Jan. 1795, p
3. Ibid., 7, Fichte an Reinhold, p. 206. — 4. Ibid., 9. Fichte an Reinhold,
Osmannstädt, d. 2. Juli 1795, p. 211.
achevé, an tout qui a son fondement en lui-même, comme la pure exposition de la pure Raison dans sa connaissance d'elle-même, comme le miroir de ce qu'il y a de meilleur en nous tous. Certains passages en sont encore obscurs pour moi, mais depuis longtemps ils ne peuvent plus me dérober la vue de l’ensemble, et ils diminuent chaque jour. À côté de votre philosophie gisent les ruines de mon système, de l'édifice qui m'avait coûté tant de temps et de peine, où je croyais pouvoir demeurer si sûrement et si commodément, où j'abritais tant d'hôtes et de locataires, et d’où, non sans suffisance, je me moquais de tant de Kantiens qui prennent l’échafaudage pour le bâtiment‘... »
L’aveu de Reinhold devait causer à Fichte une satisfaction d’autant plus vive qu'il était moins attendu. Fichte n’écrivait-il pas lui-même qu'il n'aurait pas cru Reinhold capable de jamais devenir maître de la Théorie de la Science ?? non pas qu'il prêtât à quiconque l’absurdité de refuser obstinément son adhésion à une vérité reconnue; mais, jusqu'à preuve du contraire, il craignait fort que les opinions préconçues, l’amour-propre, la conviction d’avoir raison tinssent les hommes, même à leur insu, éloignés de la connaissance de la vérité qu'ils n’ont pas trouvée eux-mêmes, de la vérité qui contredit leurs assertions. [1 tenait assurément Reinhold pour un des meilleurs d’entre les savants de son temps; mais la liberté d'esprit, l'amour de la vérité, portée au point de faire abstraction de toute sa personne, le désintéressement nécessaire pour se débarrasser d’une erreur dans laquelle on s’est enfoncé avec une singulière énergie, cela, il ne l’attendait pas de lui. Et à cause de cette attitude :il exprimait son étonnement et son respect à Reinhold, auquel il demandait seulement de ne point lui témoigner une reconnaissance qui ne lui était pas due; la vérité étant un bien commun et nullement la propriété de l'individu qui, par un heureux hasard, en a simplement fait la découverte *.
B. LE MOI ET LE RO- La date de la conversion de Reinhold # MANTISME. T. FRÉDÉRIC devait vraiment marquer le moment triom-
SCHLEGEL, phal de la Théorie de la Science. C’est aussi
l’année où Fichte devient codirecteur du Journal philosophique fondé
1. Fichte’s Leben, IT, Zweite Abth., IIT, 13. Reinhold an Fichte, Kiel, d. 14. Febr. 1797, p. 230.
2. Jusqu’alors Reinhold avouait ne voir dans la Théorie de la Science que du vert et du jaune (Baggesen, Briefwechsel mit K. L. Reinhold und F. H. Jacobi, Il. Bd. 2, Reinhold an Baggesen, Kiel, d. 15. Jan. 1795, p. 4).
