bid.; p
. 8. Ibid., p. 20.
p.572. — Une lettre inédite adressée par Fichte, le 17 mars 1799, à J. E. Chr. Schmidt, l’auteur des Renseignements au public illettré au sujet de l’athéisme de Fichte (Nachricht an das ununterrichtete Publikum Fichtes Atheismus betreffend), contient quelques allusions intéressantes concernant la Théorie de la Science en général, la nouvelle exposition qu’en
préparait alors Fichte et dont il espérait la publication pour l’année
suivante. |
« En quoi consiste, lui écrit Fichte, l'insuffisance que vous trouvez dans l'exposition de la Théorie de la Science que j'ai faite jusqu'ici? Pas dans les principes, je suppose? Si c’est dans la déduction et si vous voulez parler des Fondements (Grundlage) qui ont été imprimés, vous avez tout à fait raison de n’en être pas satisfait sur beaucoup de points. Cet écrit n’a jamais été destiné à autre chose qu’à l'usage de mes auditeurs. Amis et ennemis ont, en général, perdu de vue cette destination. Depuis trois ans, je travaille à une nouvelle exposition... Si çà et là vous trouvez encore des CHIREMIIES, il siérait d'attendre cette nouvelle forme t..»
Aveu à retenir. La Théorie de la Science, telle qu’elle se trouve dans les Fondements, ne satisfait pas pleinement Fichte lui-même, c’est un exposé à l’usage du public qui suit ses cours, une sorte de mise en formules destinée à donner à la philosophie l'évidence des mathématiques — mais
il faut chercher ailleurs la substance dela pensée de Fichte, notamment
dans cette exposition qu'il est en train de préparer.
La seconde allusion de cette lettre concerne Kant. Écoutons l’appréciation de Fichte :
« Le Jugement que vous portez sur les derniers écrits de Kant correspond, d’après tout ce que j'entends dire, au jugement général. C’est
tout de même un beau témoignage de l'humanité de notre temps que,
par respect pour les services rendus par le vieillard, ces jugements ne soient pas formulés tout à fait publiquement. Mais ces écrits sont visiblement si faibles qu'ils ne peuvent même pas être en quoi que ce soit destructifs?. »
Notons la date de cette opinion de Fichte sur Kant. Elle précède le désaveu public et assez inélégant que lui infligera Kant, quand, exilé d’'Iéna, persécuté, Fichte se réfugiera en Prusse où sa présence paraîtra dangereuse au « vieillard » pour sa tranquillité. Et ce sera un nouveau « témoignage d'humanité et de respect pour les services rendus par Kant », que la facon dont Fichte accueillera ce désaveu, en excusant Kant « vieilli » et en essayant de modérer l’indignation de Schelling.
La même lettre contient enfin, avec des remerciements à Schmidt pour sa défense de Fichte que celui-ci se déclare « avide de voir paraître », l'annonce que Fichte doit envoyer le lendemain à la Cour sa Justification juridique (Gerichtliche Veranwortungschrift) et qu’il attendra ensuite