‹ Fichte et son tempsChapitre 24 sur 232 · Ibid., Lettre du 14 mai, p · texte numérisé non relu

Ibid., Lettre du 14 mai, p

Gotha, Weimar, où, toujours grâce aux lettres de Lavater, il comptait voir Herder et Gœthe; mais Herder était malade et Gœthe avait accompagné la grande-duchesse en Italie ‘. [l entra enfin à Leipzig, le 40 avril, la bourse très allégée, si allégée qu'il dut renoncer à faire faire son portrait que sa fiancée lui réclamait tendrement pour le placer entre celui de son père et celui de Klopstock?. Son esprit était plein de grands projets, d’un projet surtout qui lui tenait à cœur et dont le succès pourrait faire sa fortune. Il voulait reprendre, à son compte, une œuvre souvent tentée en Allemagne et particulièrement en Saxe‘depuis le commencement du siècle, fonder une revue, destinée à former le jugement et le goût publics, destinée aussi à rendre les mœurs meilleures, une revue qui, s'inspirant des conseils judicieux de Gottsched, s’adressât spécialement aux femmes; ce journal devait être l’ami qui signale aux parents, soucieux de l’éducation de leurs enfants, les dangers, inaperçus d’eux, de certaines lectures, « le poison qui se cache sous les roses », le bien à tirer de tel livre récent ou ancien qu'ils ignoraient. Il aurait six objets prin- CIpaux :

1° Montrer les dangers de lectures choisies sans circonspection;

2° Établir l'influence réciproque du bon goût et de la moralité l’un sur l’autre ;

3° Donner des instructions générales et appliquées à certains ouvrages particuliers sur la manière de lire avec profit;

4° Recommander des livres récents, utiles au point de vue moral; mettre en garde contre les livres nuisibles. Tel ouvrage écrit dans les meilleures intentions, la Nouvelle Héloïse par exemple, pouvait très bien être mauvais pour certain public auquel il n’était pas destiné;

5° Porter des jugements sur les livres nouveaux ou même sur des livres anciens oubliés ou qu’on ne lit plus, ou qu’on juge malet dont l'étude serait profitable ;

6° Déterminer les principes qui, dans ces livres, pourraient donner lieu à des malentendus; rectifier des erreurs.

Fichte avait déjà baptisé sa revue La Nouvelle Bibliothèque allemande de Lecture (Neue deutsche Lesebibliothek); elle devait être mensuelle, chaque numéro ayant six feuilles *.

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