3. Fichle’s Leben, II, 2, 1II, 14. Fichte an Reinhold, d. 21. März 1797, p. 234-235.
4. Et ce n’était point le seul Reinhold qui se déclarait converti à la Théorie de la Science; l’ami Baggesen écrivait à Jacobi, dans une lettre du 26 avril 1797 :
en 1795 par Niethammer, comme organe de la philosophie critique, l’année où il est nommé par le gouvernement aux importantes fonctions de censeur pour les écrits philosophiques; c’est enfin, l’année où les deux Schlegel formulent le programme du romantisme, cherchent un drapeau pour rallier les adeptes de l'École nouvelle et trouvent dans l’A/hénée qu'ils vont fonder l’organe de leur doctrine; or c’est de Fichte et de la Théorie de la Science que se réclame le romantisme naissant. Sans doute, l’idée d’une collaboration littéraire des deux frères n’était pas neuve. Dès janvier 1793, Frédéric avait proposé à Guillaume d'essayer de développer en commun leurs pensées sur la poésie et peut-être ensuite de les publier sous la forme de lettres ou de dialogues, l'invitant à ne pas « laisser tomber ce plan dans l’eau ! »; trois ans plus tard, le 2 janvier 1796, il lui rappelait ce projet, lui demandant s'il avait tout à fait renoncé à leur plan d’Annales allemandes (Deutsche Annalen), et de dialogues faits en collaboration sur la poésie allemande, ajoutant que ce serait « grand dommage ? ». Sans doute aussi c’est seulement après l’arrivée de Frédéric à Berlin, d'octobre à décembre 1797, que le projet prend véritablement corps et qu'après de longues hésitations le titre d’Afhénée est définitivement choisi *. Sans doute enfin, à Berlin, en 1796, au moment où l’École romantique va bientôt manifester publiquement son existence, Frédéric a rencontré, chez le banquier Veit, Tieck, et, chez Henriette Herz, Schleiermacher, les deux penseurs qui donneront au romantisme, l’un sa doctrine esthétique, l’autre sa doctrine morale et religieuse. Mais ni Tieck, ni Schleiermacher n'ont pu exercer d'influence sur
« En réalité, plaisanterie à part, j'ai sincèrement l’opinion que Fichte a trouvé la vraie, l’universelle philosophie, la philosophie valable pour toujours. »
Et il ajoutait, dans une lettre du 12 septembre :
« À mon avis, il n’y a que deux systèmes métaphysiques qui méritent l'attention de celui qui connaît la philosophie et son histoire, les deux seuls systèmes de Spinoza et de Fichte. Ils sont l’un et l’autre infiniment semblables et infiniment différents, deux triangles égaux, avec cette différence que ce qui sert de sommet à l’un est la base de l’autre; et j’affirme hardiment — je ne crains pas du moins d’être démenti par Jacobi — que ce sont les deux seuls systèmes qui peuvent être construits avec les trois idées données de la Raison pure, comme le triangle est la seule figure qui se puisse construire avec les trois côtés donnés. » Jens Baggesen, Briefwechsel mit K. L. Reinhold und F. H. Jacobi, II. Bd., 56, Kiel, d. 26. April 1797 et 60, Worb ohnweit Bern, d. 12. Sept. 97, p. 175 et.21à
1. Oskar F. Walzel, Friedrich Schlegel's Briefe an seinen Bruder Aug. Wilhelm, Berlin, Speyer et Peters, 1890. 1. Leipzig, 1791-1794, lettre 19, sans date, après une : lettre du 6 janvier 1793, p. 74.
2. Ibid., Il; Dresden, 1794-1796, lettre 74, Dresden, a. 2. Jan. 1796, p. 252.
3. On avait proposé successivement les titres de Schlegeleum (Ibid., 94, p. 316), de Dioscures, d Hercule et de Les Parques, ce dernier proposé par Schleiermacher (Ibid.,
95, d. 28. November 1797, p. 319).
4. Ibid., IL; Berlin, 1797-1799, n° 99, Dezember 1797, p. 337.
la formation de l’idée romantique chez les deux Schlegel‘; les origines du romantisme remontent plus haut, à l’époque où vient de paraître le Wilhelm Meister de Gœthe et où Fichte, avec sa Théorie de la Science, exerce à [éna sa souveraineté toute-puissante.
