‹ Fichte et son tempsChapitre 184 sur 232 · Fichte’s Leben, IL, Erste Abth., VIL., 5, p · texte numérisé non relu

Fichte’s Leben, IL, Erste Abth., VIL., 5, p

n'avait rien de commun avec la divinité, caractérisée, comme une vie éternelle, immuable, c'est-à-dire comme une activité purement morale, et il définissait l’ordre divin un ordre supra-sensible, surnaturel, « métaphysique »? D'un autre côté nulle part Aristote n'avait ait de la divinité un être à part, existant en soi-même, cause du monde et distinct du monde.

Et, sans remonter jusqu'à Aristote, est-ce que Spinoza, est-ce que Lessing n'avaient pas dit exactement les mêmes choses? Tout récemment encore Heidenreich et surtout Müller, dans leur théorie de Dieu, ne professaient-ils pas, avant Fichte, le Fichtianisme le plus sé? Qui donc cependant avait songé à les accuser d’athéisme? Personne. Mais ce n’était point, au fond, une doctrine qu'on poursuivait, c'était un homme. « On ne dressait des bûchers à propos de l’article de Fichte que par haine contre le philosophe et pour le perdre; on ne criait pas à l’athéisme en considérant le fait, mais à cause de l’homme ; les horreurs de la persécution devaient atteindre non des affirmations, mais leur auteur, ce n'étaient pas elles, c'était lui qu'il fallait anéantir. Les ennemis mortels de Fichte euxmêmes pouvaient le dire, car 1ls le savaient bien : il était de notoriété publique que le procès de Fichte n'avait pas été engagé à l'instigation d’un prince, d’un gouvernement, d’un magistrat; ce : procès fut l’œuvre d'écrivains dont les insinuations indisposèrent les autorités contre Fichte; non contents d'accuser Fichte d’athéisme ils ont, par leurs exposés pleins de haine, par toutes les excitations possibles, cherché à armer le bras de la justice pour exterminer leur ennemi°. »

C’est donc bien un procès politique qui fut intenté à Fichte, au

nom de la religion, et Fichte ne l’ignorait pas quand il écrivait à Reinhold :

__ « À supposer que je me taise absolument, que je n'écrive plus la moindre chose, serait-ce même là une condition pour qu’on me laissât tranquille? Je ne le crois pas; et, à supposer que je puisse l’espérer de la part des Cours, les prêtres (Geistlichkeit), partout où je pourrai me tourner, ne cesseront pas d'ameuter contre moi la populace, de me faire lapider par elle, de demander aux gouvernements de m’éloigner comme un homme qui excite des troubles...

« Je n’ai jamais cru qu'ils persécutaient mon prétendu athéisme., Ils persécutent en moi un libre penseur qui commence à se faire entendre (ce qui a fait le bonheur de Kant ce fut son obscurité), un

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