II. NOVALIS
1. Minor, F. Schlegel, seine prosaischen Jugendschriften, p. 113, À. L. Z., p. 726.
2. Ibid., p. 114, À. L. Z., p. 727. Il convient de rapprocher de ce passage le Fragment de l’Athénée (I. Bd., x. St. Berlin, 1798) qui concerne la Théorie de la Science et dont voici le texte intégral :
Fichte’s Wissenschaftslehre ist eine Philosophie über die Materien der Kantischen Philosophie. Von der Form redet er nicht viel, weil er Meister derselben ist. Wenn aber das Wesen der Kritischen Methode darin besteht, dass Theorie des bestimmenden Vermôgens und System der bestimmenden Gemüthswirkungen in ihr wie Sache und Gedanken in der prästabilirten Harmonie innigst vereinigt sind, so dürfte er wohl auch in der Form ein Kant in der zweyten Potenz und die Wissenschaftslehre weit Kritischer seyn, als sie scheint. Vorzüglich die neue Darstellung der Wissenschaftslehre ist immer zugleich Philosophie und Philosophie der Philosophie. Es mag gültige Bedeutungen des Worts Kritisch geben, in welchem es nicht auf jede Fichtische Schrift passt. Aber bey Fichte muss man, wie er selbst, ohne alle Nebenrücksicht nur auf das Ganze sehen und auf das Eine worauf es eigentlich ankommt; nur so kann man die Identität seiner Philosophie mit der Kantischen sehen und begreifen. Auch ist Kritisch wohl etwas, was man nie genug sein kann. (J. Minor, Fr. Schlegel, op. cit., Il. Bd., Frag., 281, p. 249-250. Afh., I. HŒUM:SL-D, 71.)
DATI Sp 10 AE 25, -pe 129.
4BS FICHTE A IÉNA.
devait contribuer puissamment à entretenir l'enthousiasme du nouveau disciple de Fichte.
Frédéric Léopold de Hardenberg, le futur Novalis, était l'ami de collège de Frédéric Schlegel. Pendant l'été de 1796 Sophie, sa fiancée, dont la grâce et le charme avaient séduit le grand Gœthe lui-même, était venue se faire opérer à Iéna: elle était soignée chez sa sœur. Hardenberg allait souvent, des salines de Weissenfels où il était ingénieur, rendre visite à la jeune malade et s'asseoir à son chevet. Durant ces séjours à Iéna il ne pouvait manquer de se rencontrer avec Fichte, le successeur de Reinhold dont il avait suivi les cours en 1790, à dix-huit ans; d’étroites relations liaient d’ailleurs à sa famille le créateur de la Théorie de la Science. Frédéric Léopold de Hardenberg avait pour cousin et pour ami Dietrich de Miltitz, le fils du protecteur de Fichte, de celui qui l'avait arraché à son village pour lui donner la culture digne d’un esprit si heureusement doué. Il paraît même qu'après la mort prématurée, à Pise, en 1774, du baron Ernest Haubold de Miltitz, les frais d'entretien du jeune Fichte à l'Université furent supportés en partie par le père du futur Novalis, le directeur des salines de Weissenfels, Erasme de Hardenberg, intime confident du défunt?.
En Fichte déjà célèbre, en Fichte, le professeur le plus aimé d'Iéna, Novalis avait ainsi un ami de la première heure, il ne pouvait donc que s’applaudir de rencontrer chez son ancien condisciple, chez Frédéric Schlegel, arrivé, lui aussi, à léna durant cet été de l’année 1796 (août), un fervent disciple de Fichte. Dans les entretiens qu’il avait avec lui, au sortir de la chambre de sa chère petite malade, il encourageait de son approbation le zèle du néophyte. Ce que durent être ces entretiens on l’imagine assez bien, et l'on croit entendre encore l'écho de leurs conversations où, parlant de l'enthousiasme et de la génialité, Fichte, suivant l'expression même de Frédéric Schlegel, devait grandir jusqu'au ciel?.
Est-ce le souvenir de ces causeries, est-ce tout simplement le besoin de se recueillir et de réfléchir, au lendemain d’une grande douleur, qui entraîna Novalis à se jeter tout entier dans l'étude de