Ibid., 14, p. 53. Johanna Fichte an Gotthelf
9. Ibid., 17, Fichte an Gotthelf, Iena, d. 27. April 1795, p. 56-57.
RCE
souvenir de cette déception devait s’effacer rapidement sous le coup d’une grande douleur. Le 30 septembre, Fichte revenait de promenade quand un messager lui apporta une lettre de Jeanne; elle annonçait la mort de son père. Le vieux Rahn succombait à un affaiblissement sénile, provoqué sans doute par le changement de climat et d’habitudes qu'il avait dû s'imposer à soixante-quinze ans pour suivre ses enfants, mais dont l'issue fatale avait été singulièrement hâtée par les événements qui forcèrent Fichte à quitter Iéna. La nouvelle de cette mort fut pour Fichte d'autant plus cruelle qu'il n'avait pas eu la consolation de fermer les yeux de celui qu’il aimait comme un père. Il écrivit aussitôt à Jeanne.
« Je lis ta lettre, je lis les premières nouvelles, je lis la dernière.
Repose doucement, à toi, homme de bien, après tes longs travaux ;
dors ta nuit, après le dur labeur du jour! S'il y a un Dieu, et il y en a un, il n'est pas possible que la vie de ce juste soit achevée, que c'en soit fait à tout jamais de lui. Sûrement il est maintenant heureux pendant que tu le pleures et pendant que mes yeux à moi se mouillent aussi de larmes. Ah! si seulement je l'avais revu! Je comptais fermement que tu me préviendrais en cas d’aggravation. Je serais venu; je ne me serais pas refusé la consolation de lui dire adieu. Ah! je ne le verrai plus! Mais je ne veux pas augmenter ta douleur, ma chérie, toi qui es maintenant doublement confiée à mon cœur, toi à laquelle je dois maintenant, en plus du mien, son amour à lui.
« Chose singulière, à la minute même où le cher homme s’éteignait, le conseiller intime Schmidt me parlait de choses tout à son honneur, de sa générosité envers Klopstock, de la fidélité de son amitié, prête à tous les sacrifices. »
À sa douleur Fichte eut cependant une consolation, les témoignages de respect et de sympathie qu'en cette circonstance les étudiants tinrent à exprimer au maître, momentanément absent, en accompagnant en corps le vieillard à sa dernière demeure ?.
Bientôt ils devaient lui donner une nou- Me Mist velle preuve de leur attachement. Ils firent parvenir à Monsieur le Professeur Fichte,
dans sa solitude philosophique, une adresse de 44 pages avec ce sous-titre : Veritas odium parit, et cette épigraphe : I n’est pas bien difficile de se vanter dans l’ombre et le secret de son amour de la
1. Fichie’s Leben, 1, 11, 5. Lettre du 30 sept. 1795, p. 267. — 2. Ibid., p. 268.
vérité et de sa franchise, mais il est difficile de dire la vérité publiquement, en tout temps, devant tout le monde.
Ils faisaient ressortir la contradiction des paroles et de la conduite des hommes de leur époque ; on n’avait à la bouche que des louanges pour la vérité, la noblesse d’âme, la franchise « et, à les entendre, un habitant d’un autre monde arrivant sur notre planète pourrait croire au règne sur notre terre de ces « trois déesses » ?; mais les actes démentaient tous ces discours: ils leur étaient ce que la nuit est au jour?. On pratiquait la flatterie et non la noblesse d'âme, la duperie et non la franchise, la dissimulation et non la vérité; ce n'étaient pas les trois déesses, c'étaient les « trois furies » qui régnaient sur la terre“. On disait sans doute, d'accord avec l'Écriture, que le ciel attend le juste et l'enfer le pécheur, mais on agissait comme si le péché conduisait au ciel et la vertu à l'enfer ÿ.
« D'où provenaient ces contradictions? Sans doute du fond de la nature humaine, de tout ce qui l’a corrompue et faussée. Et l’on ne pouvait songer ici à en énumérer les causes et les remèdes; on voulait seulement mettre en relief la vertu de ces deux sœurs, la vérité et la franchise, et se demander si, à la fin du xvirr° siècle, du siècle des lumières, elles étaient destinées à sombrer dans un naufrage, si on continuerait à calomnier ceux qui les défendent le mieux, si l'intolérance brutale qui se dit auguste (quelle satire!) les marquerait plus longtemps de son fer rouge f.
