Ibid., p
FICHTE ET KANT. 153 pas, son inexprimable respect, mais peut-être pour lui demander son conseil, ses directions, ses consolations!,
De Berlin, Fichte se dirigea sur Dresde; il n’était pas loin de son village ; réconcilié avec sa mère, rien ne l'empêchait plus d'aller embrasser ses parents; il fit un détour pour passer à Rammenau. Au cours de cette visite 1l annonça aux siens les raisons de son retour en Suisse, il leur fit part des engagements qu'il avait contractés, il leur parla de Jeanne, de son esprit, de sa bonté, de tout ce qu'elle avait fait pour lui, et ses parents bénirent celle qui avait été l’ange gardien de leur fils dont ils croyaient maintenant le bonheur assuré?.
À Leipzig, Fichte trouva chez le professeur Palmer deux lettres de Zurich, des billets de Jeanne, dont il disait qu'ils étaient « pour son cœur de précieux trésors puisque le regard de Jeanne s'était IDé Sur eux ».
Il trouva aussi la réponse de Kant à sa lettre de Berlin. Kant faisait des vœux pour les futurs succès de Fichte où et dans quelques circonstances qu'ils dussent se produire, et, puisque, sans qu'il pût comprendre pourquoi, Fichte avait cru devoir tenir secret le dieu de sa destination, 1l ajoutait : « Que la fin de ma vie soit proche ou lointaine, je ne terminerai pas sans satisfaction ma carrière si je puis me flatiter de voir l'œuvre que mes faibles efforts ont entreprise, continuée et menée de plus en plus près de la perfection par des hommes distingués travaillant avec ardeur au bien de l'humanité *. »
Durant un court arrêt à Gotha Fichte fait savoir à sa fiancée qu'il n'a pas d’objection à ce que Lavater prononce le sermon du mariage, à condition qu'il puisse garantir qu'il ne le publiera pas. A partir de Francfort, il presse son voyage, il a hâte d'arriver, 1l prend la poste et ne fait que traverser Stuttgart où il comptait sur un mot de Jeanne : elle lui avait fait part de son désir d'aller à sa rencontre et avait déjà choisi à Winterthur la maison où ils devaient se revoir; mais Fichte, en suivant la route ordinaire de Schaffhouse à Zurich, devait passer régulièrement, non par Winterthur, mais par Eglisau. Il l'avait écrit à Jeanne et il attendait sa réponse pour fixer définitivement son itinérairef. Enfin, de Tubingen, Où il resta une nuit, Fichte adressait à sa fiancée la dernière lettre
1. Fichte’s Leben, Il, Erste Abth., I, 7. Fichite an Kant, Berlin, den 2. April 1793, p. 152-153.
. Ibid., I, 1, 5. Lettre du 5 mars 1793, p. 151. . Ibid., p. 150.
. Ibid., IT, Erste Abth., I, 8, Kant an Fichte, Kônigsberg, den 12. Mai 1793, p. 154.
Sbi2T; 1.5, p.192; . Ibid., p. 154. Lettre du 5 mars 1793.