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D' K. Hase, Zenaisches Fichte-Büchlein, p

Il ne parait pas d’ailleurs que le projet se soit facilement réalisé, s’il se réalisa. Sans doute la femme de Fichte écrit au philosophe, le 12 juillet 1799 : « Les étudiants, en dépit de Hufeland, ont mis leur projet à exécution et la médaille qui te concerne se prépare. » (Fichte’s Leben, I, n1, 6, p. 312.) Mais cette annonce semble prématurée car, le 26 juillet, Steffens écrivait à Schelling :

« Un étudiant — Heise — avait pris sur lui de régler à Iéna l'affaire de la médaille (et c’est là sans doute ce qui explique la nouvelle donnée par Mme Fichte à son mari) pendant qu’à Berlin je convenais du nécessaire avec le graveur Loos. Mais les étudiants d’Iéna sont de pitoyables gens. lls prennent des résolutions suffisamment promptes mais ils reviennent aussi rapidement sur leurs résolutions. Heise et Beyer n'étaient pas en mesure d'apporter absolument autant de souscriptions que cela était nécessaire. J'avais parlé à Berlin avec Loos; il avait établi pour les étudiants d’Iéna une espèce de projet, et maintenant les voilà qui reculent; une seconde lettre, que j'ai adressée, à Berlin, à Heise, est restée sans réponse. La chose m'a contrarié au plus haut point. » (Aus Schelling's Leben. In Briefen, I. Bd. Steflens an Schelling, Freiberg, d. 26. Juli 1799, p. 262-263.)

L'affaire cependant n’en resta pas là, et il semble que finalement la souscription nécessaire fut recueillie, car, le 2 soût, Fichte écrit à sa femme : « En ce qui concerne la médaille, je ne puis donner de conseils, mais seulement des informations sincères. Si les étudiants ont réuni une somme aussi grosse que tu me l’écris, cela est très suffisant. Il faut seulement qu'ils tâchent de se hâter. Une médaille n’est pas si vite faite. »

Fichte ajoute, et ceci confirme les indications fournies par Steffens à Schelling au sujet de l'initiative prise par Heise, qu’il a eu plusieurs entrevues avec un certain Abramson qui a fait son portrait et lui a parlé, sous le sceau du secret, de ses relations avec les étudiants d’'Iéna et de son vif désir de pouvoir exécuter la médaille. Mais Fichte signale aussi à sa femme l'existence à Berlin de Loos, le graveur auquel de son côté Stelfens s'était adressé, et lui déclare qu'on en fait le plus grand cas; il demande si les étudiants ne lui ont pas écrit. Il est prêt, dit-il, à poser devant celui qui aura la confiance des étudiants. Le plus court, selon lui, si Abramson réussit son portrait, est de s'adresser à lui, car ses prétentions ne paraissent pas exagérées. (Fichte’s Leben, I, 11, 6, p. 316.)

Trois mois plus tard rien n’avait été fait encore. Dans une lettre du » nov. 1799, Fichte déclare, en effet, à sa femme, qu’il ne peut toujours pas obtenir d’épreuve du portrait; le graveur avait été paresseux ou trop occupé. (Jbid., An seine Gattin. Den 5. Nov. 1799, p. 331.)

publiquement leurs sentiments, à plusieurs reprises, ils parcoururent la nuit les rues d’Iéna en chantant : il n’y a qu’un Fichte comme il n’y a qu'un Dieu !.

Ces manifestations bruyantes ne firent qu'aggraver la situation de celui qu’elles prétendaient venger. Les ennemis de Fichte laissèrent entendre qu'il n’était pas étranger à ce tumulte; ils rappelèrent ses vieilles sympathies pour la Révolution, et ils arrivèrent à le faire passer, aux yeux du gouvernement, pour un perturbateur de l'ordre public. Fichte, sentant alors sa sécurité personnelle menacée, résolut, pour couper court à toutes ces rumeurs, de quitter Iéna sur-le-champ. Il cherchait un petit coin retiré où il pût vivre à l'écart, pendant quelques années, jusqu'à ce que se fussent calmés l’effervescence du public et le dégoût que ce public avait inspiré à Fichte?. Mais où aller? Dans le pays de Rudolstadt *? Cela ne lui serait possible qu’à la condition de se taire, et il ne pouvait plus, il ne voulait plus acheter, au prix de son silence, l’hospitalité d’un prince dont il avait d’ailleurs de sérieuses raisons de croire que, malgré ses intentions bienveillantes, il ne le recevrait pas, par peur des représentations de la Cour de Saxe, sa voisine ‘. En Prusse? Il trouvait le pays trop éloigné et trop froid. Dans le Brandebourg? Il n'y pourrait pas vivre. Dans les provinces françaises? Il pariait . que son spiritualisme le ferait lapider par la populace. Il se plairait bien dans le Holstein, à cause de la présence de Reinhold et de Jacobi, mais, en dehors de la cherté de la vie, il savait, de source

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