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Il ose écrire

Es wanken zitternd Kôünigsstühle Flieht, flieht Tyrannen. Eure Throne beben Wenn Recht und Freiheit, eure Feinde, sich erheben Dann fürchtet Euren Lohn Es hôrt’s der Deutsche!

Philippson, Geschichte des preussischen Staatswesens vom Tode Fr. des Grossen bis zu den Freiheitskriegen, Il, 1, p. 4-6 et 12.

3. W. Wenck, Deulschland vor hundert Jahren, Leipzig, 1887,1. Bd. vir. Abschn., p. 199. 4. Philippson, op. cit., II, 1., p. 4.

5. Biedermann, Deutschlands geistige, sittliche und gesellige Zustände im achtzehnten

Jahrhundert, Leipzig, 1880, Il. Theil, m1. Abth., Elfter Abschnitt, p. 1200. Lettre à Voss du 21 juillet 1789.

6. J. Schmidt, Geschichte der deutschen Literatur seit Lessing’s Tod., I, 11, p. 317.

allemand par cette intéressante tragédie ! », se réjouit d’avoir

vécu jusqu'à une époque où la nation la plus cultivée de l'Europe fournit l’exemple d’une législation fondée uniquement et simplement sur les droits de l’homme, exprimant toujours dans toutes ses parties et dans tous ses articles le clair verdict de la Raison?. Il déclare que, s'il arrive souvent qu’un peuple maltraité pendant

des siècles est à bout de patience et, prenant conscience de la supé-

riorité de sa force sur celle de ses oppresseurs, se soulève, il est encore inédit qu'une nation obligée de faire valoir contre ses tyrans le droit de la force, en use avec tant de sagesse et uniquement pour se donner une Constitution basée sur les droits imprescriptibles de l’homme et du citoyen; il ajoute : « Voilà ce que le monde n'avait pas vu jusqu'ici, et la gloire d’avoir donné cet exemple semble bien réservée à la France. »

Gœthe à son tour, le fait vaut qu’on le signale, Gœthe lui-même, non suspect cependant de tendresse pour l'esprit révolutionnaire, ne peut retenir un cri d’admiration. Il déclare que la Révolution l’a d'abord « enflammé d'enthousiasme », qu'il a cru voir alors une ère nouvelle commencer pour le monde; et dans un passage bien connu d’'Hermann et Dorothée (Klio, das Zeitalter) il célèbre la Révolution en vers inoubliables #.

Aux côtés de Gœthe, à Weimar où il l’a fait appeler, Herder manifeste aussi sa sympathie pour les défenseurs de la Révolution, les défenseurs de l'humanité libre; il est visiblement hostile aux émigrés et aux ennemis coalisés de la France.

Mais c’est un autre historien surtout, un historien enclin aux élans passionnés, qui épanche son cœur en termes qu’il faut reproduire :

« Le 14 juillet, à Paris, s’écrie Jean de Müller, est le plus beau jour depuis la chute de l'Empire romain. Le siècle précédent a imité la frivolité française, Le siècle prochain apprendra des Français l'énergie.

1. Jaurès, Histoire socialiste, La Convention nationale, p. 532.

2. N. Teuische Merkur, 1790, I, p. 327. Cité par Wenck, op. cit., Il, vi, p. 98.

3. Jaurès, Histoire socialiste, la Convention nationale, p. 534.

Denn wer leugnet es wohl, dass hoch sich das Herz ihm erhoben Ihm die freiere Brust mit reineren Pulsen geschlagen,

Als sich der erste Glanz der neuen Sonne heranhob,

Als man hôrte vom Rechte der Menschen, das allen gemein sei, Von der begeisternden Freiheit und von der lôblichen Gleichheit! Damals hoffte Jeder sich selbst zu leben; es schien sich Aufzulôsen das Band, das viele Länder umstrickte,

Das der Müssiggang und der Eigennutz in der Hand hielt. Schauten nicht alle Vôlker in jenen drängenden Tagen

Nach der Haupstadt der Welt, die es schon so lange gewesen Und jetzt mehr als je den herrlichen Namen verdiente?

« Au prix des bourgs de quelques riches barons, au prix de la tête de quelques grands, la plupart coupables, la liberté est achetée à bon marché. Elle mettra dans les caractères une force grâce à laquelle le pouvoir politique s’accroîtra de nouveau formidablement.

« Qu'ils tombent, ceux qui tremblent, les juges injustes, les tyrans exaltés, iniques! Il convient que rois et conseillers s’aperçoivent qu'ils sont aussi des hommes !. »

Et les publicistes, historiens de chaque jour, entonnent le chœur à leur tour. Schlôüsser écrit : « Une des plus grandes nations du monde, la première au point de vue de la civilisation générale, secoue enfin le joug de la tyrannie. Sûrement les anges de Dieu ont entonné au ciel un Te Deum laudamus à ce sujet?. »

Dans le numéro de décembre de la Minerva on pouvait lire, sous la plume d'un correspondant, qu'il espérait bien voir encore, avant la fin du siècle, plusieurs rois mendiants auxquels, si sa fabrique de choucroute ne faisait pas faillite, il souhaitait pouvoir offrir leur repas du soir.

Gentz enfin, qui devait être ensuite un des ennemis les Pit violents de la liberté, écrit alors à Garve :

« L’échec de cette révolution serait, à mes yeux, un des plus épouvantables désastres qui eussent jamais atteint l'humanité. Elle est le premier exemple d’une forme de gouvernement fondé sur des principes et sur un système qui se tient; elle est l'espérance et la consolation de l'humanité pour tant de maux anciens qui la font gémir“. »

Mais ce n’était point seulement le monde des lettres qui célébrait ainsi la Révolution française ; la foule des hommes instruits, la bourgeoisie, les marchands se passionnaient pour les événements de la France, rien d'autre ne les intéressait plus.

Archenholz, l’auteur de l'Histoire de la Guerre de Sept ans, écrivait en 1791 dans sa Minerva (p. 199) :

« La Révolution française, par la puissance de son intérêt, supplante tout le reste ; les meilleurs poèmes demeurent sans lecteurs; on se précipite seulement sur les journaux et sur les écrits qui apaisent l’ardeur de la soif politique. »

1. J. G. Müller, Johannes v. Müller, S. W., 29. Theil. Biographische Denkwürdigkeiten, I. Theil, Briefe aus Mainz 1789, an seinen Bruder, 143, Aschaffenburg, den 14. August 1786, p. 222-223.

2. Biedermann, op. cit., II. Theil 11. Abth., Elfter Abschnitt, p. 1194.

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