Fichte's Leben, 1,1,:6,-p
2. Il écrivait, en effet, à Th. von Schôn qui le savait à Zurich dans des conditions telles qu’il pouvait le croire pleinement heureux : « Zurich est pour moi un endroit insupportable. La nature a tout combiné pour faire des lieux un paradis; mais les habitants de ce paradis sont déchus. On ne rencontre sûrement nulle part ailleurs tant d’animosité d’esprit à l’égard des étrangers, des sentiments si exclusifs, tant de morgue et de sotte vanité, tant d’ignorance jointe à tant de prétention... » Aus den Papieren des Ministers und Burggrafen von Marienburg Theodor von Schôn. Anlagen B. 9. Zürich, d. 20. Nvbr. 1793, p. 36-37.
et de chercher, par mon éloquence, à les rendre efficaces sur les cœurs. » te.
Et, vers la même époque, il confirmait son intention à l'ami Achelis, de Brême : |
« Si je trouve le temps et la tranquillité nécessaires, je les consacrerai entièrement à la philosophie de Kant. Exposer sous une orme populaire les principes de sa morale, les inculquer avec force et avec flamme au cœur du public serait peut-être un bienfait pour le monde... De cette exposition populaire sa morale est susceptible, mais la chose demande du loisir et de l'indépendance, les aurai-je?? »
Son retour à Zurich lui apportait ce loisir et cette indépendance®. C'était le moment de tenir sa promesse, il n'y faillit point.
En annonçant à Kant son prochain mariage Fichte l’assurait que les travaux du philosophe dont l'existence avait été si importante pour le genre humain ne passeraient pas, qu'ils porteraient dés fruits en abondance, qu'ils donneraient à l'humanité une orientation nouvelle, qu'ils produiraient une véritable régénération de ses principes, de ses opinions, de ses institutions, qu'il n’y avait aucun domaine où ne s’étendissent leurs conséquences #. |
Il laissait entendre au maître qu'il serait celui qui chercherait à tirer tous ‘les fruits de sa philosophie; il déclarait avoir l'intention de travailler au droit naturel, au droit constitutionnel, à la science politique, en utilisant l’œuvre de la Critiques.
Mais pour cette œuvre de vulgarisation, il croyait sans doute nécessaire de commencer par étayer les bases mêmes de la Crilique, encore chancelantes : et cela il ne le disait pas à Kant, mais il l’avouait à des amis, et il écrivait à l’un d'eux, à Stéphan :
« J'ai découvert un nouveau fondement dont tout l’ensemble de la philosophie se déduit très facilement. Kant, d'une manière générale, possède la vraie philosophie, mais dans ses résultats seulement, non
1. Fichte’s Leben, 1, 1, 3, p. 83. Lettre à Jeanne Rahn, 5 sept. 1790.