« Valons-nous mieux, disaient les auteurs de l’adresse, que ces Juifs obscurantistes et corrompus qui crucifièrent leur coreligionnaire Jésus, à cause de sa noblesse, de sa pénétration, de son amour du vrai, de sa vertu? Valons-nous mieux que ces prêtres méchants et furieux, qui, à Athènes, firent donner le poison à Socrate, pour le punir de sa sagesse et de son honnêteté, parce qu'il avait le front d'annoncer et de répandre des vérités nouvelles qui leur étaient défavorables? Valons-nous mieux que ces poignards vivants, ces prêtres furieux du moyen âge qui, à toutes les paroles de liberté prononcées même tout bas, répondaient par la mort ou par la prison ‘?
« Mais, en ce xvin° siècle où l’on parle tant de l'humanité et de ses exigences, où l’on substitue à l’immoral eudémonisme la pure moralité, où l’on se fait un devoir d'étendre chaque jour l'empire de la vérité, d'annoncer l'éternel Évangile de la Raison dans toutes les chaires et jusque surles sommets des montagnes, il ya des hommes,
1. An Herrn Professor Fichte in seiner philosophischen Einsamkeit, 1795, p. 2. 2. Ibid., p. 12. — 3. Ibid., p. 14. — 4. Ibid., p. 15. — 5. Ibid., p. 19. — 6. Ibid., p. 20-21. — 7. Ibid., p. 22-23.
il y a des savants qui en persécutent d’autres parce que les autres ont un peu plus de liberté d'esprit qu'eux-mêmes. Que fait-on de la règle : Agis toujours de manière à ce que la maxime d'action que tu suis dans chaque cas puisse devenir une maxime d'action universelle? Que fait-on de la philosophie, que fait-on de la religion du Christ?
« Que devient la sainte paix de la République des savants, de cette République dont les membres ont pour but d'accroître sans cesse la liberté, où tous ont les mêmes droits et la même mission, formuler et appliquer l’éducation la meilleure pour le progrès du genre humain?? Ne semble-t-il pas que nous retournions, nous les hommes éclairés de 1795, aux épaisses ténèbres des siècles passés °?
« Il existait jadis des serviteurs patentés de la superstition et des erreurs populaires: il existe maintenant des calomniateurs non patentés (unbekuttete) des braves gens... Alors, des dénonciateurs religieux, maintenant, des inquisiteurs philosophes; alors, on se haïssait mutuellement pour la gloire de Dieu le père; maintenant, pour la gloire du système philosophique qu'on soutient, le seul possible, le seul infaillible“.
-« Nous avions cru, dans la simplicité de notre bon sens, que des gens, imitiés aux profonds secrets de la Critique, imbus des principes de la morale la plus céleste, devaient agir en hommes de bien, être des modèles de noblesse et de vertu; nous avions cru, dans notre naïveté, que, plus se répandrait cette philosophie des philosophes, plus elle pénétrerait les cerveaux et les foyers, plus se développerait la moralité, plus la conduite serait droite et raisonnable. Si elle ne contribue pas à perfectionner et à ennoblir l'humanité, si elle n’a pas d'influence sur la conduite journalière, elle n’est bonne à rien, à rien qu à accroître le nombre superflu des systèmes superflus qui ont déjà fleuri pour tomber presque aussitôt 5. » |
Faut-il donc renoncer à suivre la Critique parce qu'il existe des hommes pour qui elle est lettre morte, parce qu’on croit se tresser pour la postérité des couronnes de lauriers et se rendre immortels en persécutant les grands hommes, les amis de la vérité et de l'humanité?
Mais ces persécutions ne font que grandir leurs victimes aux yeux de tous les hommes de cœur, que faire éclater davantage leur sagesse, leur amour du vrai, que redoubler le respect, l'amitié qu'on professe pour elles; car la vérité triomphera à son heure, ses défen-
1. An Herrn Professor Fichte in seiner philosophischen Einsamkeit, p. 25-27. 2. Ibid., p. 28. — 3. Ibid., p. 29. — 4. Ibid., p. 29-30. — 5. Ibid., p. 31-32.
seurs brilleront et vivront dans les siècles à venir, quand leurs
adversaires en seront réduits depuis longtemps à la poussière du néant; et, en dépit de toutes les contradictions, de toutes les tristesses du temps présent, cette heure s'annonce déjà en ce siècle où les mots sacrés de vérité, de raison, d'humanité sont devenus le cri de guerre universel de toutes les nations !.
