Ibid., p. 64, 82, 83. Mns. p
3. Ibid., p. 100. Mns. p. 66. Das absolute Subjeckt (das nicht wieder Prädikat sein kann) ist aber Gott, denn es ist Potenz,
rythme à trois temps pour expliquer la naissance de la conscience.
Fichte a donc compris la nécessité pour qu’une conscience, pour qu’un développement interne de l'esprit fût possible, d’ériger, en face du premier principe, un second principe, qui soit à la fois vraiment un principe, c'est-à-dire ne se déduise pas du premier et ne se réduise pas à lui, qui soit un acte de liberté, un commencement. absolu; qui en même temps ne soit cependant que second, c'està-dire se rattache au premier, ne puisse être posé que dans son rapport à lui et ainsi ne compromette pas, avec la souveraineté du premier principe, l'unité même de l'esprit. Il a compris que la Thèse absolue, qui est l’acte du Moi pur, a pour complément nécessaire, st l'esprit doit s’extérioriser, prendre conscience de lui-même, une Antithèse absolue, la position du Non-Moi; il a compris, une fois la thèse et l’antithèse posées comme les deux actes primitifs et essentiels de l'esprit, la nécessité de la Synthèse qui concilie les opposés et donne naissance à la conscience, à la relation du sujet à l’objet, laquelle caractérise les esprits finis !.
3° Idée d’une déduction dialectique des catégories. Déduction encore très imparfaite et parfois même chancelante, mais où interviennent dès maintenant tous les éléments de la déduction définitive. Déjà s'affirme ici la nécessité, pour établir la relation entre la réalité et la négation, entre le Moi et le Non-Moi, d'une quantification du Moi, et cette idée de quantification ne saurait être tirée analytiquement de la réalité et de la négation, c’est une création, une synthèse. L'idée de cette quantification une fois trouvée implique la série des rapports entre le Moi et le Non-Moi qui résultent de la division du Moi; ce sont les catégories de la relation, de la réciprocité, de la causalité, de la substantialité. Et de même apparaît déjà ici la double préoccupation de Fichte; découvrir dans les catégories une explication, une déduction de l’espace et du temps, de manière à éliminer ces « formes de la sensibilité » de Kant, irréductibles à l'intelligence et dont l'existence, liée en dernière analyse à l’hypothèse de la Chose en soi, entraînait toutes les difficultés de l’application des catégories à l’objet; réduire, au fond, la relation du sujet à l’objet au rapport primordial de la substance et de l’accident, c’està-dire, en somme, à une réciprocité du sujet avec lui-même, à cette relation de la déterminabilité dont Maimon avait fait le principe pre-
1. W. Kabitz, Stfudien zur Entwicklungsgeschichte der Fichteschen W. L. aus der Kan-
tischen Philosophie mit bisher ungedruckten Stücken aus Fichte’s Nachlass. IV. Die Entstehung der W. L., 2, I, p. 63-65. Mns. p. 4-5.
c mn dc ho.
mier de la logique transcendantale, le fondement même de l’objectivité de la connaissance et des jugements synthétiques.
4 Idée de l'imagination créatrice, comme cause de la production
inconsciente du Non-Moi.
. Le rapport de l’objet au sujet une fois réduit à une action réciproque du sujet avec lui-même, à une détermination du sujet par luimême ?, cette détermination se présente comme une limitation de l’activité totale du sujet, comme une passivité partielle. La question est alors de savoir comment cette limitation, cette passivité du Moi qui constitue l'intelligence est compatible avec l’infinie et absolue capacité d'action qui est l'essence même du Moi. Et l’idée originale que Fichte apporte pour résoudre la difficulté est celle-ci: le Non- Moi n’est rien de réel en soi; le Non-Moi est l'œuvre de l’activité du Moi, d’une activité inconsciente, il est vrai, et c’est pourquoi il apparaît comme donné à la conscience, comme une limitation pour elle; l’activité du Non-Moi, en tant que cause de la passivité du Moi intelligent, vient donc encore de l’activité du Moi comme Moi pur. C’est une activité du Moi iransférée par l'imagination du Moi au Non-Moi. Au fond le Moi pur, pour se réaliser, est obligé de se déterminer, donc de se limiter, de s'opposer un Non-Moi auquel il attribue sa limitation.
A chaque instant cette limite recule devant l'effort de l'esprit pour la dépasser, pour la comprendre; mais à chaque instant la limitation renaît, car, sans une détermination nouvelle, le progrès de la liberté serait impossible, la liberté se perdrait dans le vide de son infinité.
Dans cette production incessante du Non-Moi, dans cette création jamais épuisée d'objets par où s’actualise peu à peu la puissance même de l'esprit, Fichte voit l’œuvre, d’ailleurs inconsciente, de l'imagination. L'imagination opère ainsi en quelque sorte le lien entre l’activité infinie du Moi et son activité déterminante, entre la liberté et la nécessité; elle est à la fois l’une et l’autre par un perpétuel flottement *. |
Cette conception d’une faculté inconsciente de l'esprit fournissant à la conscience ses objets, va permettre à Fichte de compléter l’œuvre
1. W. Kabitz, Studien zur Entwicklungsgeschichte der Fichteschen W. L. aus der Kantischen Philosophie mit bisher ungedruckten Stücken aus Fichte’s Nachlass. IV. Die Entstehung der W. L., 2, I, p. 67-77.
2. Le Moi détermine son propre être, c’est ce qui le caractérise, il est par luimême, par sa propre puissance, plus de puissance, plus d’être, moins de puissance moins d’être, Ibid., p. 80. Mns. 42.