‹ Fichte et son tempsChapitre 147 sur 232 · Ibid. p. VII · texte numérisé non relu

Ibid. p. VII

Et pour conclure 1l écrivait : « Plût au ciel cependant que les réformateurs du monde, ces visionnaires dont l’imagination créatrice conduit la philosophie bien au delà des lois de l’entendement, n’en tirassent pas occasion pour prendre en pitié l’auteur, à cause des limites que la loi de la Raïson lui assigne, ou pour maudire et pour condamner la froideur d’un cœur qui manque totalement d'enthousiasme pour les plans utopiques et illégaux, destinés à affranchir les peuples et à faire leur bonheur‘. »

On ne pouvait désigner plus clairement Fichte à moins de nommer l’auteur anonyme des Contributions. Cependant Schmid ne s’en tint pas là, et, dans un article du Journal philosophique (t. II, fase. Il), intitulé : fragment d’un ouvrage sur la philosophie et ses principes (Bruchstücke aus einer Schrift über die Philosophie und ihre Principien), il émit la prétention de compléter les insuffisances de la l'héorie de la Science. |

Il adoptait de Fichte l’idée que « le problème de la philosophie, comme Science, consistait dans la recherche d’un principe? » a || empruntait à Fichte son principe, le Moi ou la Raison, comme faculté de l'Unité.

Il écrivait :

«Je suis (ou le Moi est) le point de vue suprême, le seul point de vue de toute philosophie; car je fais acte de philosophe (ou le Moi fait acte de philosopher®). »

Il écrivait encore comme titre d’un fragment : Je = Je. Je suis un.

L'unité absolue du Moi est pour l’entendement humain ce qu'il peut penser de suprême et de premier‘.

Il admettait aussi, comme Fichte, que l'unification suprême est moins un état qu'un but, une tendance, une exigence de la Raison, une Idée. Il reconnaissait enfin, avec l’auteur de la Théorie de la Science, que la Raison ne se divise pas en Raison théorique et en Raison pratique, qu'elle est absolument une, mais qu’elle a un double usage, théorique et pratique, suivant qu'elle s'applique à la nécessité du fait ou au devoirf.

1. C. Christian Ehrard Schmid, Grundriss des Naturrechts für Vorlesungen, Vorrede, p. VIIL.

2. Philosophisches Journal, hgg. von F. J. Niethammer. Dritter Band, 1795, Zweites Heft, r. Abhandlungen, 1, Bruchstücke aus einer Schrift über die Philosophie und ihre Principien. Von Herrn. Prof. C. C. E. Schmid, Ueber den Sinn des Problems, p. 95-104.

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