L'adresse se terminait par un appel direct à Fichte :
« Noble Fichte, hâtez-vous de revenir au milieu des étudiants que vous avez abandonnés, que votre départ a plongés dans un tel embarras, dans un tel chagrin, dans une telle tristesse ; revenez dans le cercle respectueux des centaines de jeunes gens, curieux de s'instruire, avides des lumières et des connaissances sûres de la Raison; comblez leur vœu ardent de vous revoir au milieu d’eux, d'entendre à nouveau vos enseignements. Réapparaissez prochainement au milieu de nous, Ô le meilleur des maîtres; revenez dans notre ville, grand Fichte, et dédommagez-nous généreusement de ce que nous avons perdu. Revenez dans la joie et la tranquillité ; les fantômes de l’envie ont fait amende honorable, la jalousie a causé suffisamment de victimes, la calomnie s'est épuisée dans ses douleurs stériles, la haine a été confondue, la vengeance rassasiée, l'attrait d'une nouveauté inaccoutumée a disparu; les lois sont maintenant en pleine vigueur, précisément celles -qui concernent ce que vous réclamiez avec tant de justesse et tant d'excellentes raïsons; les perturbateurs notoires sont loin des murs d'Iéna; tout est tranquille, chacun parle de vous avec respect, chacun veut vous entendre, chacun se réjouit de votre arrivée et veut aller à votre rencontre; l'amour, l'affection des honnêtes gens vous attendent, vous en aurez mille preuves; voilà, nous l’espérons, de quoi effacer les impressions fâcheuses, le souvenir des égarements qui ont marqué comme au fer rouge Iéna, la ville des lumières; ainsi la clarté du jour efface les rêves fâcheux de la nuit. Venez, maître illustre, d'innombrables et nobles jeunes gens vous appellent à grands cris; reprenez votre poste élevé; remplissez à nouveau tous
les cœurs de vénération pour la vérité, dévoilez la majesté de cette
déesse dont chacun implore la présence; enflammez le zèle pour la vertu; mettez-nous en garde, comme un génie bienfaisant, contre la lâcheté et le luxe destructeurs de notre temps. Formez, pour devenir les amis et les défenseurs de la vérité, des milliers d’auditeurs qui, en quittant la salle où ils vous entendent, iront partout, à travers le monde, annoncer le divin Évangile de la Sainte Raison,
1. An Herrn Professor Fichte in seiner philosophischen Einsamkeit, p. 34-37.
Dr 7,
deviendront les bienfaiteurs de leurs contemporains, avides de lumières et d'indépendance... La pauvre humanité a besoin d'aide: elle s’est trop longtemps trompée pour pouvoir d'elle-même et toute seule dénouer et retrouver le vrai fil de la vie, celui qui la conduit sûrement à ses fins; secourez-là, elle vous implore; elle gémit
encore tout haut sous le poids des préjugés, sous la faiblesse crain-
tive et gènée de la Raison mal conduite ou opprimée: elle n’ose pas se risquer dans les voies récemment ouvertes: elle regarde encore avec timidité les nouvelles perspectives qui se découvrent à l'humanité. Venez-lui en aide, vous savants, vous amis de la vérité, gens de droiture et de franchise, hommes, jeunes gens et vieillards; elle réclame à bon droit l’aide de ses tuteurs et de ses guides... Depuis six mille ans, c’est l’enseignement de toute l’histoire, l'humanité cherche misérablement, péniblement le chemin du vrai bonheur sur la terre et des véritables lumières; elle ne peut les trouver à cause des préjugés, des superstitions, des sottises qui les combattent avec autant d'aveuglement que de cruauté; depuis six mille ans, les hommes cherchent à devenir des hommes et ils ne peuvent le devenir parce qu'ils ont été jetés trop loin des rives de la Nature. Montrez-leur, savants, vous la sagesse des peuples, montrez d'une main à l'humanité ses fins et présentez-lui de l’autre les moyens les plus simples, les plus sages de s’en approcher; mettez des bornes au royaume de la damnation et présidez joyeusement à la naissance du règne de la Raison et du bonheur sur la terre, de ce règne qu'on attend depuis si longtemps. Il dépend de nous, 1l dépend de la réunion de nos forces communes de faire briller dans le monde la sagesse, la vertu, la félicité, ou de laisser l'ignorance, la piété affectée, la superstition étouffer plus longtemps tout l'esprit de ses habitants. Venez, Fichte, maître de la Vérité, pour la dernière fois nous vous appelons dans votre haute solitude: communiquez-nous les leçons de la sagesse que vous avez aécumulées au sein de la belle nature; redevenez l'exemple pour des milliers de jeunes gens qui s’instruisent et s'apprêtent à devenir des savants. Y a-t-il un spectacle plus touchant, plus respectable que celui de jeunes hommes fermement décidés à défendre la vérité et la vertu, même au péril de leur vie...? Plus d’un disait avec un enthousiasme chaleureux : « Dans l’amphithéâtre de Fichte on se sent plus « véritablement un homme; on y apprend à connaître toute sa « dignité ; on y voit la vérité toute pure et sans voiles; on y est ému, « et on quitte cet ami de la vérité, fortifié et élevé ». Ce langage ne ne vous réJouit-il pas? Réjouissez-vous-en, il est digne de vous et de
