Philippson, op. cit., II, 1, p
4. Fr. Carl Wittichen, Briefe von und an Friedrich von Gentz, 1909, I. Bd., #1, Gentz
an Garve, Berlin, den 5. Dez. 1790, p. 178-179. 5. Wenck, op. cit., Il, 1, p. 2. V. Minerva 1791, August, p. 199.
Il se crée avec la collaboration de Campe un organe spécial des idées de la Révolution française, le Génie du temps'. Tous les journaux de Berlin, depuis le mois de juillet 1789, publient l’article « Paris » én tête de leur numéro, immédiatement après les annonces officielles ?.
Et, s’il faut en croire un écrivain de l’époque, « la chanson de Schiller » ? et celle de Rouget de l'Isle étaient en ce temps entonnées sur le même air; on prétendait que Schiller avait transformé en Marseillaise son chant magnifique. L’hymne à la Joie était devenu un hymne à la liberté‘.
On siffle au théâtre Les pièces, drames ou comédies, qui flétrissent ou tournent en dérision les choses de la Révolution. Le Journal de Vienne rapporte que les Cocardes de Iffland et les Femmes jacobines de Kotzebüe ont été huées à Saint-Michel, au théâtre de Leipzig, et que le régisseur a été obligé de monter sur la scène pour s’'excuser du choix de ces pièces. Le 14 juillet 1790, anniversaire de la prise de la Bastille, Klopstock, à Hambourg, était apparu coiffé du bonnet symbolique, et ce jour-là, au dire du Journal de Paris, se trouvaient réunies sur la place quatre-vingts personnes : « Les femmes étaient vêtues de blanc avec des ceintures et des cocardes aux couleurs françaises. À midi trente-deux minutes, moment où le soleil devait passer sur le méridien de Paris, un coup de canon a donné le signal du commencement de la fête; on a bu à l'influence prochaine en Allemagne de l'exemple donné par la France, on a bu au renversement du despotisme. Le célèbre Klopstock, surnommé le Milton de l'Allemagne, a lu deux Odes où l’on retrouve tout l'enthousiasme du genre et le feu de la jeunesse‘. »
Le baron de Knigge, l’un des fondateurs de l'Iluminisme, qui confirme ce récit, ajoute que tout ce qu'il y avait à Hambourg de gens enflammés pour la liberté étaient là; point de nobles (à l’exception de Knigge et du comte Dohna de Ramdov); on n'avait pas invité de valets des princes; on y avait invité par contre tout ce