Ibid., Fünfter Brief, p. 420-427. — 3. Jbid., p
requiert-il l'existence de Dieu? pourquoi ne pourrait-il pas être, aussi bien que leur désaccord, le produit d’un mécanisme naturel?). En outre Kant commettait toujours le même sophisme; il concluait d'une nécessité de la pensée à l'existence de l’objet de cette pensée, d'une exigence de la Raison à la réalité de l'objet de cette exigence !; enfin, si l'on insistait et qu'on affirmât que ces postulats sont nécessaires à la dignité de la Raison, le sceptique répondait qu'on peut bien mettre en doute la Raison, ses buts, ses moyens, sa dignité; que peut-être la Raison n'est au fond que le produit d’une nature aveugle et sans but*?. |
Quant à Reinhold, qui s'était donné comme le continuateur de Kant, qui avait prétendu purger la Critique de ses contradictions et lui donner sa forme définitive, il était visé tout particulièrement par Énésidème. La Philosophie élémentaire avait été l'occasion des attaques du sceptique, le succès de l’entreprise tentée par Reinhold n’était pas moins problématique et il n'avait pas mieux réussi à échapper aux objections d'Énésidème. Son principe, présenté comme le principe un et absolu, seul capable d’'ériger la philosophie en science et de triompher ainsi du scepticisme, son principe, la conscience, n'était d'abord pas un principe premier, 1l supposait, au moins dans sa forme, le principe de contradiction, origine de toute distinction et de toute relation, et ainsi, quand mème le principe de la conscience serait, dans sa matière, le genre suprême contenant les attributs suprêmes et universels, pourtant la vérité de la liaison des représentations qu’elle contient dépendrait de la vérité d’un principe supérieur; ensuite ce n'était pas un principe entièrement déterminé par lui-même, la conscience dans sa généralité étant pour Reinhold indétermination pure, susceptible d’une infinité de déterminations possibles. Enfin ce n'était pas un principe universel; il n'exprimait pas un fait qui ne serait lié à aucune expérience déterminée: de plus il y avait certaines de ses manifestations auxquelles ne s’appliquait pas le triple rapport impliqué, suivant Reinhold, dans le principe absolu; au fond, ce principe n'était qu'une abstraction tirée des faits, et la Philosophie élémentaire, loin de pouvoir affirmer l'universalité et l’unité de son fondement, reposait sur un sable
mouvant *.
Reinhold était-il plus heureux quand il cherchait à déduire du
1. Aenesidemus oder über die Fundamente der von dem Herrn Prof. Reinhold zu Iena gelieferten Elementar-Philosophie nebst einer Vertheidigung des Skepticismus gegen die Anmassungen der Vernunftkritik. Dritter Brief, p. 432-435.