tous ces nobles jeunes gens. Vous arrivez; touchant est l’aspect: de la salle comble au milieu de laquelle vous professez, vous, le maître qui nous est rendu ; touchante, l'attitude des centaines de jeunes gens saintement recueillis et qui ressentent, au fond de leur cœur, la puissante impression de votre parole; touchant, le spectacle quand, tout rayonnant de la splendeur de la Vérité et de l'éclat de | la Raison, vous descendez de votre chaire, maître de l'esprit de tous vos auditeurs; touchante, la sortie de votre amphithéâtre, devenu le temple sacré de la Raison, le recueillement silencieux, le dernier regard de tendresse jeté sur vous!. »
Sans doute la Bibliothèque allemande universelle, rendant compte de cet appel, le traita de déclamation vide, de flux de paroles, affirmant que l'habitude des disciples de Fichte de tout admirer chez lui provenait assurément de leur incompréhension devant la belle obscurité de l’auteur ?. Mais Fichte qui jusqu'alors avait résisté aux sollicitations de ses amis, qui n'avait pas même répondu à l’invitation de Herder, Fichte revenu à de meilleurs sentiments*, ne: resta pas sourd à l’appel de ses élèves et leur fit savoir qu'il rentrerait à [éna pour la Saint-Michel. Il est vrai qu'entre temps le gouvernement avait su découvrir et punir les coupables; de plus le Sénat académique, soupçonné par Fichte d’avoir été l’instigateur des mensonges et des calomnies dont il avait souffert, s'était vu contraint de lui faire amende honorable et d’'expulser les meneurs, la Cour enfin ne lui ménageait pas son appui et, s’il avait considéré son honneur comme engagé à ne pas revenir, « avant qu'une bonne police assurât la sécurité des citoyens * », il était informé maintenant que l’ordre avait été rétabli par la force et que ceux qui ne voulaient pas être emprisonnés sur l'heure n'avaient qu'à se tenir tranquilles. Fichte avait donc « obtenu pleine satisfaction » 6
1. An Herrn Professor Fichte in seiner philosophischen Einsamkeit, p. 37-44.
2. Intelligenzblatt der allgemeinen deutschen Bibliothek, 1795, n° 52, p. 462.
3. Noack, J. G. Fichte nach seinem Leben, Lehren und Wirken, Zweites Buch, 5, p. 266.
4. Fichte’s Leben, 11, Zweite Abth., III, 9. Fichte an Reinhold, den 2. Juli 1795, p. 219. — 5. Jbid., 10. Fichte an Reinhold, den 29. August 1795, p. 285. IL paraît bien d’ailleurs qu’en dépit des incidents passagers qui avaient obligé Fichte à se retirer à Osmannstädt il y eut quelque chose de changé dans les mœurs des étudiants, après la dissolution des Ordres et grâce à l’influence de Fichte. Savigny, en 1799, était frappé, durant un court séjour à Iéna, de la tenue des Étudiants dans les rues, aux cours, de l’absence de toute grossièreté, de toute brutalité, de l’intérèt pour la culture de l'esprit; il déclare formellement que « Fichte, avec son brillant talent, avait fait merveille sur ce public, qu’il menait les étudiants au doigt et à l’œil » (Preussische Jahrbücher, hgg. von Haym, 1802, p. 478).
6. Ce sont les termes mêmes qu'il emploie dans une lettre écrite à Théodor von Schôn, Aus den Papieren des Ministers und Burggrafen von Marienburg Theodor von Schün I. Anlagen B, 10, p. 41.
Weimar, den 2. Dez. 1794.
Ich danke Ihnen verbindlich, hochzuehrender Herr Professor, dass Sie Ihre Sorgfalt für akademische Zucht und Sittlichkeit mit mir theilen wollen. Herr Smith hat mir den statum causæ erzählt, und ich habe diesem würdigen jungen Mann, da er Ihr Freund und Vertrauter ist, ohne Bedenken meine Gesinnung darüber erôffnet, bis auf einen Gedanken, den ich zu Ende dieses Blattes vorlegen will.
Zu einer akademischen Hof-Commission, wenn es schnell damit gehn sollte, ist bey der Sache deswegen sogleich nichts zu thun. Einmal von der politischen Seite; der hiesige Hof kann in akadem. Disciplinar- Sachen für sich allein ohne Concurrenz der übrigen Hôfe nichts dergleichen thun. Deren Einstimmung müsste erst eingeholt werden, wie ehemals, als man den Ordens zu Leibe ging.
Zweytens von der juridischen Seite; um dergl. Commission auszuwirken oder zu ertheilen, müsste die Sache einigermassen durch Anzeige glaubwürdiger details etc. actenmässig vorbereitet seyn.