1. Tieck collabora de 1795 à 1798 à la Bibliothèque allemande universelle et de la manière la plus assidue. Le vieux Nicolaï avait pour lui un goût particulier ; il se fit l’éditeur et le patron du jeune poète, mettant au service de son protégé l'immense publicité de la librairie qu'il dirigeait; il donnait ainsi sa pleine approbation et ses louanges à des œuvres dont il ne paraissait pas même apercevoir ce qu’elles avaient de contraire aux principes qu’il avait passé sa vie à défendre (p. ex. Peter Leberecht) — Tieck s’en trouvait parfois gêné; il avait trop le sentiment de son désaccord avec son éditeur et protecteur pour ne pas désirer de cesser sa collaboration; mais il n’osait pas provoquer lui-même une rupture. Elle vint de Nicolai, en 1797; ses yeux avaient fini par se dessiller, et, le jour où il reçut les cinq actes du Monde renversé (Die verkehrte Welt), sa patience était à bout. Tieck était décidément devenu pour lui un méchant hérétique, tout farci des extravagances les plus dangereuses. Il lui renvoya son manuscrit à correction avec une lettre de remontrances qu'il s’efforca de rendre paternelle, mais où il s’expliquait à fond. Tieck demanda purement et simplement la restitution de sa pièce et reprit sa liberté. Nicolaï reconnut alors, mais un peu tard, qu’il avait introduit le loup dans la bergerie; une rapide revue des poésies qu’il avait publiées dans la Bibliothèque lui fit comprendre ce que, pendant si longtemps, il n’avait pas voulu voir. Tieck, dans la Bibliothèque allemande universelle, n'avait jamais cessé de battre en brèche l’Aufklärung et la morale courante. Sa colère alors ne connut plus de bornes, et, en manière de vengeance, il annonça en 1799 une édition en 12 volumes des œuvres complètes de Tieck à un prix dérisoire, destiné à provoquer les railleries. L’acte était déloyal, et doublement, puisqu’en réalité l'édition était incomplète, plusieurs des ouvrages de Tieck ayant paru ailleurs, et, les plus récents, le Sternbald et les Fantaisies sur l’art (Phantasien über die Kunst für Freunde der Kunst). Tieck intenta un procès à son ancien protecteur; il obtint gain de cause, la vente fut interdite. Ainsi finit l’'équivoque. (Rudolf Kôpke, Ludwig Tieck, Erinnerungen aus dem Leben des : Dichiers nach dessen mündlichen und schriftlichen Mittheilungen; Brockhaus, 1855, Zweites Buch, Dichterleben, 1792-1800, 6, p. 203-204, 212-213, 214-216, 217.)
Les Schlegel s'étaient bien vite aperçus que Tieck n'avait rien de commun avec l’esprit de la Bibliothèque allemande universelle: qu’il rompait, lui, le collaborateur de Nicolaï, avec la platitude de l’Aufklärung, la routine de la tradition, le respect des règles; que, dans ses contes où il confondait audacieusement les genres, entremêlant la poésie et la prose, parsemant son lyrisme de traits d’ironie, transfigurant le réel par la magie de l'imagination, introduisant en littérature « l’hyperidéalisme », Tieck était vraiment créateur d’une forme d’art nouvelle et, pour ainsi parler, romantique avant la lettre. Après la publication de Franz Sternbald, Frédéric écrit « qu'hormis le Meister et Fr. Richter aucun autre roman allemand ne l’a autant intéressé ». (Walzel, Fr. Schlegel's Briefe, II, Berlin, 1797-1799, mx, d. 29. September, 98, p. 394.) Quelques mois plus tard, au printemps de 1799, il reconnaît en Tieck le vrai héros du romantisme : « C’est un livre divin, écrit-il à Guillaume en parlant de Sternbald, et c’est peu dire; on reste au-dessous de la vérité en le proclamant le chef-d'œuvre de Tieck. C’est le premier roman qui, depuis Cervantès, soit romantique etbien au delà de Meister. Je considère aussi le style de Tieck comme romantique; mais dans Sternbald seulement, auparavant il n’avait pas de style. » (Ibid., 131, printemps 1799, p. 414.)
