Ibid., Standpunkt alles Philosaphirens, p
Cependant, en face de la Raison et comme objets auxquels elle se bornerait à appliquer sa loi, Schmid admettait encore l'existence de deux facultés, la faculté de connaître ou Entendement, la faculté d'agir ou Vouloir; et cette existence était pour lui un double fait au delà duquel il n’était pas permis de remonter : nous ne connaissons de facultés que parce qu’elles nous sont données et de la manière dont elles le sont; et nous ne pouvons, en philosophie, que les poser comme nous les trouvons.
Ces deux facultés d'ailleurs n'étaient pas seulement des objets de la Raison, mais des forces naturelles et, comme telles, elles entraient en contact avec les objets de la nature auxquels elles empruntaient leur contenu, leurs déterminations accidentelles et a posteriori?. La Raison, l'Entendement, la Volonté, les objets, autant pour Schmid de touts distincts, déterminés en eux-mêmes, sans relations internes réciproques. Et, comme couronnement à cet étrange édifice, la philosophie venait introduire, suivant la prescription de la Raïison, l'unité dans la multiplicité du donné, c’est-à-dire organiser les faits en système et constituer la Science. Science et philosophie étaient une seule et même chose’, et la Raison n'avait pas d'usage en dehors de la philosophie; sans la philosophie elle n'avait pas de vertu propre; elle n'était qu'un instrument dans la main du philosophe qui, en l’appliquant à l’entendement pur, constituait la logique, en l’appliquant à la pure volonté, la morale‘.
On conçoit l’exaspération de Fichte voyant à quel usage Schmid faisait servir les principes de la Théorie de la Science, et de quelle manière il prétendait la compléter. Sa réponse ne se fit pas attendre; elle parut en 1795 dans le même journal, sous le titre : Comparaison du système édifié par M. le professeur Schmid avec la . Théorie de la Science.
« La Théorie de la Science, déclarait Fichte — après avoir ana- {ysé et critiqué le système de Schmid, après avoir aussi brièvement rappelé l'esprit de sa propre philosophie — part de son fondement premier pour aller à ce qui est fondé; de l’Absolu pour aller au conditionné qui y est contenu, aux faits de conscience réels. Elle finit précisément où la philosophie de M. Schmid commence 5. Elle