Ich weiss also nichts anzurathen, als dass man die gute Stimmung zu erbhalten und zu beteuren sucht; dass ich inzwischen, wenn Serenissimus zurückkommt (was zu Ende der Woche geschieht) eine Berathschlagung veranlasse, was zu thun ist und dass ich alsdann einmal persônlich mit Ihnen weiter über die Sache spreche.
Wenn ich H. Smith recht verstanden, so ist die Idee diese : Eine Commission hält den Ordensschuldigen ihre Sünde vor und sagt, was sie verdient haben; jene capituliren alsdann, gegen Straflosigkeit, ihre Verbindungen aufzugeben, mit der Zusage, sich nicht wieder damit abzugeben, etc.
Das wäre dann zur Erreichung des Zweckes recht gut.….
Aber wie wäre es denn, Werthester, wenn Sie darauf arbeiteten, sich dieses {?] Verdienst selbst zu verschaffen? Wenn Sie nach und nach die Jungen Leute dahin vermôchten, aus eignem Antriebe, ohne vorhergehende Drohung oder Zwang, Etwas zu thun? Das wäre doch edel und ehrenvoll gehandelt!
Sie müssen, zum Beispiel, es in Ihre Hände geben bey dem Herzog anzuzeigen :
« Es wären bekanntlich sogar durch ein Reichs Gesetz diese Verbin-
dungen verboten und mancherley Strafen darauf gesetzt worden. Da sich {?] eine ansehnliche Zahl in dieser Verbindung befänden, so hätten Sie nicht unterlassen kônnen, durch Vorstellung dagegen zu wirken. |
« Dieses habe nach und nach den guten Erfolg gehabt, dass Ihnen sämmtl. Mitglieder des Ordens Auftrag gethan, anzuzeigen, wie diese Verbindung freywillig aufgehoben, die Schriften ausge![?] und ein Versprechen, dergl. Verbindung nicht wieder einzugehn, abgelegt werden solle; jedoch unter Versicherung einer Amnestie für das Vergangene. »
Diese Amnestie würde nun gar kein Bedenken finden; der grosse Beyfall der Hôfe wird Ihnen auf dem Fusse nachfolgen, die jungen Leute würden wegen ihrer schônen Handlung in ganz Deutschland gepriesen werden, etc., etc.
Dieses ist aber vielleicht mehr Wunsch als Môglichkeit, Ihnen traue ich mehr zu, als gewühnlichen Menschen., Nehmen Sie das zu Herzen.
Ich bin immerfort Dero sehr. [2]: G, Voix
Sie liessen mir sagen, Verehrungswürdigster Herr Geheimer Rath, dass Sie mir nächsten Tagen auf meine Fragen antworten würden, und ich würde ruhig warten, wenn ichs nicht mit Leuten zu thun hâtte, die
ungeduldig genug sind, und deren gegenwärtige Stimmung man
nutzen muss, ehe sie sich ändert.
Ich melde Ihnen, so bestimmt ich kann, die gegenwärtige Lage der Dinge.
In einem unsrer drei Orden hat ein sehr gewichtiger Ordens-Bruder, den ich, nebst noch einigen seines Ordens, schon lange von der Thorheit, und Schädlichkeit dieses ganzen Wesens überzeugt, seit geraumer Zeit kräftig unter den seinigen gearbeitet. — Die Drohung einer nächst bevorstehenden Commission hat freilich das ihrige mitgethan.
Ein Mitglied eines andern Ordens, der sich mir gleichfals vôllig anvertraut, hat in den seinigen gleichfals gewirkt; versteht sich, gleichfals durch die angedrohte Commission. — Durch blosse moralische Vorstellungen ist mit gewissen Subjekten schlechterdings nichts auszurichten. Schon das ist eine Verbesserung, und eine beträchtliche Verbesserung des Tons, dass sie die Strafe fürchten— und Sie fürchten sie schrecklich. Sonst denkt der Bursch von dieser Klasse nicht sehr auf die Zukunft.…
Beide haben ihre Orden soweit gebracht, dass sie erbôtig sind, einer Commission (die Ehre, eine Commission veranlasst zu haben, wollen Sie sich nun freilich nicht nehmen lassen) ihre Papiere auszuliefern, und den Orden auf immer abzuschwôren. -- Auf einige reservationes mentales môügen, besonders unter den zweiten Orden, doch einige drohen. Der
Eid müsse sehr bedächtig gegen die Kniffe derselben, die mir bekannt gemacht worden sind, eingerichtet werden. Darf ich mich anbieten, Ihnen, Verehrungswürdiger, im Vertrauen auf diesen Fall meine Gedanken mitzutheilen, und Ihnen einige Winke, über gewisse Bücher besonders, die sie etwa zu entziehen suchen môchten, zu geben. Vôllig rein von aller Schalkheit würden diese Leute nie.
