Stelfens, Was ich erlebte, IV, p
3. Fichte’s Leben, II, Zweite Abth I, 5, Fichte an Kant, Krockow, d. 6. Aug. 1792, p. 149.
4. Intelligenzblatt der A. L. Z. vom Jahre 1792, n° 102. V. Vermischte Anzeigen, Mittwochs, den 22. August 1792, p. 848.
la première annonce de son livre, Fichte crut nécessaire de se justifier auprès de Kant. « La nouvelle m'arrive, lui écrivit-1l dans une lettre en date du 6 août 1792, vague et indirecte, car, pour ma part, je ne reçois que très tard le Journal littéraire, la nouvelle m'arrive que la feuille de publicité de ce journal fait passer mon livre pour un ouvrage de vous et que vous vous êtes vu forcé de protester contre cette imputation. Je ne sais pas comment a été possible une pareille affirmation, je ne le sais pas et je puis d'autant moins le savoir que je connais seulement la chose d'une manière confuse. Si flatteuse pour mon amour-propre que puisse être en soi une pareille méprise, je suis pourtant très effrayé à la seule idée que, vous, Monsieur, ou une partie du public pourriez croire que j'ai manqué, par indiscrétion, à cette espèce de respect qu’on vous doit d'autant plus qu'il demeure la seule qu'on puisse encore vous témoigner, et que par là j'aie pu fournir même la plus légère occasion à cet incident.
«J'ai toujours cherché soigneusement à éviter tout ce qui pourrait vous faire vous repentir de vos bons et bienveillants offices pour mon premier essai d'écrivain. Je n'ai jamais rien dit à personne pour contredire votre assertion que vous vous étiez borné à lire une petite partie seulement de mon travail et que vous aviez conclu de cette partie au reste; bien au contraire, je l’ai dit plusieurs fois. Jai, dans la préface, effacé l’allusion à peine discernable à ce bonheur que j'avais eu d’avoir été au moins partiellement bien jugé par vous...
« Si, ce dont je ne puis juger avant de connaître sérieusement les choses et ce sur quoi je vous prie, Monsieur, de me donner votre bon conseil, une déclaration publique de ma part devait être encore nécessaire, Je la ferais tout de suite !. »
Cette déclaration Fichte n'eut pas à la faire. Dès qu'on sut, par la note de Kant, que l'ouvrage lui avait été faussement attribué, dès qu'on connut l’auteur, un jeune homme à peine sorti des bancs de l'École, aux éloges dithyrambiques succédèrent les critiques. Le 2% novembre 1792 dans le n° 188, tome III, puis dans le n° 192 le 1% décembre les Annonces scientifiques de Güttingen (Güttingische Anzeigen in gelehrten Sachen) publiaient un compte rendu où l'éloge était largement tempéré par la discussion. On y affirmait, il est vrai, que l’auteur apportait dans son ouvrage une critique complète des principes de la révélation dans un bel enchaînement systématique; que la concision, la clarté et la précision de l'exposé, la liberté dans les remarques particulières... le talent de montrer
L. Fichte’s Leben, II, Zweite Abth. I, 5, Fichte an Kant, d. 6. Aug. 1792, p. 149.
une chose sous tous ses aspects, rendaient la lecture de cet ouvrage très instructive; mais on ajoutait aussitôt que certaines des propositions de l’auteur appelaient des réserves et que, çà et Là, dans la seconde moitié de l'ouvrage, se trouvaient des passages qui ne paraissaient pas découler nécessairement des assertions précédentes ‘. L'auteur du compte rendu (Kästner?) exprimait des doutes sur les différents critères du caractère divin d’une révélation quant à sa forme :
1° Sur les conditions de véracité de la révélation; par exemple, en ce qui concerne la démonstration que le besoin moral explique la production d’une révélation se réclamant d’une origine divine :
Kästner demande si, à ce moment-là, 1l n’y a pas déjà chez les hommes une autre religion portant tous les critères de la divinité ou pouvant facilement leur être communiquée par des moyens naturels;
2 Sur la fausseté d’une révélation qui se manifeste par des moyens immoraux ;
3° Sur l'impossibilité d'une révélation où Dieu aurait un rôle politique ;
4° Sur la fausseté d’une révélation qui prétend forcer l’obéissance par des motifs autres que le respect de la sainteté de Dieu.
Les Annonces scientifiques de Güttingen ne furent pas le seul périodique qui osa renverser la Critique de toute révélation du piedestal où l'avaient placée, en l'attribuant à Kant, ses premiers apologistes. Déjà l’auteur même du compte rendu de ce journal‘,
1. Gôttingische Anzeigen in gelehrten Sachen, 1792, III. Bd. 188. Stück, den 24. Nov. 1792, p. 1873-1874.
2. Fichte, Nachlass. Lettre inédite de Gensichen, n° 122, Packet XVIII, Kônigsberg, d. 9. Dezember 1792. « Ueber den zweiten Theil der Prüfung ist schon eine Recension erschienen, sie befindet sich in den Gôttingischen Anzeigen, und ist ohne Zweifel von Kästner. Sie ist im Ganzen bloss Anzeige und einige eingestreute Bemerkungen sind wenigstens nicht directe als Einwürfe oder Zweiïfel anzusehen, dieseswegen und wegen des ganzen Tons ist der H. Hofgr. sehr damit zufrieden. »
Cette même lettre nous apprend que Gensichen avait écrit, lui aussi, une notice sur le livre de Fichte qu’il fit paraître par l'intermédiaire de Borowski et dont Fichte fut « non seulement satisfait, mais très satisfait ».
Elle nous apprend enfin que Fichte avait demandé à Kant d’obtenir pour lui, dans le Journal littéraire universel d’Iéna, un compte rendu de sa Critique de toute révélation, ce que d’ailleurs Kant oublia de faire.
« Also dass ich Ihnen vor dem 28sten Juni, an welchem Tage ich die Recension dem H. Pf. Borowski überschickte, nicht antwortete, verzeihen Sie gewiss.
« …Aus dem dritten [hrer Briefe ersah ich zu meiner grossen Freude dass Sie mit meiner Recension Ihrer Kritik nicht nur zufrieden, sondern sehr zufrieden waren.
« In dem ersten Ihrer 4 Briefe, die ich [hnen beantworten soll, gaben Sie mir den Auftrag mich zu erkundigen, ob H. Prof. Kant, wie er Ihnen versprochen hatte, mit dem H. Hofgr. wegen der Recension Ihrer Kritik gesprochen habe : das war nicht geschehen, vermuthlich hat es der alte Mann vergessen. »