Fichte’s Leben, I, 1, 5, p. 136. — 2. Ibid., p
3. Ibid., p. 136. Voir aussi Fichte, Nachlass, Packet XVIII, n° 122. Lettre à un ami, 15 janv. 1792. « … Ging von da nach Kônigsberg, — Sie errathen um welches Mannes willen. Hier brachte ich vorigen Sommer, in Gesellschaft der treflichsten Gelehrten, besonders Kant’s zu, deren Freundschaft ich mir erwarb, und wendete meine übrige Zeit an, ein Buch zu schreiben, das unter dem Titel : Kritik aller Offenbarung im Hartungschen Verlage in Kônigsberg gedruckt ist, und seiner Erscheinung in dortigen Gegenden begierig entgegensieht. Sollte es je von ohngefähr in Ihre Hände fallen, so sein Sie versichert, dass ich alle Mängel, die irgend jemand darin entdecken wird, eher und besser kannte, als Einer, und dass nur der Beifall eines Kant, dem ich es im Manuscripte vorlegte, mich so kühn machen konnte, es unter meines Namens Unterschrift auftreten zu lassen. »
4. Fichte’s Leben, I, 1, 5, p. 136-137. — 5. Ibid., p. 137. 6. Zur Knaben- und-Junglingszeit Theodor’s von Schôn, op. cit., p. 108.
FICHTE ET SON TEMPS, se 8
sermon sur les devoirs de l’homme envers les ennemis. Après s'être efforcé de définir le caractère propre de l'inimitié comme aversion personnelle et comme obstacle à nos desseins, 1l faisait à l’homme qui n'avait aucun tort vis-à-vis de son ennemi un devoir sacré, le premier et le plus sacré des devoirs, de résister à l'injustice dans la mesure exacte où il peut le faire sans être lui-même injuste. Souffrir l'injustice n’est en aucune manière bonté d'âme, mais faiblesse d'âme, complaisance à l'égard du mal que nous devons haïr en autrui autant qu'en nous-mêmes. Cette résistance à l’injus- : tice n'implique d’ailleurs en rien l’animosité à l’égard de nos ennemis ou la recherche d’une vengeance; et le but final est : d'amener notre ennemi, par le redressement de ses torts, à devenir
notre ami.
C. UN ARTICLE SUR Ce n’est pas tout. En octobre encore Fichte LA CONTREFAÇON LIT- trouva le temps d'écrire, en réponse à une ie pl brochure de Reimarus de Hambourg, un mémoire contre la reproduction des livres?; ce mémoire ne fut publié d'ailleurs que deux ans plus tard dans la Revue mensuelle de Berlin (Berlinische Monatsschrift?).
Au principe qui proclame l'utilité de laisser toute liberté de reproduire un livre, tant pour la commodité du public que pour la réputation de l’auteur, Fichte oppose l'existence d’un droit, du droit de propriété. Et ïl établit, par des arguments a priori et des exemples tirés de l'expérience, qu'il y a ‘un droit de propriété jittéraire comme il y a un droit de propriété des choses matérielles. Ce droit se définit par l'interdiction à tout autre de s'approprier non pas sans doute le fonds des idées de l’auteur qui sont et restent un bien commun à tous les esprits, mais la forme donnée par l’auteur à ses idées, leur liaison, la manière de les exprimer. C’est sur ce droit de propriété littéraire que reposent les contrats faits avec les éditeurs qui ont, eux, non la propriété, mais l’usufruit, la jouissance. d'un livre pour un temps et à des conditions déterminées; par là s'explique comment l'éditeur ne peut faire une seconde édition sans l'autorisation de l’auteur, ce qui ne se comprendrait pas si l’éditeur avait la propriété du livre.
Or la reproduction est une atteinte à la fois à la propriété littéraire de l’auteur et au droit d’usufruit de l'éditeur. Le reproducteur fait
1. Fichte, S. W. VIII. Bd. Zwei Predigten aus dem Jahre 1791. Ueber die Pflichten gegen Feinde, p. 249-258, en particulier p. 253-255.