Mit dem dritten Orden stehe ich noch in Unterhandlung. Vielleicht gewinne ich ihn auch. Sollte es nicht môglich seyn, so kônnte wohl bei diesem ein Exempel der Strafgerechtigkeit nichts schaden, da er ohnedies als der aller verdorbenste allgemein anerkannt ist.
Wohl zu merken, alle erwarten die angedrohte Commission bald, und es ist zu fürchten dass sie auf die Hinterfüsse treten, wenn nicht recht bald was geschieht. Ueberdies Kann ich es in der jetzigen Lage nicht lange mehr halten, ohne für meine guten Leute zu fürchten. Ich môchte mich selbst zurückziehen, und die Dinge gehen lassen, wie sie gehen kônnten. Sie fürchten unter andern für die der Unterthanen des Herzogs, und der übrigen Sächsisch. Herzôge. die ehemals in den Orden gewesen, dass es ihnen zum Nachtheil gereichen kônnte Ohnerachtet dies, wenigstens von unserm gnädigsiten Herzoge, wohl nicht zu fürchten ist, — kôünnte man dieser Furcht nicht dadurch abhelfen, dass ihnen versprochen würde, über die Namen der ehemaligen Mitglieder die Bücher nicht zu untersuchen, wenn nur die gegenwärtigen angezeigt würden, — Einer ist ein Unterthan des Herzogs selbst, ein paar aus dem Gothaischen, einer aus dem Rudolfstädtischen darunter. Diese fürchten besonders, und es sind ausserdem, so weit mir bekannt ist, gute Subjekte. Wäre wohl der Herzog so gnädig, diesen besonders, auch als Unter-thanen, zu verzeihen; oder auch, ihre Namen überhaupt nicht wissen zu wollen. ;
FICHTE
Weimar, den 16. Dez. 1794.
1) Wie in lena, also anderwärts auch, werden die Sachen oft auf zwei Seiten angesehen und beurtheilt. Wenn Ihr Memorial einkommt, und Sie kein Verzeichniss der Studenten beylegen, so wird es heissen : Man müsse Ihnen erst Legitimation abfordern.
Ich schlage also über diesen unumgängl. Punct eine Mittheilung vor, nämlich : Das Namen-Verzeichniss versiegelt beizulegen, so wie Sie es empfangen haben. Und Sie sind doch auch gewiss, dass die Namen
- darin stehen°? — Vielleicht kann man es alsdann auch der Commission
verschlossen zufertigen und derselben überhaupt die môglichste Secretion (sic) der Sache aufgeben.
2) Die Verbrennung oder Vernichtung der Bücher, und sonstige verschonende Behandlung wird immer noch [?] werden künnen. Aber'die Commission muss doch wenigstens die Bücher durchsehen,
was drinnen steht, um nicht getäuscht zu seyn. Dass dem Herzog diese Bücher, im Vertrauen mit übergeben werden môchten, sollte ich lieber wünschen. Zu einigem Misbrauch ist gar kein Grund der Furcht da.
7) Est ist unmôglich, dass die Commission so geschwind kann, als Sie wünschen. Ich wünschte es auch. Aber a) es muss erst von hier das Nôthige nach Gotha, Coburg und Meiningen gehen und b) diese Hôfe müssen an die Commission Ihre Aufträge geben und c) diese Commission muss sich doch erst unterrichtet und auf den Weg machen. Vielleicht gewinnen wir durch diesen unvermeidl. Verzug etwas über die Unitisten.
Es thut mir Leid, mein Verehrungswürdigster, dass abermals die Form sich eindrängt in die Erfüllung eines guten Zweckes.
Vergeben Sie die Freimüthigkeit, mit der ich mich erklären werde. Ihnen, Theuerster, gilt kein Wort von dem, was ich sage. Wenn ichs nur mit Ihnen zu thun hâtte, wäre alles dies nicht zu sagen.
Es sind nicht 14 Tage, da Sie mir bei diesem Vorschlage schrieben, seine Ausführung sey fast unmôglich; aber sie trauten mir auch — so drückten Sie sich gütigst aus — mehr zu, als gewôühnlichen Menschen. Ich habe ihn geschwinder ausgeführt, als Sie mir haben folgen kônnen.
Und wodurch habe ich diese Gewalt”? — Denn wer mit Studenten, und Orden bekannt ist, der weiss, dass ich wirklich das unmôgliche ausgeführt habe — Dadurch, dass man mich für einen Mann von Wort und Ebre anerkennt.
