Ibid., p. 120. — 3. Ibid., p
4. Ibid. Kintheilung der Philosophie nach den Gbjecten, p. 123-127, voir aussi Fichte, S. W., IL. Bd., 3. b. Vergleichung des vom Herrn Prof. Schmid aufgestellten Systems mit der Wissenschaftslehre, 1, p. 422-434.
». Fichte, S. W., IL. Bd., 3. B. Vergleichung des vom Herrn Prof. Schmid aufgestellten
Systems mit der W. L., III, Verhältniss dieses Systems insbesondere zur Wissenschaftslehre, p. 455.
finit avec l'établissement de la pure expérience; elle met en lumière
ce dont nous pouvons réellement avoir l'expérience, ce dont à faut.
nécessairement que nous ayons l'expérience; elle fonde donc vraiment la possibilité de l'expérience. Au sujet de cette expérience pure, on peut continuer à raisonner, à combiner, à systématiser; et c'est ce que j'appelle la Science qui précisément commence où la philosophie s'achève, et dont la sphère est infinie. Science et. philosophie ne sont donc pas du tout pour moi, comme pour M. le
professeur Schmid, une seule chose, mais deux choses; et ce qui,
pour M. le professeur Schmid, est de la philosophie, serait pour
moi de la Science. Mais d’abord je ne puis laisser passer pour de l'expérience en général ce que M. Schmid donne pour objet de ses recherches scientifiques et qui est l’abstraction; je tiens d'autre part cette expérience pour une expérience « impure » et imparfaite, en sorte que l’objet de M. Schmid n’est pas même pour moi de la Science, c’est pour moi un néant, une chose sans nom". » Donnant alors libre cours à sa violence, Fichte terminait son article par ces mots : « Ma philosophie n'existe pas pour M. Schmid et c'est par son incapacité, comme sa philosophie n'existe pas pour moi, et c’est par ma pénétration. [Il ne peut pas entrer dans le champ que j'embrasse; il ne peut franchir la borne, il ne peut pas
même y mettre le pied. Là où je suis, il n’est jamais. Nous n'avons
pas un point commun à partir duquel nous pourrions nous
entendre. Jadis il a déjà fait l’aveu qu'il ne comprenait pas la
Théorie de la Science. Il espérait peut-être que cet aveu la tuerait. Maintenant, il semble se repentir de cet aveu parce qu'il ne paraît pas s'être attendu à ce que je m'avise d'y croire... Il ne peut cesser de dire son mot. Moi qui le comprends très bien et qui comprends
aussi la Théorie de la Science, je déclare, à bon droit, qu'il continue
encore à ne pas la comprendre, et il ne peut pas s’imaginer luimême jusqu'à quel point cela est vrai. Je déclare qu'il n'a pas le plus léger soupçon, pas le moindre pressentiment du besoin de ce que la Théorie de la Science exige, cherche et donne. Quoi qu'elle soit en elle-même, ce n’est cependant pas à M. Schmid à la juger; elle se trouve dans un monde qui n'existe pas pour lui, parce que le sens qui le revèle est absent chez lui. Quand un tableau doit être jugé, on peut le soumettre à ceux qui y voient; mais le tableau pourrait être toujours et tout à fait défectueux qu'un aveugle n'aurait pas à en être juge. |
1. Fichte, S. W., Il. Bd., 3. b. Vergleichung des vom Herrn Prof. Schmid aufgestellten Systems mit der W. L., p. 456.
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« Je suis fermement convaincu que M. Schmid n’acquerra jamais ce sens, comme on peut l’espérer chez des hommes encore jeunes. Durant la moitié de sa vie, il a si bien montré son absolue impuissance à s’arracher au donné, son incapacité entière à penser une véritable spontanéité — idée qui est la condition exclusive de l'intelligence de la Théorie de la Science — est tellement visible dans l’ensemble de ses écrits philosophiques, que, sans aucun risque, on peut en donner d'avance l'assurance.
