‹ Fichte et son tempsChapitre 23 sur 232 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Dans les derniers jours de mars Fichte quitta Zurich « où pour sa situation économique il n'avait rien gagné, pour sa situation littéraire peu de chose, mais pour son caractère davantage, peutêtre beaucoup ‘ ». Il arrive le mercredi 31 à Sax, village de la vallée du Rhin, chez son ami Escher, le poète; il y reste le jeudi et le vendredi saints, « communiant avec ferveur » en pensant à la pieuse Jeanne, prêchant même; le dimanche de Pâques il est à Constance, il en repart le lundi pour entrer le mardi 6 avril à Schaffhouse ?. Une excursion aux chutes du Rhin, « ce miracle de la nature qui restera éternellement inaccessible, indicible, indescriptible, impossible à chanter et à peindre * », une visite à un banquier auquel Rahn l'avait adressé et dont le regard fuyant ne lui dit rien qui vaille *, le temps d'écrire une lettre à sa fiancée et Fichte se met en route pour Stuttgart où, grâce aux recommandations de Lavater, il jouit de quelques . bonnes journées, accueilli avec une considération qui dépassa toutes ses espérances *. De Stuttgart 1l prit le chemin de Leipzig, voyageant le plus souvent à pied, en dehors des routes fréquentées, confiant son léger bagage au messager qui, non content de l’exploiterf, le laissait parfois attendre plus d’un jour. Il traversa ainsi Francfort,

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