‹ Fichte et son tempsChapitre 86 sur 232 · Ibid., Manifest, p. 183. — 6. Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., Manifest, p. 183. — 6. Ibid., p

phique dont la perfection ne saurait presque être dépassée, est pour lui un philosophe pur et simple (Ich halte Herrn Prof. Reinhold für einen blossen Philosoph), un penseur procédant par concepts et ne se préoccupant pas suffisamment de la vérité objective de ces concepts (für einen Denker durch Begriffe, ohne sich um die objektive Realität dieser Begriffe genugsam zu bekümmern). Ses déductions et ses preuves sont excellentes; mais ce qu'il met à leur base est, en majeure partie, faux, captieux et sans aucun sens.

Le mérite de Kant, aux yeux de Maimon, cest précisément d’avoir attiré l'attention du monde philosophique sur la distinction entre la pensée purement discursive et la pensée réelle, la pensée qui se rapporte à des objets; c'est de s'être montré, dans ses écrits, non pas un simple philosophe formel, mais en même temps un homme qui entend les mathématiques, la physique, l'esthétique ?.

Cependant, ni la Critique de Kant ni la prétendue amélioration que la théorie de la faculté de la représentation de Reinhold prétend y apporter ne parviennent à triompher des objections du scepticisme de Maimon. La Critique place à la base de sa philosophie la possibilité de l’expérience en général; les principes de la philosophie transcendantale n'ont de réalité que comme conditions d'exercice de l’expérience. Cette philosophie suppose donc l’expérience comme fait. Or c’est, on l’a vu, sur la réalité même de l’expérience que porte le doute de Maimon et, par là, sur la réalité de ses principes ?.

Ainsi, après le grand effort de la philosophie critique pour triompher à la fois du dogmatisme et du scepticisme, le scepticisme, non plus sans doute celui de Hume, mais le scepticisme plus raffiné de Maimon, relevait la tête, et, pour nous servir d’une comparaison qui est la conclusion même de Maimon dans les Progrès de la métaphysique depuis Leibniz, « la philosophie critique et la philosophie sceptique sont à peu près dans le même rapport que l'homme et le serpent, après la chute, quand il est dit : // (l'homme) Fécrasera la léle (c'est-à-dire la philosophie critique inquiétera toujours le sceptique avec la nécessité et l’universalité des principes qu'exige une connaissance scientifique), mais toi (le serpent) {u lui mordras le talon (c'est-à-dire le sceptique harcèlera toujours le philosophe critique en soutenant que ses principes nécessaires et universels n'ont pas d'usage). Quid facti* »?

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