« Puisqu'il en est ainsi, je déclare, et j'en ai pleinement le droit, je viens de le prouver ici, qu'en ce qui concerne mes travaux philosophiques, dans quelque branche que ce soit, tous dérivant d’un seul et même esprit, de l'esprit de la Théorie de la Science, ce que M. Schmid, à partir d'aujourd'hui, ou bien dira ouvertement, ou bien insinuera en dessous dans ses préfaces, dans les journaux et Annales philosophiques, dans les comptes rendus, du haut de sa chaire, dans tous les lieux honnêtes et malhonnêtes je le tiendrai
pour quelque chose d'absolument inexistant; et je déclare que M. Schmid lui-même, comme philosophe, est, en ce qui me concerne, non existant. »
Schmid ne fut pas le seul adversaire avec
. Re T lequel Fichte eut à rompre en visière. Quel-
ques mois plus tard, en octobre 1796, visible-
ment à propos de la réplique de Fichte à Schmid et de son ton, la
Revue mensuelle allemande, qu'éditait à Leipzig Sommer, publiait
contre Fichte un article intitulé : Principes kantiens; un article
de mode en littérature (Kantische Grundsätze, ein literarischer Modeartikel).
L'auteur se plaignait de voir les Allemands, qui avaient pourtant fourni les preuves de leur originalité, se montrer parfois des imitateurs serviles et revêtir si facilement l'uniforme de la mode intellectuelle?. La mode, à l'heure actuelle, c'était la philosophie de Kant. On écrivait tout d’après les principes kantiens, et qui désirait plaire devait écrire conformément à ces principes ?. Celui qui prétendait traiter chaque science d’après sa méthode propre, celui qui ne consentait pas à appliquer à chaque science — et à mettre à toute sauce — les principes de Kant dont cette science n'avait nul besoin, risquant à tout le moins de lui donner une fausse orientation, passait pour un imbécile, quand :l ne passait pas pour un ennemi de la
1. Fichte, S. W., IL. Bd., 3. b. Vergleichung des vom Herrn Prof. Schmid aufgestellien
Systems mit der W. L., p. 456-537.
2. Deutsche Monatsschrift, Okt. 1796, II, note, p. 141. — 3. Ibid.
vérité. Mais était-ce bien même les principes de Kant qu'il fallait dire? À la suite de Kant était apparue « toute une armée de Criticistes très peu critiques? », ayant donné comme ceux de Kant leurs propres principes, qui étaient souvent peut-être les antipodes de ceux de Kant*; disciples infidèles du maître, ils trahissaient l'esprit de sa philosophie en paraissant demeurer respectueux de la lettre:
C'est ainsi que s'inspirant de la Raison pratique on avait enfourché un nouveau dada, le dernier en date, celui de la moralité pure, de la mortification des sens, oubliant que Kant avait pourtant préconisé, comme souverain bien, l'union du bonheur et de la vertu. C’est ainsi encore que l’on prétendait jauger et juger la religion chrétienne à la mesure de la philosophie de Kant, et constituer
sur cette base un nouveau catéchisme, comme si la religion du
Christ, en tant que telle, pouvait être kantienne; comme si Jésus, dans sa morale, avait pu prévoir la métaphysique du philosophe de Künigsberg; comme si enfin le projet d’instituer une morale rationnelle commune à tous les hommes et de la proclamer dans les églises, pouvait être accepté des représentants d’une religion qui avait ses principes, son orthodoxie et ses temples à ellef. Une pareille application était très fâcheuse; le public, ignorant les subtilités des systèmes, dénonçait la philosophie kantienne comme pernicieuse pour les mœurs, la religion, l'État, le pays, les gens, la confondant avec ses caricatures", qui déshonorent la vérité et en font un jeu de bas étage, un jeu de fous prétentieux, n’ayant rien de plus précieux que leur Moi (absolu), et décorant du nom d’autonomie le plus effroyable ramassis de passions sans rien voir en dehors de luif. Pour s’en convaincre « il suffisait de se reporter aux récents essais sur le Mor dont les auteurs arrivaient au plein jour de la philosophie alors que les autres tâtonnaient dans l'ombre, et criaient sans pitié à tous ceux qui ne pouvaient escalader avec eux leurs sommets : vous ne devez pas faire de philosophie du tout. Les malheureux! Que devaient-ils donc faire alors? Admirer M. l'Égoiste et son Moi*?. Mais que signifiait ne pouvoir pas faire de
1. Deutsche Monatsschrift, Okt. 1796. IT, note p. 142 et 147-149. — 2. Ibid., p. 142. — 3. Ibid., p. 146. — 4. Ibid., p. 150. — 5. Ibid., p. 144. — 6. Ibid., p. 148. — 1. Ibid., p. 143. — 8. Ibid., p. 141.
