‹ Fichte et son tempsChapitre 67 sur 232 · Ibid., p. 125. — 7. Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p. 125. — 7. Ibid., p

ments sur lesquels reposent d'ordinaire les États, sentiment du devoir, respect des chefs, soumission à leur volonté t.

Rehberg refusait donc de reconnaître que le droit d'un peuple à changer sa Constitution fût un droit inaliénable, qu'il fût permis à un peuple de transformer le gouvernement choisi? Il refusait aussi d'accepter la théorie révolutionnaire de la propriété; ce qui dépend de notre raison, l’usage de notre liberté, ne crée pas l’objet, tout au plus le façonne-t-il; donc la propriété ne peut jamais se prouver que par des arguments tirés de la forme, non de la matière des choses ; or-il n’y a pas de forme en dehors d'une matière et ainsi les principes à priori sont inapplicables au monde.

Ces principes sont purement formels, leur application à l’objet exige le recours et la conformité à l'expérience”. De plus, si l’on considère le sol comme la matière même de la propriété et si personne, en droit naturel, n’est propriétaire de la matière, personne n’est propriétaire du sol; personne, sinon l'État, de qui seul nous pouvons tenir sa propriété.

Il faut aller plus loin encore : l'idée qui est à la base de tout le système, l’idée de la liberté métaphysique, ne suffit pas à la politique, elle est quelque chose de tellement idéal pare n'en voit plus d'application immédiate possible*.

Au fond, il en est du système politique déduit des lois de la pure Raison et de son application à la société comme des mathématiques pures dans leur application à la nature; elles posent un [Idéal vers lequel tend le monde réel et qu’il n'exprime jamais qu’approximativement?.

Le principe de l'égalité civile des hommes est-il mieux justifié que celui de la liberté? Mais d'égalité il n'y en a chez tous les hommes que dans leur rapport avec Dieu. Au point de vue civil, iln'y a pas d'égalité humaine, 1l n'y a pas d'Etat qui ait jamais été fondé sur les droits universels de l'homme; il n'y en a point qui jamais puisse l'être, car les Etats ont non pas une origine purement rationnelle, mais une origine tout historique et empirique qui explique assez l'inégalité des droits, et il est absurde de dire, avec Rousseau, que les hommes comme les bêtes naissent égaux. Les Constitutions,

1. À. W. Rehberg, op. cit., p. 162-172. — 2. Ibid., Erster Abschnitt, p. 12 et suiv. — 3. Ibid., p. 16-17. — 4. Ibid., p. 18-19.

5. Ibid. Zweiter Abschnitt. Von dem Grundsatze der bürgerlichen Gleichheit aller Menschen, und von dem darauf gegründeten Rechte des Volkes sich eine Staatsverfassung nach Willkühr zu geben, p. 44 et suiv.

6. De cette inégalité des droits que l’histoire justifie, Rehberg concluait la pérennité des privilèges (Il y a une noblesse de droit), l'obligation pour les derniers

loin d’avoir pour modèle un Idéal invariable, sont aussi diverses que les pays et que la nature des choses; on le verra bien par l'échec auquel est infailliblement voué lessai fait en Amérique de construire de toutes pièces une Constitution rationnelle; qu’on attende quelques siècles, qu'on attende que ces immenses terri-. toires encore libres aient trouvé des possesseurs, et l’on verra se reformer des classes héréditaires tout aussi exclusives que les. anciennes, celles des propriétaires et des fermiers ‘. On allègue, pour défendre la Révolution, l’usurpation des privilèges; mais on oublie que les biens primitivement usurpés ont été façonnés ensuite pendant des siècles par leurs propriétaires et que la Révolution elle-même reconnaît pour chacun le droit au fruit de son travail?. On allègue encore que la Révolution est justifiée parce qu'elle a été faite par le peuple entier. Mais qu'est-ce que le: peuple entier, comment a-t-il manifesté sa volonté? Qui, dans le peuple, avait le droit de voter et d’où vient le droit de souveraineté conféré à tous ceux qui ne l'avaient pas et n'avaient pas à le revendiquer, ne possédant ni l'intelligence, ni la raison, ni la moralité suffisantes? Comment la foule des ignorants déciderait-elle des choses qu’elle ne connaît pas? Et quelle hyperbole de dire que la nation a voulu la Révolution! Quelques mécontents, quelques énergumènes soit, mais les autres, la foule des gens obscurs, qui a entendu leur voix °?

Le livre se terminait par des considérations sur la destruction des privilèges héréditaires de l’Église et de la noblesse, au nom de l'égalité des citoyens. A l'égard de l’Église cette destruction était l’aboutissant de la philosophie matérialiste, athée, jouisseuse du xviH® siècle, favorisée par le fanatisme aveugle et par la dissolution morale du clergé qui soulevèrent contre lui les penseurs; elle était aussi une conséquence de la séparation du domaine politique et du domaine religieux exigée par la nouvelle Constitution. Pour sa part, Rehberg se déclarait partisan non sans doute de la prépondérance de l'Église romaine et de la papauté sur l'État, mais d’une sage alliance du « trône et de l’autel » *. Quant à la noblesse de France spécialisée dans la caste militaire, du jour où le contrat de protection qui liait

héritiers de remplir les engagements contractés par leurs aïeux, füt-ce un million d'années auparavant, sous l’empire de la nécessité.

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