‹ Fidelio opera en trois actesChapitre 14 sur 47 · COUPLETS · texte numérisé non relu

COUPLETS

Quand j’avais ton frais visage,

Quand j’étais jeune garçon,

J’avais la tête moins sage Et j'aimais à ma façon!

Pour femme jolie,

Pour sou frais minois,

J'aurais cent fois Donné ma vie!

Dans ma folie,

J’aurais pour ses yeux Cherché noise aux dieux!...

J'aurais battu toute une armée Pour délivrer ma bien-aimée !

Ah ! le bon temps !

Ah! l'heureux temps !

Que n’ai-je encor vingt ans!

Il »e lève.

Quand j'allais, marchant en guerre,

En joyeux et franc routier,

Je savais boire à plein verre Et chanter à plein gosier!

J’avais en mémoire Plus d’un gai refrain;

Pas de chagrin Ni d'humeur noire !

Chanter et boire.

Fêter tour à tour Le vin et l’amour.

Et pour tenir tète au plus brave,

Vider gaiment toute une cave!...

Ah! le bon temps!

Ah! l’heureux temps!

Que n'ai-je encor vingt ans!

Voilà comment doit se compotier un homme de ton âge, et c’est sur ce modèle-là que je veuxavoir un gendre ! u va se rasseoir.

ISABELLE, pari.

Allons, il n’y a pas à reculer, mon amour pour Marceline sera un titre de plus à sa confiance, et si je puis profiter de l’occasion

KOCCO.

Mais par le diable ! tu ne comprends donc pas que ma fille te fais l’honneur de te choisir pour époux, drôle !

ISABELLE

11 fallait que je l’entendisse de votre bouche pour le croire, maître Kocco ! et puisque enfin je puis parler, j’ose vous promettre que vous trouverez en moi fe gendre que vous souhaitez. (Elle se rassied et remplit les serres. )

KOCCO.

Eh l mort de ma vie ! à la bonne heure !

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