Ibid.; 72, Dresden, d. 23. Dez. 1795, p
3. Première période, dite du principe d'autorité, celle des essais pragmatiques. préliminaires de l'instinct théorétique; deuxième période, proprement scientifique celle-là : systèmes dogmatiques de l’esthétique rationnelle et empirique aboutissant: au scepticisme esthétique et à la crise qui prépare le passage de la seconde à la troisième période, la période critique, qui commence avec la Critique du jugement esthétique. (J. Minor, Fr. Schlegel, 1794-1802, Seine prosaische Jugendschriften, zweite- Auflage, I. Bd., Wien, 1906. Carl Konegen. Ueber das Studium der Griechischen. Poesie, p. 172-173.)
ne peut donc douter que Frédéric Schlegel ait connu et médité la Théorie de la Science, dès sa publication; on ne peut douter
davantage de l'influence décisive qu’allait exercer sur lui la doctrine defFichte,
Ce qui, dans la Théorie de la Science devait d’abord frapper Frédéric Schlegel, c'était l'audace de son Idéalisme. Fichte prétendait achever l'œuvre de la Critique en affranchissant définitivement l'esprit humain du seul esclavage dont Kant n'avait pas su le libérer, l'esclavage de la Chose en soi. Il avait osé affirmer qu'il n'y avait pas d'existence absolue hors du sujet : le réel qui semble s'imposer au Moi et le limiter est lui-même, tout entier et jusqu’en son dernier fond, une simple création du sujet. la production inconsciente de l'imagination.
Dès lors, et c'est le second enseignement que Frédéric Schlegel devait recueillir de la philosophie de Fichte, la puissance de l'esprit, la liberté du sujet ne pouvait plus connaître d’obstacle; l'infini seul pouvait la satisfaire, sinon la mesurer. Et c’est, en effet, à proclamer l'infinité de la liberté chez le Sujet absolu qu'aboutit l'Idéalisme de Fichte. Mais liberté c'est productivité, et le Sujet un et absolu, principe premier de la Théorie de la Science, réalise l'infinité de sa puissance par la succession des déterminations qui constituent les données de notre conscience. L'idée d'une dialectique génératrice de l’ensemble des choses, l’idée de la liberté produisant le monde est aussi une vue originale de Fichte et qui dépasse, semble-t-il, la méthode encore analytique des trois Critiques.
Tout le nerf de cette dialectique est dans l'opposition qui provoque le mouvement même de la liberté, le besoin de réalisation de l'esprit, dans l'opposition du réel et de l’'Idéal, de ce qui est et de ce qui doit être, du fini et de l'Infini, du relatif et de l'Absolu; et c’est à triompher de cette opposition que s'efforce, sans y parvenir jamais intégralement, le moralisme de Fichte; l'esprit, l'esprit humain est confiné dans la poursuite d’un Idéal qui recule indéfiniment, à mesure qu on cherche à l’atteindre.
Comment à ces vues de la Théorie de la Science se rattachent les