‹ Fichte et son tempsChapitre 170 sur 232 · La première édition est de · texte numérisé non relu

La première édition est de

| Reportons-nous aux ouvrages alors les

A A plus réputés, au livre de Hufeland qui en

était, moins de cinq ans après son apparition,

à sa seconde édition, et à l'ouvrage de Schmid; 1l sont d'accord pour

chercher dans la loi morale le fondement du droit et la détermina-

tion de sa sphère d'action; et ce fondement ils le trouvent dans la

distinction de l’obligatoire et du permis. Dans l’Zntroduction où il

définit le concept et le but du Droit naturel, Hufeland établit les propositions suivantes :

Toutes les actions volontaires (actiones voluntariæ) des êtres raisonnables sont ou bien défendues ou bien non défendues par les lois morales. Les unes s'appellent les actions permises, les autres les actions non permises (actiones licitæ et 1llicitæ).

Parmi les actions permises, quelques-unes sont ordonnées par les lois morales, elles s'appellent devoirs (officia), et on y est tenu par obligation (obligatio). Certaines actions volontaires sont ainsi faites que d’autres hommes sont tenus de ne pas les empêcher; à ces actions l'agent est autorisé (befügt); pour les actions que les autres hommes peuvent empêcher sans violer leurs obligations, 1l n'a pas d'autorisation. Une action telle qu’elle soit permise et que l'agent y soit autorisé s'appelle un droit (jus), et une pareille action est juste ou légale.

Ce n’est pas tout. Hufeland ne se borne pas à définir ainsi la possibilité même du droit en fonction de la moralité; 1l établit que l’exercice réel du droit se déduit de la loi morale. Il n’est pas de droit réel sans contrainte. Or la contrainte est une limitation de la liberté d'autrui et une telle contrainte est une violation de la loi morale*; elle est donc interdite, à moins qu’un devoir supérieur au devoir de respecter la liberté d'autrui, ne vienne derechef l’autoriser ?.

Mais il y a un devoir supérieur à tous les autres, le devoir du perfectionnement humain‘. Le devoir d'empêcher que la perfection d'aucun homme soit diminuée est le fondement le plus général du droit naturel, et à l'exercice de ce droit est lié une contrainte. Le devoir supérieur de l'humanité en Moi m'autorise à exercer une contrainte contre quiconque prétend diminuer ma perfection‘; je

1. G. Hufeland, Lehrsätze des Naturrecht’'s und der damit verbundenen Wissenschaften zu Vorlesungen, 1790, S$ 1, 2, 3, p. 1-3.

2. Ibid., $ 5 et 53, Einleitung. V. aussi Erster Theil, Erstes Hauptstück, p. 4 et 27.

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