même; j'agis parce que je veux agir.

- « Par des signes arbitrairement choisis, a-t-on ajouté, Entendons par là des signes qui sont faits précisément pour désigner tel ou tel concept. Que ces signes aient ou non de la ressemblance avec les signes naturels, cela est tout à fait indifférent. »

. La faculté de parler est le pouvoir d'exprimer arbitrairement sa pensée, 1l nest pas nécessaire qu'elle s'exprime d’abord par des sons, quelle soit une langue parlée faite pour être entendue: on verra qu'au contraire la langue parlée n’est pas la langue primitive, et qu'elle s’en déduit.

. 4. Fichte, S. W., VIIL. Bd., 3, Vermischte Aufsätze. D, Von der Sprachfähigkeit und dem Ursprunge der Sprache, 1795, p. 302-303.

La question qui se pose est donc celle-ci : Comment l'homme en est-il venu à l'idée d'exprimer ses pensées par des signes arbitrairement choisis !? Puisqu'il s’agit d’un choix, ce choix présuppose une volonté; et cette volonté, pour s'appliquer à la recherche d'un langage, implique une idée. Comment s’est donc formée chez les hommes l'idée de se communiquer mutuellement leurs pensées par des signes?

L'homme, en tant qu'être raisonnable et libre, prétend subordonner la nature à ses fins, mais il n’est pas seul dans l'univers, il se trouve en présence d'autres êtres raisonnables et libres, reconnaissables, eux aussi, à leur manière de traiter la nature pour la subordonner à leurs fins; il voit dans les autres hommes non pas, comme le voulait Hobbes, des loups prêts à lui faire la guerre, des ennemis, comme les forces de la nature ou les bêtes, mais des « semblables », des êtres avec lesquels il a joie et profit à entrer en relations pour une mutuelle assistance; de là chez lui le besoin de communiquer avec eux de façon à pouvoir leur signifier son intention à leur égard et être en mesure de comprendre leurs intentions à son égard?. De là l'obligation de trouver certains signes pour faire connaître nos pensées *.

Ainsi c'est du fait de la vie en commun des hommes, c’est de l'existence de la vie sociale que sont nés l’idée et le besoin du langage; # l’homme solitaire eût pu se passer du langage; sa raison se serait suffi à elle-même dans le superbe isolement de sa vie intérieure et de son absolue indépendance. Elle n'eût pas réclamé pour s'exercer d'expression matérielle.

La question de l’origine du langage vient d’être résolue; mais quel sera ce langage ?

C’est par la vue et c’est par l’ouïe principalement que se manifeste à nous la nature; c’est donc par des signes susceptibles de frapper l'œil ou l'oreille, par des représentations visuelles ou par des sons que les hommes ont d’abord cherché à exprimer leurs pensées à leurs semblables, et ce fut la langue primitive ou hiéroglyphique. |

Puis les inconvénients et les imperfections d’un pareil langage, comme moyen général de communication de la pensée, étant bien vite apparus, la nécessité se fit sentir d’une transformation de ce

1. Fichte, S. W., VIIL. Bd., 3, Vermischte Aufsätze. D, Von der Sprachfähigkeit und dem Ursprunge der Sprache, 1795, p. 303.

2. Ibid., p. 303-308. — 3. Ibid., p. 309. — 4. Ibid., p. 309.

langage primitif, et l’idée d'une langue parlée, d’une langue constituée par des mots, prit alors naissance.

Fichte consacrait ainsi la dernière partie de son article à essayer de montrer par quel travail psychologique se sont formées les différentes espèces de mots : mots désignant des objets sensibles individuels, mots concernant les concepts génériques de ces objets, puis mots représentant des idées purement abstraites ou des relations. Il expliquait comment certains mots, exprimant d’abord des actions (les verbes) se sont transformés en substantifs et en adjectifs, comment dans les verbes, d’abord neutres, a été distingué l'actif et le passif, comment se sont formés les temps et les cas ?.

Ce n’est pas seulement au Journal philosophique que Fichte collaborait alors mais aux Heures de Schiller. Les Heures avaient déjà publié, dans leur numéro de janvier, un petit article de lui : Pour stimuler et exalter le pur intérét pour la vérité*, où il essayait de montrer que la recherche de la vérité supposait dans la conscience l'existence d’un intérêt pour elle et que tout intérêt supposait un penchant; il s’efforçait de définir cet intérêt et ce penchant par rapport aux intérêts et aux penchants des autres ordres; 1l établissait que le caractère de cet intérêt était d'être pur de toute matière, de tout contenu, d'être l'intérêt pour une simple forme, l'amour de la vérité pour la vérité, indépendant de sa matière; et il examinait les causes qui étaient un obstacle à la pureté de cet intérêt, l’orgueil qui nous fait tenir à nos opinions plus qu’à la vérité, la condescendance pour des idées qui flattent notre amour-propre, la paresse d'esprit qui nous fait reculer devant l'effort nécessaire à la découverte; il terminait en insistant sur le caractère moral de la recherche purement désintéressée i,

Page 1