Vergeben Sie — Sie haben hier keinen !{?|, durch den Sie so eine Sache hätten ausführen kônnen; dem Ministerium traut der Student nicht, und den Fürsten am allerwenigsten. Ich hâtte die Studenten vielleicht dahin bringen kôünnen, dass sie mir offen, und zu jedem beliebigen Gebrauch ihre Namen übergeben hâtten. Ich glaubte nicht, dass das nôtig sey, und ich wollte ihr Vertrauen nicht in Versuchung führen. Ich habe demnach das Verzeichniss versiegelt empfangen, und nur mit ihrer Bewilligung kann es entsiegelt werden.
Ob unter diesen Siegeln die Namen wirklich stehen, oder nicht, zu prüfen, ist mir bis auf Erhaltung Ihres Briefs nicht beigefallen, und fallt mir auch jetzt nicht bei. Sie haben mir ihr Ehrenwort darauf gegeben, dass die Verzéichnisse aufrichtig sind, und wenn ich ihnen nicht glaubte, so wäre ich werth, dass sie mich betrôgen. — Ich
will indessen auf ihre Ehre hin, meine eigne Ehre zum Pfande
einsetzen, dass die Verzeichnisse richtig sind. (Gerade dadurch, dass man mit den Studenten umgeht, als ob sie nichts taugten, taugen sie nichts. Ich habe mit guten und schlechten zu thun; und noch hat keiner mir einen schlechten Streich gemacht; denn ich behandle sie als Ehrenmänner, und dann sind sie es).
PTT
Eben so die Bücher. — Wir wissen wohl, was in Ordens-Statuten
gehôrt, und das ist darin : und sie haben mir ihr Ehren-Wort gegeben,
dass sie richtig sind. — Es stehen warscheinlich Griff-u. Wort Hirioglyphen u. dergl. darin; diese bringt der Ordensmann nicht vor fremde Augen. Es ist genug und mehr als genug, wenn er sie dem Feuer übergiebt. — Abgerechnet das Verzeichniss der ehemaligen Mitglieder. Diese Besorglichkeit macht ihnen grosse Ehre. « Es wird davon kein Gebrauch gemacht werden. » — Ich glaube es; aber das glaubt kein Student. Und hier handle ich in ihrem Namen. (Ich habe leider bei dieser Gelegenheit erfahren, wie sie über Grosse denken. Es wird mir Zweck seyn, sie darüber zu berichtigen. Aber dazu bedarf ich der Unterstützung und die gegenwärtige Auforderung unterstützt darin mich nicht. Künnten wir doch von der gesetzlichen Formen zuweilen ein wenig abgehen, und uns wie Menschen den Menschen einander nähern.)
Bliebe die Sache unter dem Herzog und Ihnen, ich lieferte das Verzeichniss, und glaubte den Siegel unter einem Beschlusse zu haben. Aber zu den Akten kann ich dasselbe nicht geben.
Trage doch die gesammte Regierung dieses Geschäft einem andern auf! Wenner es nur gerade soweit bringt, als ich es gebracht habe, so Will ich ein gemeiner [?] Mensch seyn.
Es ist die Rede von Legitimation. Wohl, so halte man sich doch an Mich; so schicke man doch die Commission für Mich. Ich stehe gewiss Rede.
Ich will mich gern — diese Menschen verdienen es, und ich habe Ihnen noch lange nicht gemeldet wie sie sich edel benommen — ich will mich gern für sie dem Gerichte einstellen. Kümme die Commission; versichere sie vor der Hand nur Mich der Amnestie und es ist alles gemacht.
« Die Commission muss die Bücher sehen, um nicht getäuscht zu seyn. » Wenn z. B. ich der Commission versicherte, dass es die wahren Bücher wären? Ich weiss, dass sie es sind...
ed # +
Ich lese diesen Morgen wieder durch, was ich gestern Abend sogleich nach Erhaltung ihres Briefes niedergeschrieben. Ich sollte dies vernichten, und mich anders ausdrücken. Mag aber doch immer dieser Ausdruck meiner Empfindungen stehen bleiben, zu einem lebendigen Gemälde, wie die Sachen liegen.
Kônnen die Akten nicht angefangen werden, ohne dass ich ein wenig wortbrüchig handle, so môgen sie lieber garnicht angefangen werden. Da die Herrn so ehrlich sind, wie sie es für diesmal sind, so müssen wir allenfals sehen, wie wir unter uns die Sache abthäten. Sollte jenes vorgeschlagne Memorial von mir, mit der Versicherung, dass alle diese Dinge in meinen Händen sind, nicht so rechtskräftig seyn, als ein paar mit unbekannten Namen beschriebene Zettel? — Das wäre doch wohl zur Legitimation für die Untersuchung genug. Es kann demnach nur von meiner Legitimation die Rede seyn. Diese müsse man mir freilich
indessen auf mein Wort glauben, und nicht annehmen, dass ich an
den Herzog einen Brief voll Lügen schriebe.