Cependant il est intéressant de remarquer qu'avant la publication de Sternbald, avant 1798 et au moment de son arrivée à Berlin, Frédéric, familier de Tieck. s'efforce alors de tempérer le zèle de son frère Guillaume à l'égard de l’auteur des Contes populaires (Volksmärchen) ; il déclare qu’il attend « quelque chose de bon de lui pour la caractéristique de l’individualité des différentes pièces de Shakespeare, mais rien de plus »; il déclare encore que Tieck l’intéresse beaucoup, mais qu’ «il a toujours l’aspect d’un homme qui grelotte et qu’il est maigre de corps et d'esprit » (1bid., 91, d. 31. Oktober 1797, p. 303); ailleurs il reconnaît que Tieck est doué
Dès le 17 août 1795, Frédéric Schlegel écrivait de Dresde à son frère Guillaume que Fichte était le plus grand métaphysicien actuellement existant; il parlait aussi de l’éloquence entraînante des leçons sur la Destination du Savant, qu'il demandait à Guillaume de comparer avec les exercices de style et de déclamation auxquels se livrait Schiller. Il ajoutait : « [l est celui après lequel soupirait
d'un talent rare et très distingué, mais il le traite d'homme tout à fait ordinaire et fruste (ein ganz gewühnlicher und roher Mensch) (95, d. 28. November 1797, p.. 322); à plusieurs reprises, il fait des réserves sur son admission possible à l’Athénée; « il faut attendre et voir ce qu’il donnera » (91, d. 31. Oktober 1797, p. 303 : « Mit Tieck, dächte ich, warteten wir es erst ab, wie er sich im kritischen Fache zeigt »; et 95, d.18. Nov. 1797, p. 322-323 : « Tieck spricht oft vom gemeinschaftlichen Journal, und vielen Plänen dazu : besonders von etwas in der Form ganz freiem über alte englische Poesie. Sehr gute Kenntnisse hat er von dieser. Indessen denke ich warten wir ab, was er über Shakespear in das Lyceum geben wird. Dass er nach einer kurzen Uebung in der Kritik ungefähr eben so viel leisten wird, als in der Poesie, ist mir nicht unwahrscheinlich »). On voit par là que l’on ne peut attribuer à Tieck une influence directe sur la pensée de Schlegel relativement aux origines et à la formation du romantisme.
Quant à Schlerermacher il paraît bien avoir joué un rôle actif dans la fondation de l’Athénée. |
« Mon ami Schleiermacher, écrit Frédéric à son frère, dans une lettre du 31 octobre 1797, prend une part enthousiaste à mon projet. » (Walzel, LL, 91, d. 31. Oktober 1797, p. 301.) Il en discute avec lui le plan, le titre; après avoir songé un instant à celui de Freya (p. 302), il en a été dissuadé par Schleiermacher qui proposait : Les Parques (95, d. 28. November 1797, p. 319) et d’un commun accord ils ont choisi celui d’Hercule (91, d. 31. Oktober 1797, p. 302). Avant de s’arrêter, sur les conseils de Guillaume, au titre de Dioscures d’abord, puis d’Athénée, il soumet à Schleiermacher les Fragments destinés à cette publication prochaine. Or, Schleiermacher, avoue-t-il, les a pris à cœur autant que Guillaume lui-même (Jbid., p. 304, voir aussi 102, d. 17. Februar 1798, p. 351); et, dans une lettre en date du 15 janvier 1798, Schleiermacher, se faisant pour un jour le secrétaire de Frédéric, écrit à Guillaume pour le mettre au courant de leurs communs projets; il lui parle de l'éditeur du futur journal, du titre auquel on s’est arrêté, de l’Introduction à faire et de la composition des premiers numéros. (Walzel, III, 99-a, p. 343-347.) Mais à cette époque Schleiermacher n’a rien écrit qui puisse faire pressentir un romantique; il n’est pour Frédéric qu’ « un homme en qui l’humanité est cultivée et qui appartient à une classe supérieure » (par opposition à Tieck, homme ordinaire et fruste); un homme qui, « par l’entendement des choses morales, le dépasse infiniment et dont il espère apprendre beaucoup encore ». (95, d. 28. November 1797, p. 322.) Cette espérance dit assez que l'influence de Schleiermacher ne s’est pas jusqu'alors exercée sur l'esprit de Schlegel. Il semble, au contraire, que ce soit Schlegel qui ait agi sur Schleiermacher, car Schleiermacher écrit le 22 octobre 1797 à sa sœur Charlotte :
« Sans doute, je n’ai jamais manqué ici d’entourage savant; pour chaque science particulière qui m'intéresse j'avais un homme avec lequel je pouvais en parler. Pourtant il me manquait tout à fait quelqu'un auquel justement je pusse communiquer mes idées philosophiques, et qui, avec moi, entrât dans les abstractions les plus hautes. Ce grand vide Schlegel le comble magistralement. Non seulement je puis deviner en lui ce qui déjà est en moi, mais encore le flot intarissable de vues et d'idées nouvelles qui, sans arrêt, coule en lui, mettra en mouvement chez moi maintes choses qui avaient sommeillé. Bref, avec sa connaissance plus intime, commence pour mon existence dans le monde philosophique et littéraire une ère nouvelle. » (Dilthey, Aus Schleiermacher’s Leben. In Briefen, Berlin, 1858, Reimer-[. Bd. II, d. 22. Oktober 1797, Schleiermacher an seine Schwester Charlotte, p. 169.)
