E. DEUX FRAGMENTS INÉDITS
1..Fichte’s Leben, I], Zweïte Abth., I. 5. Fichte an Kant, Krockow, d. 6. Aug. 1792, p. 150-151.
2. C’est ce qu'il écrit à son ami Theodor von Schôn dans une lettre du. 21 mai 1792. Il ajoute : « Un pareil choix, chez un Kantien, vous étonnera sans doute; mais le temps change souvent bien les hommes et, il faut que vous le sachiez, je: ne fréquente actuellement plus guère que des dames et des dames d’une culturesupérieure. (Aus den Papieren des Ministers Theodor von Schôn, I. Anlagen, B. 6, p. 23).
La lettre suivante, du 23 août, montre chez Fichte des préoccupations du même ordre. Son ami lui avait envoyé, pour avoir son jugement, un essai sur l’inclination (d’un sexe pour l’autre) où il se plaçait au point de vue de « l’esprit »; Fichtelui répond par un curieux essai de déduction de l’inclination en partant « du corps », de l’inclination physique; il pose, dit-il, | « antinomie », au sens kantien du mot; il reconnait d’ailleurs la nécessité d’une synthèse des deux points de vue pour expliquer vraiment l’inclination (/bid., 7 et 8, lettres des 23 août et. 30 sept. 1792, p. 26-30 et 31).
3. Fichte, Nachlass., 122, XVIII. Briefe von Gensichen, Kônigsberg, d. 9. Dezember 1792. « Dass Sie Ihren Plan, über das andere Geschlecht zu schreiben, aufgegeben haben, ist mir in der That lieb; nicht als zweifelte ich, dass Sie auch hier etwasvortrefliches geliefert haben würden, aber es wäre mir leid gewesen, dass Sie in andere, und ich denke wichtigere Untersuchungen dadurch aufgehalten worden wären. »
caractérisent suffisamment la direction de sa politique : l'édit de religion, l'édit de censure.
L'édit de religion dénonçait les libertés effrénées prises par quelques pasteurs de l'Église protestante à l'égard de la doctrine de leur confession, niant et désavouant certaines parties essentielles, certaines vérités fondamentales de l'Église protestante et de la religion chrétienne, risquant, par le ton de leur enseignement, si contraire à l'esprit du véritable Christianisme, d’ébranler à la fin les bases de la croyance au Christ. On n'avait pas honte, disait l’édit, de ressusciter les erreurs, depuis longtemps répudiées, du Socinianisme, du Déisme, du Naturalisme, et c’étaient les défenseurs des soi-disant Lumières, un mot vraiment mal employé par eux, qui, avec effronterie, répandaient ces erreurs dans le peuple, dénigrant toujours davantage la Bible considérée comme révélation de Dieu, s'inscrivant en faux contre cette source divine du salut de l'humanité, l’altérant, allant même jusqu'à la rejeter, bref traitant de méprisables ou de superflus les mystères de la religion révélée. Et l'édit déclarait qu'il fallait faire cesser ce désordre, qu’il considérait comme un des premiers devoirs d’un gouvernement chrétien de mettre hors de conteste l'excellence de la religion chrétienne dans la pureté où l'enseigne la Bible?.
Armés de cet édit que compléta, le 19 décembre 1788, l’édit de censure, Hermès et Hillmer, véritables inquisiteurs préposés par Wôüllner à la surveillance et à l’observance de ses décrets, c’est-àdire en réalité à l’accomplissement de son œuvre de persécution et de réaction violentes, frappaient sans pitié les prêtres, les professeurs, voire même les écrivains que leur libéralisme religieux ou politique rendait suspects. L'année suivante, ils devaient défendre de rien dire ou de rien lire publiquement qui concernât les choses de la Révolution française. Ils obligèrent ceux qui étaient censés enseigner les « nouveaux principes » à se rétracter officiellement sous peine de révocation et de proscription. Ils n’hésitaient pas à faire des procès retentissants. Ils mirent en accusation pour crime de lèse-religion le célèbre pasteur Schulz, de Gielsdorf‘; et le jour où Wôüllner (en octobre 1791) obtint du roi la nomination de Hillmer comme censeur non seulement des ouvrages de théologie et de morale mais de tous les écrits, de tous Les périodiques, de toutes les