du décret
2. L. Geiger, Berlin, 1688-1840. Geschichte des geistigen Lebens der preussischen Hauptstadt. 11, Erstes Buch, 1, Kap., p. 7-8.
3. Philippson, Geschichte des preussischen Staats wesens vom Tode Friedrich des grossen bis zu den Freiheitskriegen, IL, 1, p. 28. — 4. Ibid., I, 4, 352 et suiv.
Bibliothèques et de toutes les brochures, les menaces d'interdiction et les mesures de répression devinrent si intolérables que les revues les plus réputées elles-mêmes ne se sentirent point en sécurité et durent fuir devant la tempête. La fameuse Bibliothèque allemande universelle de Nicolaï, la Revue mensuelle de Berlin, de Gæœdike et Biester, jadis honorée cependant du patronage royal, quittèrent Berlin pour Kiel et pour Dessau!. L’émotion causée dans le monde savant par les décrets et par les vexations de toutes sortes qui suivirent leur promulgation fut immense. N'’était-ce pas, avec la liberté même de penser, la liberté de conscience qui subissait la plus grave des atteintes? Des centaines de voix s’élevèrent pour protester contre le droit violé; les livres, les adresses, les brochures, les pamphlets se multipliaient, signés de noms autorisés ?.
Parmi ces écrits il en est deux, les premiers parus — ils sont datés du mois d'août 1788, au lendemain de l’édit sur la religion (9 juillet), et antérieurs même à l’édit de censure — qui, tirés à des milliers et des milliers d'exemplaires, dans une série d'éditions rapidement épuisées, eurent un retentissement considérable. Ils avaient pour titre : Franches considérutions au sujet de l'édit concernant la constitution religieuse dans les États prussiens (Freimüthige Betrachtungen über das Edikt die Religionverfassung in den preussischen Staaten betreffend, Frankfurt und Leipzig, 1788) et « Sur les Lumières 1% et 2° fragment » (Ueber Aufklärung erstes und zweites Fragment, Berlin, 1788). Le dernier ouvrage, qui était une défense pompeuse et passionnée des Lumières, fut même poursuivi; quant aux Franches considérations, dont l’auteur était le professeur Villaume, elles durent sans doute à leur ton mesuré, el peut-être davantage encore à leur lieu d’origine (Francfort et Leipzig, non Berlin), d'échapper à l'interdiction. Cependant elles avaient posé la question avec toute la franchise que promettait leur titre; elles avaient nettement blâmé l'ingérence de l'État en matière de foi, et le succès prodigieux qu'elles obtinrent suscita de nombreuses polémiques.
Que Fichte, devenu l'hôte de la Prusse en 1792, à une heure où la rigueur des mesures imposées par les édits s’accentuait encore et où l'émotion soulevée par elles ne faisait que croître, fût tenté de dire, lui aussi, son mot sur la question, cela ne saurait évidemment surprendre : il était trop préoccupé des choses de l'esprit et principalement des choses de la foi pour pouvoir assister aux
1. Philippson, op. cil., I, 4, 364-365, et Geiger, op. cit., IL, 1, 6-16. 2. Geiger, op.eit., Il:1,9-12.