Nouvelle, en effet, car Schlegel allait initier son ami aux secrets de la Théorie de la Science qu’il ignorait encore (Haym, Die romantische Schule, zweite Auflage, Weid-
kk% FICHTE A IENA.
en vain Hamlet; chaque trait de sa vie publique semble dire : voilà un homme‘. » Quelques mois plus tard, en décembre, il déclarait Fichte capable, quand il le fallait, de laisser derrière lui Kant et Spinoza, aussi bien que de surpasser Rousseau, lorsqu'il voulait faire l’orateur*. Enfin, dans la conclusion de son Essai sur l'étude de la poésie grecque (Ueber das Studium der griechischen Poesie), qui date de la même année, après avoir esquissé les trois périodes de la théorie esthétique, et montré que la période critique, inaugurée par la Critique du jugement esthétique, est loin d’avoir épuisé sa fécondité, que les esthéticiens se réclamant de ses résultats ne sont d'accord entre eux ni sur les principes ni sur la méthode, que d’ailleurs la philosophie critique, dans son combat opiniâtre contre le scepticisme, n’a pas encore obtenu un triomphe définitif, qu’enfin, suivant la remarque d’un grand penseur (Fichte, dans ses leçons sur la Destination du Savant), il reste encore beaucoup à faire dans la pratique, Fr. Schlegel ajoutait : « Mais depuis que Fichte a découvert le fondement de la philosophie critique, il existe un principe sûr pour rectfier, compléter et mener à bonne fin le plan kantien de la philosophie pratique ; et le doute n’est plus justifié sur la possibilité d’un système objectif des sciences esthétiques pratiques et. théoriques . »
Fichte, le plus grand métaphysicien du temps, Fichte, supérieur parfois à Spinoza, à Kant et à Rousseau, Fichte, découvrant le: fondement de la philosophie critique, Fichte enfin, l’homme en vain. cherché par Hamlet, ces expressions, sous la plume de Frédéric Schlegel, attestent l’ascendant qu'a pris immédiatement sur son esprit ce penseur de trente-trois ans à peine, installé dans la chaire laissée vacante par Reinhold, et dont l’astre, pour redire le mot de: Baggesen, fait déjà, par son éclat, pâlir l'étoile même de Kant. On
mannsche Buchhandlung, 1906, III, m, p. 414), et de cette révélation allait sortir précisément pour Schleiermacher la tournure d’esprit romantique, latente chez lui jusque-là : les Discours sur la Religion, les Monologues qui sont le manifeste religieux du romantisme, portent, de toute évidence, la marque de l’Idéalisme de Fichte, de sa théorie du Sujet libre, si infidèles qu’ils soient par ailleurs à l’esprit de la Théoriede la Science.
1. Walzel, Fr. Schlegels Briefe, II, Dresden, 1794-1796, 69, Dresden, d. 17. August 1795, p. 236.