Ibid., Manifest, p. 182-183. — 2. Ibid., p
3. Ibid. Schreiben des Verfassers an Herrn Prof. Reinhold, I, p. 191. 4. Ibid. Ueber die Progressen der Philosophie, p. 58.
Qu un retour offensif du scepticisme, d’un scepticisme plus complet que celui de Maimon, fût alors dans la logique des choses, c'est ce qu atteste encore, il nous semble, un petit livre qui parut en 1792, l'année même où Maimon poussait ce cri de guerre, un an après sa discussion avec Reinhold, deux ans après l'apparition de son premier ouvrage, l'Essai sur la philosophie transcendantale. Ce livre, qui fut publié sans nom d’auteur', portait un titre significatif, l'Énésidème ou Les Fondements de la Philosophie élémentaire exposée à léna par M. le professeur Reinhold, avec une défense du scepticisme contre les prétentions de la Critique de la Raison (Aenesidemus oder über die Fundamente der von dem Herrn Prof. Reinhold zu Jena gelieferten Elementar-Philosophie nebst einer Vertheidigung des Skepticismus gegen die Anmassungen der Vernunftkritik).
Le livre était écrit sous forme de Lettres.
Hermias est converti à la philosophie critique qui, au point de vue théorique, dans les limites de l'expérience, ruine le dogmatisme, et qui, capable, au point de vue pratique, de réaliser la loi de la Raison pure, assure à la morale une base inébranlable: il est confirmé dans sa conversion par la lecture des œuvres de Reinhold desquelles ressort, à ses yeux, la position intenable du scepticisme, l'établissement du principe un et absolu qui procure la certitude et met fin au doute. À Hermias Énésidème répond en maintenant les positions du scepticisme contre Kant et Reinhold, et à l'encontre de nombre de leurs adversaires qui les réfutent sans les comprendre il les appréciait à leur juste valeur ?.
L'auteur d'Énésidème montrait ainsi l'indiscutable service que la Critique de la Raison pure, «chef-d'œuvre de l'esprit philosophique», avait rendu en établissant les limites de la Raison spéculative; il y voyait un pas important vers la diminution de l'ignorance et de l'incertitude; il admirait encore dans les recherches de Kant sur les conditions de possibilité d’une métaphysique et d'une connaissance des Choses en soi une entreprise bien digne de l'enthousiasme qu'avait provoqué la Critique. Mais il se refusait à reconnaître dans la philosophie de Kant la philosophie définitive; il croyait la Critique