‹ Fichte et son tempsChapitre 214 sur 232 · Fichte’s Leben, I, 11, 6, lettre du 20 août 1799, p · texte numérisé non relu

Fichte’s Leben, I, 11, 6, lettre du 20 août 1799, p

2. Ibid., II, Zweite Abth., III, 26, Fichte an Reinhold, Berlin, d. 28. Sept. 1799,

+ 3. On paraît avoir cru, écrit-il, et je trouve encore récemment répétée dans une feuille publique cette insinuation que le sieur en question (il s’agit de Schelling contre lequel est écrit ce rapport) était au nombre de ceux qui, au moment de mon départ d’Iéna, n’ont pas tenu une certaine promesse qu'ils m’avaient faite. [On sait avec quelle énergie Paulus s’est défendu d’avoir jamais participé à ce projet et d’avoir promis à Fichte son concours. Fichte cependant, dans sa lettre à Reinhold du 22 janvier 1799, déclare qu’aussitôt après sa révocation, un homme doté à léna d’une pension respectable et qui ne peut aisément se voir sans une pension équivalente ou, de préférence, plus forte encore, courut sur ses talons et, à force de le lasser, l’aurait poussé encore à Dieu sait quelles démarches, si Fichte ne lui avait rendu sa parole et ne l’avait délié de toute communauté avec lui dans cette entreprise. (Fichte’s Leben, II, Zweite Abth., IIT, 20, Fichte an Reinhold, lena, d. 22. Mai 1799, p. 262.) Quoi qu’il en soit et sans suivre précisément Fichte, Paulus ne tarda pas à quitter l’Université d’Iéna pour aller à Wurzbourg; d’autres encore désertèrent : les médecins Loder et Hufeland, Schütz, qui voulait transporter en Prusse le Journal littéraire universel dont il était le directeur, mais qui en fut empêché par Gæthe; le juriste Hufeland qui se rendit à Ingolstadt: Schelling qui, comme Paulus, partit pour Wurzbourg. Voir Gœthe, Werke, éd. de Weimar, 35. Bd., Tag- und Jahreshefte, p. 153 et Paulus, Skizzen., p. 168.] « J’estime, continue Fichte, qu’il convient dans la circonstance présente de m'inscrire formellement en faux contre cette opinion.

« Un homme, par son intervention qu’on ne lui avait pas de mandée, a changé en une tentative de capitulation ma résolution absolue d'abandonner, dans un certain cas, ma chaïre à l’Université d’Iéna, résolution que, sans lui, j'aurais exécutée simplement et naturellement, cet homme me conseilla une certaine première lettre dont il concerta les termes avec moi, lettre qui, sans son intervention, n’aurait pas

Après cette fausse manœuvre, après cette malencontreuse lettre, Fichte se vit abandonné de tous ceux qui lui avaient promis de le suivre dans sa retraite, et « tous ces courtisans, tous ces professeurs que le succès de Fichte avait éclipsés (l'hiver précédent Fichte avait eu jusqu’à quatre cents auditeurs) criaient maintenant à l’insolence de l'écervelé qu'était Fichte. Ce fut à qui l’éviterait!. » Seuls, les disciples de Fichte, qui, suivant l’expression de l’un deux, Perret, « l’aimaient et l’estimaient autant qu'il avait le droit d’être aimé et estimé » ?, lui demeurèrent fidèles.

L’accusation dont Fichte était l’objet, déclare dans sa biographie Steffens, qui avait été un des auditeurs de Fichte et qui joua un rôle dans les événements en question, avait produit chez eux une émotion incroyable; ils en étaient révoltés; ils y voyaient un attentat contre la liberté de l’esprit, comparable aux fameux Ædits sur la religion. À l'annonce de la révocation de Fichte, le même Steffens, qui avait chez le prorecteur Paulus ses libres entrées, discuta vivement avec lui la question de savoir s’il ne serait pas bon, s’il ne serait pas utile de provoquer une démarche des étudiants: la renommée de Fichte en avait attiré à Iéna un grand nombre: il pouvait sembler qu'ils eussent le droit d'exiger la présence du maître pour lequel ils étaient venus. Steffens proposa d’adresser aux pouvoirs une pétition où les étudiants, mettant en lumière la grandeur des services à eux rendus par Fichte, invoqueraient ce qu’ils considéraient comme un droit. Cette pétition, sauf quelques modifications, reçut l'approbation de Paulus auquel elle fut d’abord soumise et recueillit un grand nombre de signatures.

Au même moment, une démarche parallèle était tentée par d'autres, dans un esprit bien différent; c'était une requête demandant la grâce de Fichte, au nom de ses services passés, mais avec l'aveu, sous la plume d'étudiants, que leur maître, dans ses leçons, s'était exprimé avec quelque imprudence. Aveu compromettant, et

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