9. L’appellation était courante. Baggesen lui-même, qui pourtant savait à quoi s’en tenir, déclare à Reinhold que le système de Fichte apparaît comme un égoïsme et l’est effectivement dans toute sa partie théorique, mais que la partie pratique enlève à cet égoisme ce qu’il a d’odieux. Et toute sa philosophie est pratico-théorique. Il ajoute qu'il préfère l’égoïisme philosophique de Fichte à l’égoisme poétique de Gæthe, et il fait entre ces deux égoïsmes un long parallèle tout à l’avantage de
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philosophie? Ne pas comprendre Messieurs les faiseurs de phrases. Et pourtant l’un d’eux avait l'extrême arrogance de dire : je sais de source sûre qu'on me comprendra souvent mal, ce que j'aurais pu éviter avec quelques mots, mais aussi j'ai écarté autant que possible toute terminologie établie. Qu'on se reporte à la préface de la récente
découverte de la pierre philosophale!. » L'auteur de l’article ajoutait
qu'au cas où le système des égoïstes devrait devenir la mode universelle, on ne pourrait bientôt plus rien écrire, si on voulait être lu et loué, qui ne fût conforme aux principes égoïstes?. Il terminait son article par quelques remarques sur le {on de cette philosophie, qui affectait plus que de raison des airs supérieurs. Ce ton qu'employait maint philosophe du jour n’était vraiment pas le ton qui convient à l’ami de la vérité. On considérerait comme fort arrogant quiconque viendrait dire qu’il n’écrira jamais rien de com-
préhensible pour ceux qui de prime abord ne le comprennent pas;
qu'il ne sera compréhensible qu'à partir de la limite de leur compréhension, que cette limite sépare leurs esprits, et qu’il les invite à ne pas perdre leur temps à lire ses écrits. Cette grande modestie venait sans doute d’un sentiment de puissance, ne pouvant avoir son origine que dans la liberté de l'intuition intérieure qu'ils sont seuls à posséder. A cela l’auteur de l’article risquait pourtant une objection : cette intuition intérieure pourrait bien concerner un peu trop le Moi pur et pas assez le moi empirique; si elle avait été plus humaine, elle eût montré à son possesseur maintes choses qui l’eussent rapproché des autres faibles mortels, et qui, soit au point de vue de la politesse qu'on doit à chacun, soit au point de vue du respect de la vérité, lui auraient rappelé ces mots de Pope :
Immodest words admit of no defense For want of modesty is want of sense ?.
Sur les intentions de cet article nulle méprise n’était possible. La Théorie de la Science était ici directement visée, comme découverte de quelque pierre philosophale, et son « égoïsme » jugé
Fichte. (Jens Baggesen, Briefwechsel mit K. L. Reinhold und F. H. Jacobi, Erster Theil. Dez. 1790 bis Janv. 1795, 79, Schloss. Chatelar am Genfer See, den 4. Sept. 1794, p. 374-376.)
Et le même Baggesen écrit à Jacobi : « Sa philosophie (de Fichte) est d’ailleurs à l’aune du siècle et, son premier principe en tête, la plus parfaite « captatio benevolentiæ » qu’on puisse rêver, car il permet à chaque lecteur de se poser luimême et lui seul au centre de la divine Théorie de la Science. (Ibid., II, 56, Baggesen an Jacobi, Kiel, den 26. April 1797, p. 175.)