Fichte's Leben, I, 1, 5, p. 138, note
quelques jours ou même quelques semaines? Fichte avait obéi : 1l avait adressé à Kant, oui à Kant, de la part de la comtesse, cette: demande et cette invitation‘. Faut-il s'étonner, après cela, si, subissant le charme de cette femme d'élite « bonne comme le bon Dieu », Fichte songeait, pour lui rendre hommage, à écrire un. ouvrage sur la femme, sur son caractère et son éducation?? Il y renonça, peut-être sur l'observation d'amis qui, tout en le croyant capable sans doute de dire d'excellentes choses sur le sujet, pensaient qu'il pouvait employer son temps à des recherches de plus. d'importance ÿ.
D'autres préoccupations d’ailleurs l’assaillaient alors : les événements mêmes de l'heure présente l’invitaient à écrire, à agir. Depuis plusieurs années la Prusse était en pleine réaction politique, comme l'Angleterre, comme l'Autriche. Wôüllner, « ce prêtre intrigant » (intrigante Pfaffe), nom que lui donnait le Grand Frédéric — et il se connaissait en hommes, — avait su prendre sur l'esprit de Frédéric-Guillaume III un singulier ascendant. Rôsecroix, il avait su flatter les goûts mystiques, les inclinations à la superstition de celui qui n’était encore que le prince royal; il l’avait, en 1781, affillé à l'Ordre, il était bientôt devenu son plus intime consetller. À l'avènement du nouveau monarque, comblé d’honneurs et devenu ministre, il avait aussitôt entrepris une guerre à mort contre les Lumières, et son premier acte, le 9 juillet 1788, six jours. après sa nomination, avait été d’arracher au roi deux édits qui