IV. LES OBJECTIONS DE BENJAMIN ERHARD
1. Fr. Nicolai, Beschreibung einer Reise durch Deutschland und die Schweiz im Jahre 1781. Elfiter Bd., 1796, Zwôlfter Abschnitt, Aufenthalt in Tübingen, VI, Ueber das Journal der Horen, p. 227-29.
2. K. A. Varnhagen, Denkwürdigkeiten, zweite Auflage, Leipzig, F. A. Brockhaus 1843, Vierter Bd. Erster Theil, Denkwürdigkeiten des Philosophen und Arztes Johann Benjamin Erhard. Johann Benjamin Erhard’s eigene Lebensbeschreibung, p. 580. On trouvera dans ces Mémorables de Erhard que Varnhagen considère comme un devoir de piété (Ibid., Vorrede, p. 535) de recueillir des renseignements biographiques, en particulier sur la culture philosophique d’Erhard, sur ses rapports avec Kant et Reinhold. Les extraits sont dédiés par Varnhagen à Hegel, Berlin, 20 janv. 1829 (Ibid., p. 533-534). Voir aussi K. A. Varnhagen von Ense, Ausgewählte Schriften, XV. Bd. Zweite Abth., Biographische Denkmale, Neunter Theil, Denkwürdigkeiten des Philosophen und Arztes J. B. Erhard, dritte Auflage, 1874. On y trouvera, outre son autobiographie un sommaire des œuvres d’Erhard (p. 64), des extraits de sa correspondance relative à La philosophie kantienne (II, p. 111-182), une lettre à Novalis (n° 140, p. 307, 1791), trois lettres à Reinhold (n° 141, 142, 143, p. 308-312 de mai, juin 1791); un petit mémoire sur les derniers résultats de la pensée humaine (Aufsätze vom Jahre 1796, I. Letzte Resultate des menschlichen Denkens, p. 184-187, II. Dogmatik und Mystik, 187-190, III. Ausbildung des Menschengeschlechts, 190-193, IV. Ideal eines Bundes zur Erziehung des Menschengeschlechts, p. 193-195. V. Prüfung und Lenkung menschlicher Kräfte, sich diesem zu nühern p. 195-198.
volontiers que « la philosophie de Fichte ne valait pas la peine de se casser la tête sur elle‘... », « qu'elle se présentait à lui comme la suprême erreur de la raison qui méconnaît ses limites ? ». |
Ce qu'il reprochait à cette philosophie le voici : elle se fondait tout entière sur l'affirmation que, prise logiquement, la négation était opposée au Réel, ce qui n’était pas vrai.
Le Non-Moi, comme négation du Moi, n’est pas opposé véritablement au Moi, car la négation pure et simple d’une chose n'est point par cela même son opposé; on peut aussi la considérer comme le minimum de cette chose, par exemple, le non-mouvement, le repos, est si peu opposé au mouvement que c’est bien plutôt pour le mouvement une nécessité d’en partir. Erhard reprochait à ces messieurs les philosophes de se soucier trop peu du concept de positif et de négatif et, en ce qui concernait Fichte, par exemple, de le transformer en assertion et en négation *.
A quoi Reinhold lui répliquait : « l’auteur vous répondrait que son Non-Moi existe en vertu d'un acte absolu de position, de la même manière et dans la même mesure où existe le Moi lui-même, que tout ce qu'il est, il l’est en vertu de l’acte absolu de position, que l'acte (Thathandlung) de la position absolue n'est pas une pensée, mais est supposé par toute pensée, le Moi et le Non-Moi, en ce sens absolu, rendant seuls possible toute pensée, la pensée logique aussi bien que la pensée réelle, et étant l’inconcevable (das unbegreifliche), fondement de tout ce qui est concevable * ».
Mais s’il en était ainsi, si vraiment, à la base de la Théorie de la Science, il n’y avait qu'un acte de liberté, de création absolue, Fichte, au dire d'Erhard, ne pouvait être réfuté que par une critique de la volonté; et, comme ce que la volonté peut faire est chose toute personnelle, chose qui se présente seulement à la conscience de chacun de nous, il n’y avait point, à proprement parler, de critique de la volonté car on ne peut décider de ce que je puis vouloir, et seul je le sais; il n’y avait point de critique de la volonté, mais seulement une dynamique de la volonté déterminant ce que je puis réaliser — et pas même encore, car très souvent la fantaisié (Phantasie), l'imagination vient compléter cette dynamique, et il
1. K. A. Varnhagen von Ense, Ausgewählte Schriften, dritte vermehrte Auflage, Leipzig, Brockhaus, 1874, XVI. Bd. Zweite Abtheilung, Biographische Denkmale, Zehnter Theil, Denkwürdigkeiten des Philosophen und Arztes J. B. Erhard, II, 195. An Reinhold, Nürnberg, d. 22. April 1796, p. 110.
2. Ibid., 197, An Niethammer, Nürnberg, d. 16. Juni 1796, p. 115.