‹ Fichte et son tempsChapitre 213 sur 232 · Steffens, Was ich erlebte, IV. Bd., 1841, p · texte numérisé non relu

Steffens, Was ich erlebte, IV. Bd., 1841, p

3. Fichte’s Leben, I, 11, 6, p. 321. Lettre du 20 août à sa femme. Ce n’était pas l'avis de Baggesen, qui donnait tort à la fois au gouvernement et à Fichte. Il déclarait à Jacobi que la démarche du Gouvernement avait été en même temps injuste et impolitique ; injuste, car, en admettant même qu’un Gouvernement eût le droit d’user - de moyens coercitifs à l'égard de certaines formules de l’enseignement (un droit que, comme protestant, Baggesen d’ailleurs lui contestait), dans le cas en question il n'avait pas pourtant de raison suffisante pour mettre Fiche en accusation; il aurait alors fallu traîner devant les tribunaux tous les autres professeurs de philosophie, parce que leurs opinions ne concordaient pas avec ce que les Gouvernements entendent par religion; impolitique, parce que le moyen qu'avait choisi le Gouvernement non seulement manquait son but, mais allait directement à son encontre. De son côté Fichte avait eu une conduite extrêmement indécente et il avait totalement manqué à ses devoirs généraux envers les autorités. Baggesen reconnaît que les invectives de Fichte dans l’Appel, que sa menace par anticipation, dans sa lettre à Voigt, aient pu irriter le Gouvernement; mais il ajoute qu’il était peu généreux, en fin de compte, de la part de ce dernier, de ne pas avoir considéré la seconde lettre comme une amende honorable suffisante de la première, et il avoue à Jacobi ressentir le scandale qu’il y a dans le fait de défendre Dieu par des baïonnettes et avec des mains souillées de sang, qu’il trouve la chose encore plus choquante et plus dégoûtante, encore plus dangereuse pour la sauvegarde de ces hautes idées dans l’humanité, que les attaques contre Dieu par La plume et avec des doigts tachés d'encre. Il reste convaincu que le regard de Dieu, au delà du soleil, s’il jette un coup d’œil sur la terre, se détourne de ceux qui emploient les premiers procédés, alors qu’il ne fait que rire des seconds. (Jens Baggesen, Briefwechsel mit K. L. Reinhold und F. H. Jacobi, Zweiter Theil, 69. Baggesen : an Jacobi, Kopenhagen, d. 9. Mai 1799, p. 274-275.)

4. Gœthe, Werke, éd. de Weimar, 35. Bd. Re und Jahreshefte, p. 152-153.

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Fichte lui-même d'ailleurs était trop clairvoyant pour ne pas avouer et regretter, regretter amèrement, l'erreur qu'il avait commise en écrivant sa seconde lettre. La seule excuse qu’il invoque pour ce qu'il appelle lui-même cette « capitulation », c’est qu’elle lui fut vraiment arrachée de vive force par Paulus. Et il ne le lui pardonna pas.

Dès le 20 août 1799, il écrivait à sa femme : « Je maintiens entièrement ma première lettre. Je désavoue seulement la seconde qui me fut arrachée par Paulus ‘ »; et, à Reinhold, le 28 septembre : «Je n'ai à me repentir que de ma seconde lettre, et je me repens profondé- . ment de me l'être laissé arracher de force. Moi qu’on dépeint, d’après ce que vous me racontez, comme si fier et si inflexible, à raison de mon bon cœur et de cette candeur d'enfant dont si souvent je me promets de me défaire, mais à laquelle je reviens toujours, je suis précisément tombé entre les mains de conseillers qui n’auraient jamais dû me guider.

« Au reste l’homme, dont vous ne pouvez deviner le nom, s’appelle Paulus”*. » |

Huit ans plus tard, dans son Rapport sur le concept de la Théorie

de la Science et le sort qu'il a eu jusqu'ici, il renouvelait contre Paulus la même accusation .

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