‹ Fichte et son tempsChapitre 219 sur 232 · Hans Schulz, Aus Fichte’s Leben, p · texte numérisé non relu

Hans Schulz, Aus Fichte’s Leben, p

offense pour ses amis et ses partisans. S'il était nommé, il tenait à ce que ce fût sans intrigue, pour ses mérites, et il demandait à Bôttiger de faire connaître hautement ses intentions partout où cela pouvait être utile. Il ajoutait, en terminant, que, pour lui, la question essentielle était de savoir si léna voulait ou non mettre obstacle à une entreprise qui ne pouvait s'accomplir que dans l'indépendance d’un certain loisir. Au cas où il ne pourrait obtenir un loisir suffisant, il demandait à n’entrer en fonctions qu’à Pâques 17951.

La seconde lettre porte la date du 4 février 1794. Fichte y insiste sur l'importance, au point de vue de sa carrière, du délai qu'il sollicite. IX n'entendait pas, comme le lui proposaient aimablement Voigt et Hufeland, ménager au début parcimonieusement ses leçons; il tenait, dès son arrivée, à donner toute sa mesure, à soutenir, dans la limite de ses forces, toute la réputation de cette chaire, et, une fois entré en contact avec le grand public, à lui prouver qu'il n’était pas digne à moitié seulement de sa confiance. Pour cela il lui fallait le temps de mettre au point son projet qui ne tendait à rien de moins qu'à donner à la philosophie la forme d’une science ayant l'évidence de la mathématique et comparable à elle. Ce projet était déjà assez mûr pour qu'il en entrevit l’achèvement: ce qui lui restait à faire était surtout un travail de composition et de rédaction.

Mais,'à côté des motifs d'ordre intellectuel — motifs essentiels — qui l’obligeaient à retarder la prise de possession de sa chaire, il y avait des motifs secondaires, d’ordre sentimental ceux-là. Son beaupère, un vieillard de soixante-dix ans, ne pouvait abandonner, en cours d'année, la charge qu'il occupait; la femme de Fichte — sa fille unique — ne consentirait pas à le laisser derrière elle. Fichte — en cas de départ immédiat — devrait donc partir seul. Triste perspective ?.

La lettre suivante est du 1°" mars. Fichte y annonce son intention, conformément aux conseils de Bôttiger, de fournir pour ses conférences un programme à la manière allemande. Les matériaux étaient à pied d'œuvre : c’étaient les leçons que Fichte faisait actuellement devant quelques-uns des hommes d’État et des premiers pasteurs de Zurich, Lavater en tête, sur le concept de la philosophie et sur ses premiers principes. +.

Fichte demandait à Bôttiger le nom d’un éditeur d'Iéna qui pourrait, le moment venu, imprimer ces leçons: il les distribuerait ensuite, aw fur et à mesure des cours, feuille à feuille, à titre de manuscrit pour ses* auditeurs, car il savait, depuis longtemps, combien il est désagréable, autant pour le maître que pour les élèves, de professer sans livre de cours. Ce cours, provisoirement, ne serait pas mis en vente dans le commerce, il serait uniquement donné sur un bon de Fichte à ceux qu'il désignerait. Un tirage destiné au public pourrait ultérieurement être fait en attendant que Fichte fit paraître son ouvrage de fond, sa

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