« Man scheint zu erwarten, dass sich die Studenten selbst melden. » Es lässt sich aus der Entfernung ohne alles eigne Zuthun garviel erwarten; aber nur der, der selbst anbetrift (sic) und in der Sache arbeitet, kann beurtheilen, was ausführbar sey. — Ich weiss nicht, ob man vorher auch nur soviel erwartet hat, als bis jezt sich doch zu Tage legt.
Ich behalte bei dieser Lage der Dinge heute noch das Memorial Zzurück. — Ich erwarte, dass man mir das Beilegen der Namensverzeichnisse erlässt. Ich “ie den Studenten nichts weiteres nn oc ohne eine gute Sache zu verderben.
Ich bitte nochmals um Verzeihung über meine Aeusserungen. Sie, Verehrungswürdiger, sind ein würdiger edler Mann. Denken Sie sich in meine Lage, Sie würden in derselben gerade so handeln, und gerade dasselbe wenigstens empfinden. — Ich weiss auch, dass Sie meine Handlungsweise im Herzen billigen werden, dass Sie nicht erwartet haben, dass ich anders handeln werde, und dass Sie bloss da, was die Form der Sache, nicht aber Ihre Ueberzeugung heischte, vorschlagen. —
Mit Hochachtung der Ihrige
FICHTE
Weimar, den 17. Dez. 1794.
Ich habe den Hauptpunkt, worüber Sie mir schreiben, also ansehen
müssen wie ich vorausweiss, dass ihn die ansehen werden, die ausser mir in die Sache zu sprechen haben; sonst hâtte ich wohl der Erinnerung überhoben seyn künnen. Dazu kommt, dass juridisch die Abforderung der Legitimation nie den Gedanken eines Mistrauens involvirt; man kann das hôüchste Vertrauen auf jemand setzen, und deswegen doch seine Legitimation fordern; in den Acten gelten nur die sichtbaren Dinge, etc.
Sie haben Recht, dass Ihre Anzeige, ohne Namensverzeichniss, sehr gut eine Untersuchung begründen kann. Aber ich meinte, wir wollten gar keine Untersuchung haben, sondern eine Uebergabe der Vestung, wozu ein |[?].. Commission abgeordnet werden soll.
Indessen scheint mir Ihr Vorschlag ausreichend, nämlich dass man der Commission auftragen müsse, Sie zufôrderst zu hôren, Ihnen vorläufig die Amnestie für die Ordensleute zuzusichern, und demnächst die Namen von Ihnen zu verlangen, damit die Herren gefordert, und das Nôthige expediert werden kann.
Ist dieses so Ihre Meinung so würde nur in dem Memorial an des Herzogs Durchl. das Nôthige ausgedrückt werden müssen. Nämlich besonders das: dass Sie in dem Fall, wenn eine Commission abgeordnet würde, und eine gnädigste Verzeihung zusicherte, Sie alsdann darauf instruirt wären, die Ordens-Mitglieder namentlich zu erkennen zu geben, damit solche bey der Commission vorgeladen und zur Aufgebung des ‘Ordens und Ablieferung der Papiere veranlasst werden kônnten.
D. hs
Kurz; Sie werden etwas in das Memorial bringen müssen, was der Nachfrage nach einer Legitimation Ihrerseits zuvorkommt... Also, Werthester Herr Professor, dürfen sie nicht gerade als Chicanerie ansehen, was ich Ihnen vor zweifeln mache Denn ich hoffe, Sie setzen das auch von mir voraus, was Sie wünschen dass man bey Ihnen voraussetzen soll. | Dero sehr gewidmete va
Weimar, den 24. Dez. 1794.
Schon den Tag darnach, als Ihr Memorial hier eingelaufen war, gingen die hiesigen Expeditoren nach Gotha ab, wo man alles genehmigt und sofort weiter nach Meiningen und Coburg expediert hat. Man kann nunmehr täglich den gemeinschaftlichen Commissions-Rescripten entgegen sehen. Es ist alles so resolvirt worden, wie Sie vorgeschlagen und gewünscht haben; vor Ihnen wird, auf Anlass der Commission, die Amnestie angekündigt werden, Sie werden alsdann die Namen nennen und die genannten Herren werden, auf Erfordern, oder auch auf eignes Anmelden sich bey den Commissionmitgliedern lossagen, Ihre Scripturen übergeben, welche die Commission um zu sehen ob es die angegebenen wirklich sind zwar inspiciern, jedoch ohne Untersuchung wider die darin enthaltenen Umstände und Personen vernichten wird.