‹ Fichte et son tempsChapitre 51 sur 232 · bid;, I, 1,-52:p · texte numérisé non relu

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4. Ibid., II, Zweite Abth., I, 2*, Fichte an Kant, d. 22. Jan. 1792, p. 145.

AR AIUIdNE, 1 5, -D.1130.

conduire une critique du concept de la révélation ‘; Fichte promettait à Kant le plus entier secret sur sa réponse. Kant, sur le fond, ne pouvait que donner raison à Fichte. A la question de savoir si, pour se conformer aux exigences de la censure, « il était possible de corriger cet écrit sans le mettre entièrement de côté », Kant répondait d'abord catégoriquement non. On ne pouvait, en se conformant à la pure Raison, fonder la révélation sur la croyance aux miracles, cette proposition n’excluant d’ailleurs ni la révélation, ni même le miracle?. Toutefois, avec cette prudence un peu inquiète qu'il manifestait dans ses vieux jours, il conseillait à Fichte d'atténuer sa pensée dans la forme, de distinguer entre la croyance aux dogmes qu'il déclarerait hors des prises du doute et l'explication morale de ces dogmes qui appartient au philosophe, bref de voiler suffisamment sa pensée pour échapper à la critique du censeur. Mais au cas où, à bon escient, Fichte se rangerait à cet avis, Kant exigeait de lui qu'il ne fît n1 explicitement, ni d’une manière détournée allusion à celui de qui il le tenait $.

En dépit de ce conseil et puisque, sur le fond, Kant lui donnait raison, Fichte ne voulut rien modifier ; ses amis étaient alors tombés d'accord que le seul moyen de publier le manuscrit serait de le faire imprimer hors de la Prusse, dans un pays voisin‘. Cependant un nouveau doyen venait d'être nommé à la Faculté de théologie, un esprit plus libéral mais dont la stricte orthodoxie ne pouvait être suspecte au gouvernement; 1l revint sur la décision de son prédécesseur et donna l’imprimatur. Aïnsi se termina cet incident d’une facon plus heureuse qu'on n’osait l’espérer; il n’en avait pas moins été un singulier avertissement. Fichte ressentit trop vivement l’injustice pour ne pas mettre désormais en doute la « sagesse des édits » ; ses yeux se dessillèrent; 1l comprit, à ses dépens, qu'il s'était lourdement trompé en voyant dans ces ordonnances le salut de la religion et que des lois qui restreignaient la liberté de penser pouvaient être singulièrement dangereuses. Il ne songeait plus désormais à faire l'apologie des décrets. Il déclarait à son ami Theodor von Schôün « qu'en ce qui le concernait il bravait l’Inquisition prussienne et ce, à son nez ÿ ».

1. Fichte's Leben, IT, Zweite Abth., I, 2* Fichte an Kant d. 22. Jan. 1792, p. 145.

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