Ibid., 12, 13, 14, p
3. F. Nicolai, Ueber meine gelehrte Bildung, über meine Kenntniss der kritischen Philosophie und meine Schriften dieselibe betreffend und über die Herren Kant, J. B. Erhard und Fichte, Berlin und Stettin, 1799, -p. 223.
Durant sa retraite, à Osmannstädt, il avait édifié sa Théorie du Droit, peut-être à l’instigation des Lettres sur l'éducation esthétique de Schiller, où la question de l’organisation de la société suivant l’ordre « dynamique » du droit avait été formellement posée, mais surtout parce qu'à cette heure et au lendemain de la Révolution française, l'édification d’une théorie du Droit hantait les esprits. |
« En l’espace de trois ans, écrivait Forberg, le 18 mars 1795, les Kantiens! ont importuné le monde de douze théories du Droit ‘ naturel, pas une de moins, et la treizième va bientôt s’y ajouter ?. » La treizième c'était peu dire, car, en cette année 1795, paraïssaient la seconde édition * remaniée des Principes du Droit naturel et des Sciences connexes (Lehrsätze des Naturrechts und der damit verbundenen Wissenschaften) de Hufeland, l'Esquisse du Droit naturel (Grundriss des Naturrechts) de Christian Erhardt Schmid; et le Journal philosophique d'une société de savants allemands, édité par Niethammer, publiait, au cours des années 1795-1796, les articles suivants : les Premiers fondements du Droit naturel (Ueber die ersten Gründe des Naturrechts) par Maimon; un Essai sur le concept du Droit (Versuch über den Begriff des Rechts) sans nom d'’auteur; une Déduction du concept du Droit (Deduction des Rechtsbegriff) par Reinhard; l’Apologie du Diable (Apologie des Teufels) et les Contributions à la théorie de la Législation (Beiträge zur Theorie der Gesetzgebung) de Erhard, la Nouvelle déduction du Droit naturel (Neue Deduction des Naturrechts) de Scheling.
Alors même qu'il n'y eût pas été conduit par la dialectique de son système, Fichte, l’auteur des Contributions destinées à rectifier les Jugements du public sur la Révolution française, devait, à son tour, aborder le problème. La nouveauté et la hardiesse de la solution qu'il en donna, en contrastant avec tous les laborieux essais des contemporains pour déduire assez platement le droit des principes de la morale kantienne, vinrent affirmer, une fois de plus, la maîtrise et l'originalité du génie de Fichte.
Il suffira, pour nous en convaincre, d'exposer brièvement ce qu'enseignaient les théories les plus récentes.
1. A défaut de Kant dont les premiers Principes métaphysiques de la Théorie du Droit ne parurent qu’en 1797.
2. Forberg, Fragmente aus meinen Papieren, Iena, bey J. G. Voigt, 1796, Fragmente aus Briefen 10, den 18. März 1795, p. 83.