‹ Fichte et son tempsChapitre 197 sur 232 · Ibid., p. 31-32. — 3. Ibid., p. 36. — 4. Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p. 31-32. — 3. Ibid., p. 36. — 4. Ibid., p

nable a sa place fixée et d’où dépend toute sa destinée est la seule donnée objective absolument valable !.

Après cela, qui donc encore accusera Fichte d’athéisme? Qui donc affirmera qu'il abolit le Dieu des Chrétiens? Son intention (et cela ressort encore de l’Appel) est d'écarter de Dieu tout ce qu'il y a de sensible, et c’est en ce sens qu'il refuse à Dieu une existence substantielle, faite à l'image de l'existence matérielle dans l’espace et le temps. Il se refuse à diviniser la nature et ses penchants; il caractérise au contraire Dieu, par opposition au monde physique, comme ordre moral vivant et agissant ?.

Ce rapport de Dieu au monde, qui fait de Dieu la Providence morale de l'Univers, mais non le créateur ou le régent du monde physique, est entièrement conforme à l’enseignement biblique, et, pour le montrer, l’auteur de la brochure entre dans l'examen des textes. |

Il établit que le nom sous lequel Moïse révèle Dieu au peuple d'Israël n’a rien de commun avec les choses sensibles (Dieu dit : je suis celui qui suis); 1l n'est nullement conçu par lui comme un être ou une substance; et l'Écriture, pour le nommer, n’emploie pas le substantif. Dieu dit à Moïse : « Va dire aux enfants d'Israël que le Seigneur, le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob m'a envoyé vers vous; c'est là mon nom. » À Moïse qui voudrait le contempler 1l répond qu’on ne peut le voir face à face.

Et la création du monde, comment la Bible la conçoit-elle? Nullement comme la production d’une œuvre matérielle, mais comme l'acte d’un esprit, comme le produit du Verbe.

Dans la doctrine du Christ, qui épure encore en le développant l'Ancien Testament, Dieu est esprit, être invisible, être moral, et il faut l’adorer en esprit et en vérité.

Ainsi, conclut l’auteur, l’idée de Dieu, telle que la définit Fichte, est absolument conforme à l’idée biblique, à l’idée du Christ et à celle des apôtres.

ART Ts LR C'est dans le même sens que concluait le PUBLIC ILLETIRÉ sur théologien J. E. Schmidt, professeur à Gies- L'ATHÉISME DE FICATE sen, dans la brochure de 98 pages qu'il fit PAR J. E. SCHMIDT. :

paraître chez Heyer sous le titre de Rensei-

gnemenis au public illettré au sujet de l’athéisme de Fichte (Nach-

1. Kann man Herrn Prof. Fichte mit Recht beschuldigen, dass er den Gott der Christen äugne? p. 45-46.

2. 1bid., p. 47-52. — 3. Ibid., p. 55-56. — 4. Ibid., p. 57, — 5. Ibid., p. 58.

richt an das ununterrichtete Publikum den Fichteschen Atheismus betreffend).

L'auteur comparait plusieurs des thèses de Fichte avec les enseignements des pères de l'Église, des scolastiques, des premiers théo- logiens du protestantisme; il montrait la conformité de ces enseignements, qui n avaient valu à aucun d’eux cependant d’être accusé d’athéisme, avec la doctrine de Fichte; si bien que Fichte pouvait donc à bon droit passer pour un luthérien orthodoxe. D'ailleurs tous les théologiens qui avaient eu quelque penchant pour le mysticisme platonicien, les scolastiques en particulier, qui tiraient en majeure partie leur théologie de Denys l’Aréopagite, de saint Augustin, avaient soutenu des thèses analogues. Ils admettaient seulement — et cela Fichte ne voulait pas l'admettre — que le Dieu extérieur au monde était susceptible de nous apparaître, grâce à l’extase, dans le sens interne; c’est le biais par où ils échappaient à toutes les suspicions auxquelles était en butte le système de Fichte!.

Citons encore parmi les écrits en faveur de Fichte : Quelques queslions, à l'occasion de l'Appel au public du professeur Fichte sur les assertlions athées qu'on lui attribue?, réponse à une brochure dirigée contre Fichte et parue sous ce titre : Appel au bon sens en quelques aphorismes au sujet de l’Appel au public du professeur Fichte. Citons aussi les Actes relalifs à la cause de l'athéisme de Fichlte présentés en dernière instance devant le tribunal de la Raison, sans indication d’origine, ni d’éditeur, avec ce sous-titre : Une voix du public, au sujet de l'existence et de l'essence divine, comme réponse à l'Appel au public du professeur Fichte*, ouvrage d'assez longue étendue (212 pages) mais de médiocre intérêt. Citons enfin une publication, éditée à Bayreuth sous ce titre : Quelque chose concernant le professeur Fichle el pour lui, par un maître d'école, ami de la vérité, qui est la rédaction des notes prises aux cours de Fichte sur la religion‘, publication déjà citée plus haut, et arrivons aux

1. Nachricht an das ununterrichtete Publikum den Fichteschen Atheismus betreffend. Giessen, bey Heyer, 1799, p. 39, V. Neue Allg. Deutsche Bibl. 57. Bd., 2. St., 6. Heft, 1801, p. 400-401.

2. Einige Fragen veranlasst durch die Appellation des Herrn Prof. Fichte an das Publikum über die ihm beygemessenen atheistischen Aeusserungen und durch die darauf erfolate Appellation eines Ungenännten an den gesunden Menschenverstand, Helmstädt, bey Fleckeisen, 1799.

3. Akienstücke in der Sache des Fichteschen Atheismus, vorgelegt der philosophirenden Vernunft als hôchster Instanz. Eine Stimme aus dem Publikum über Gottes Seyn und Wesen als Beantwortung von des Herrn Prof. Fichte Appellation an das Publikum, 1799, 211 p.

4. Etwas von dem Herrn Prof. Fichte und für ihn hgg. von einem wahrheitliebenden Schulmeister, Baireuth, bey Lubeck’s Erben, 1799, 116 p. V. Neue Ailgemeiné Deutsche Bibl., 517. Bd., 2. St., 6. Heft, 1801, p. 401.

deux ouvrages les plus retentissants que provoqua l'appel de Fichte : Les Paradoxes de la philosophie nouvelle de Reïnhold et l'Explication du professeur Schaumann au sujet de l'Appel de Fiehte et des attaques contre sa philosophie.

Dans les Paradoxes!, Reinhold remonte au cas de Protagoras d’Abdère. Pour avoir déclaré : « S'il y a des dieux ou non, je n’en puis rien dire », il fut chassé d'Athènes et vit brûler ses livres devant l'assemblée réunie. Reinhold condamne l'intolérance des Athéniens : leur décision lui apparaît contraire au droit et impolitique, car s'ils devaient à la religion cette protection qui est la fonction propre de l’État, l'exercice de cette protection ne pouvaitexigerautre chose du philosophe qu'une explication à l’usage du non-philosophe, la déclaration qu'il n'avait voulu ni pu, par ses paroles mal comprises, attaquer la religion de ses concitoyens, celle-ci consistant dans une croyance entièrement indépendante des spéculations philo-

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