Fr. H. Jacobi, David Hume, p
2. K. L. Reinhold, Briefe über die Kantische Philosophie, I. Bd. Leipzig. Bei Georg Joachim Gôschen, 1790, IIL Brief, p. 88-104.
les éclectiques parlaient du Kantisme comme d’une nouvelle secte, plus intolérante que les autres, de la philosophie prétendue populaire, et ridiculisaient cette rénovation de la scolastique et des subtilités de l'École, dans le siècle des lumières et du bon sens; mais, à l'encontre de tous ces philosophes, Reinhold, qui avait lu cinq fois la Critique, déclarait y voir le plus grand des chefs-d'œuvre de l'esprit philosophique; il affirmait y trouver une réponse entièrement satisfaisante pour son cœur et pour son intelligence, à tous ses doutes philosophiques; il avait la plus intime conviction d’y rencontrer toutes les données nécessaires à la solution du grand problème posé depuis le jour, annoncé par lui, où la philosophie religieuse avait été ébranlée dans ses fondements. Il essayait de le montrer en exposant et en commentant, au point de vue du Christianisme, les conclusions de la Critique sur l'existence de Dieu, et les vues de Kantsur l’union de la religion et de la morale ?.
Et pourtant la philosophie de Kant avait besoin d’être complétée.
De l'aveu de Kant, la Critique de la Raison n'était qu'une «-propédeutique de la métaphysique »; elle ne constituait encore que les Prolégomènes à toute métaphysique future qui voudra se présenter comme science. La question du fondement de la métaphysique n'avait pas été abordée par Kant. Or cette question du fondement était le problème philosophique par excellence; elle se posait non pas seulement à propos de la métaphysique, mais à propos de la logique, à propos de la morale, à propos du droit, à propos de la théologie, à propos de l’ensemble de la philosophie. Toute philosophie jusqu'ici, sans excepter même la philosophie kantienne, si on la considère comme une science, manquait de quelque chose et ce quelque chose n'était rien de moins qu'un fondement:. |
Ainsi s'exprimait Reinhold dans son écrit sur Le Fondement du savoir philosophique (Ueber das Fundament des philosophischen Wissens) et, dans ses Contributions destinées à rectifier certaines incompréhensions des philosophes (Beyträge zur Berichtigung bisheriger Missverständnisse der Philosophen), d’un an antérieures, il déclarait, en parlant des rapports de la Théorie de la représenlation et de la Critique de la Raison pure, « que la Critique de la Raison non seulement n'avait pas établi de principe premier
1. Reinhold, Briefe über die Kantische Philosophie, p. 104-107.