‹ Fichte et son tempsChapitre 221 sur 232 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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qu'au fond de toutes ses spéculations se trouvent posés obscurément les principes que je veux établir avec clarté et précision, dépasser la lettre du Kantisme, j'espère pouvoir y parvenir et il me semble, en cela, arriver à une telle clarté que les Zurichois me comprennent très bien. Je crois que cela signifie quelque chose !. »

Si nous avons bonne mémoire, Fichte avait déjà fait pareil aveu à son ami Niethammer, dès octobre 1793, quand il parlait de l’inventeur qui « élèverait l'exposition de la philosophie Kantienne à la hauteur d’une science ».

Enfin ces lettres à Bôttiger confirment encore ce que nous avait appris le biographe de Fichte au sujet des leçons faites à Zurich sur le Concept de la Théorie de la Science, leçons qui devaient constituer son cours d'ouverture et être publiées par Bertuch à titre de texte réservé d’abord aux étudiants. Elles complètent les renseignements qu’il nous avait fournis et qu’il semble bien avoir puisés lui-même à cette source.

P. 301 et suiv. — Le 18 novembre 1794, le Consistoire d’Iéna, en la personne du surintendant OEmler, à l’instigation du parti adverse de Fichte et notamment de son collègue Ulrich, avait saisi le Consistoire supérieur de Weimar d’une plainte en règle contre Fichte coupable, à ses yeux, d'infraction aux lois et coutumes du pays pour avoir fait, le dimanche, ses conférences sur la Destination du savant. Le Duc, en transmettant cette plainte, avait, par décret et dans l'attente de la décision du Consistoire, suspendu les conférences de Fichte. Émoi des étudiants : une annonce au tableau noir les invite à se réunir, le mardi 25 novembre, dans l’après-midi, à 4 heures, sur la place du Marché. Mais Fichte, pressentant l’effervescence et redoutant des troubles, avait pris soin de faire, lui aussi, au tableau noir, une annonce officielle où il avertissait ses élèves de la suspension forcée de ses conférences et de son intention de s’incliner devant l'arrêt du prince; il les exhortait à s’abstenir de toute opposition. Aussitôt l’effervescence s'était calmée et les étudiants avaient décidé simplement, en guise de protestation, d’aller, le soir même, porter en corps à Fichte l'hommage de leur respect et de leur dévouement. Fichte, de sa fenêtre, leur adressa un Discours qui a été retrouvé dans les papiers posthumes de Bôttiger. Le document porte ce titre : Discours prononcé par le professeur Fichle, le 25 novembre 1794, à 9 heures du soir, lors d’une ovation que lui firent les étudiants ?.

Le discours débute ainsi : « Si agréable que me soit le témoignage que vous me donnez de votre bienveillance et qui est, pour moi, un honneur, je préfère de beaucoup cependant, parce qu'elle vous honore, la résolution que vous avez prise cet après-midi d'attendre en toute tranquillité l’issue de certaine affaire ; je la préfère parce qu'elle vous rend

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