‹ Fichte et son tempsChapitre 64 sur 232 · Le célèbre hymne à la joie dont le refrain est · texte numérisé non relu

Le célèbre hymne à la joie dont le refrain est

Enlacez-vous, millions d'hommes, C'est le baiser universel.

4. Venedey cité par Jaurès, Histoire socialiste, la Convention nationale, p. 597-598. . Wiener Zeitung, 1792, I, p. 92, cité par Wenck, op. cit., II, 1, p. 11. 6. Braunschweiger Journal, 1791, I, p. 110, cité par Wenck, op. cit., Il, 1, p. 11.

qu'il y avait à Hambourg d’Américains, d’Anglais, de Français, de Suisses!. |

À Tübingen ce fut peut-être mieux encore. On constitua un club politique où eurent lieu des débats parlementaires; entre les jeunes clubistes épris de leur beau rêve de liberté et les émigrés français, il se produisit parfois des rixes sérieuses. L'Académie universitaire, militairement organisée, eut son club aussi, son club de la liberté qui manifestait son enthousiasme pour la Révolution française en arborant les trois couleurs. Ce furent bientôt pour les élèves de l'Académie les insignes du ralliement; et il y avait cependant des nobles parmi eux. L'un d’eux, le baron Marshall von Biberstein parut à une redoute comme représentant la noblesse, avec un blason et un arbre généalogique, et ses camarades, représentant l'égalité et la liberté, le dépouillèrent de ces emblèmes. On fêta dans l’Université la destruction de la Bastille. Un buste de la Liberté fut placé sous un baldaquin entouré des bustes de Brutus et de Démosthène; et la salle retentit de discours patriotiques *. Deux jeunes étudiants, membres du club, sortirent pour aller, dans les environs de la ville, planter un arbre de la liberté : ils s’appelaient Schelling et Hegel *.

A Güttingen, la plus aristocratique des Universités cependant, les étudiants, les nobles compris, chantent en chœur la Marseillaise et le Ca ira“. Les princes eux-mêmes participent au mouvement. On peut voir à la cour de Gotha, c’est Reichard qui le dit, une duchesse adhérer ouvertement à la nouvelle République française, placer dans sa chambre les bustes des représentants du peuple; elle avait commencé avec Bailly et La Fayette, elle devait continuer jusqu’au Directoire; l’un après l’autre ces personnages allaient ensuite se retrouver dans le cabinet de débarras pour faire place à de nouveaux favoris, absolument comme on le faisait à Paris. Le même Reichard avait, en 1792, édité un almanach de la Révolution et la

même duchesse avait aussitôt souscrit à douze exemplaires. L'alma-

nach paru, elle s’aperçut qu’il était non point favorable mais hostile à la Révolution; elle renvoya les exemplaires en masse à Reichard avec l'expression de son indignation ÿ.

On comprend qu’au retour d’un voyage, Gœthe, cette même année 1792, n’ait pas dissimulé ses inquiétudes.

1. Biedermann, op. cit., p. 1124, cf. III. Abth., Elfter Abschn., p. 1216. Voir aussi Schmidt, I, 11, p. 320.

2. Biedermann, op. cit., III. Abth.. Elfter Abschn., p. 1215-1217.

3. Ibid., p. 1193. — 4. Ibid., p. 1216. — 5. Ibid., p. 1191-1192.

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