‹ Fichte et son tempsChapitre 160 sur 232 · Ibid., p. 205. — 3. Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p. 205. — 3. Ibid., p

par là le moindre mérite; car, en cela, il n’était qu'un instrument de la nature, et seul était à lui ce qui était, en lui, l'œuvre de la liberté, Mais pour atténuer ce qu'il y avait de cruel à rappeler à Reinhold qu'en prenant pour des injures personnelles les critiques adressées à son système, il manquait du désintéressement philosophique et n'avait pas assez dépouillé l’égoïsme dont il se vantait pourtant d'avoir extirpé les racines?, Fichte, reconnaissant ce qu'il y avait de durable dans la philosophie de Reinhold, terminait ainsi : | |

« Comme Kant, vous avez apporté à l’humanité quelque chose qui restera de toute éternité. Lui, qu’on doit partir dans ses recherches du Sujet, vous, qu'il faut partir d'un principe un. La vérité que vous avez proférée est éternelle; votre nom peut l'être aussi, quoique vous ne le demandiez pas; et certainement vous valez assez pour ne point attacher d'importance à votre nom. Laissez passer et s’en aller en poussière ce qui est éphémère; ce qui est éternel demeurera bien sans votre concours. »

L'expression de cette estime de Fichte pour la valeur de la Philosophie élémentaire suffit, même après cette vive réplique, à calmer les susceptbilités de Reinhold, et quand, quelques semaines plus tard, Fichte dut aller chercher à Osmannstädt un refuge contre les manifestations des Unitistes, il reçut de Reinhold un mot qui lui alla droit au cœur. Reinhold, mettant leurs divergences au compte de leurs tempéraments et assurant Fichte de toute sa sympathie pour sa personne, scellait le pacte d'amitié « de telle mamière qu'il forçait Fichte à l'aimer profondément » et à « le supplier d'aimer un peu celui qui l’aimait tant * ».

On comprend dès lors aisément la joie que dut éprouver Fichte à apprendre que ces divergences mêmes n’existaient plus et à recevoir de Reinhold, le 14 février 1797, la lettre qu'on va lire :

« Il est grand temps pour moi de vous écrire, afin que vous ne l'appreniez point par un autre, l’infinie reconnaissance que je vous dois. J’ai eu enfin le bonheur d'arriver à comprendre votre Théorie de la Science ou, ce qui est pour moi la même chose, la philosophie tout court. Elle est là, devant l'œil de mon esprit, comme un tout

1. Fichte’s Leben, II, Zweite Abth., III, 7, Fichte an Reinhold, p. 203.

2. Ibid., p. 202 et 203. Reinhold avait écrit à Fichte : « Ich kann nicht hoffen, dass Sie aus dem Studium meiner Schriften und den Zeugnissen meiner Freunde nicht mehr Zutrauen gegen meinen unegoistischen Character schôpfen kônnten, als aus

Ihrem Benehmen in die Augen springt. » Ibid., 6. Reinhold an Fichte, Kiel, d.

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