‹ Fidelio opera en trois actesChapitre 9 sur 47 · ROCCO, MARCELINE, ISABELLE, STEFANO · texte numérisé non relu

ROCCO, MARCELINE, ISABELLE, STEFANO

ISABELLE

Bonjour, maître ! bonjour, Marceline !

ROCCO

Qu’as-tu, Fidelio? tu nous reviens avec un air de joie qui ne t’est pas accoutumé.

ISABELLE

Le roi Charles VIII s’avance vers Milan.

ROCCO

Eh bien! que t’importe? As-tu rien à gagner à l’arrivée du roi Charles VT II ?

ISABELLE

On dit -çju’il vient en Italie pour défendre les malheureux et venger les opprimés !

ROCCO

Es-tu malheureux ou opprimé, pour t’intéresser si fort au motif qui l’amène ?

F1DELI0

ISABELLE

Le roi de France s’annonce comme l’ami du duc Sforza, mais peut-être lui demandera-t-il compte de son neveu Jean Galéas, si étrangement disparu, il y a un an, au moment même où l'avènement de sa majorité allait le délivrer de la tutelle du régent et le mettre en possession du trône.

ROCCO

Silence, enfant! nous n’avons rien à voir dans les affaires de nos maîtres et nous ferons plus sagement de nous occuper des nôtres.

STEFANO

Le prince Jean Galéas serait sans doute flatté de savoir l'intérêt que lui porte M. Fidelio.

ROCCO

Qui est-ce qui te parle, à toi?

STEFANO

Pardon ! je croyais...

ROCCO

Tu croyais que ma fille te faisait l’honneur de t’aimer, n’estce pas? — Eh bien! tu te trompais! — Elle n’a pas daigné jeter les yeux sur loi, et si tu t’avises de lever les tiens sur elle, c’est à moi que tu auras affaire! tu comprends?

Oui ; on me préfère un nouveau venu, je sais cela, un orphelin, un vagabond, un intrigant...

ISABELLE, à part.

Que dit-il?

ROCCO

Écoute, Stefano, tu es un garçon que j’estime et que j’aime; mais si tu ajoutes un mot, je te fais sauter comme un cabri dans les fossés de la citadelle.

STEFANO

Il est heureux qu’ils soient à sec.

ROCCO

Justement! tu t’y casseras plus aisément la tête! Et à ce propos, u’oublie pas que je t’ai recommandé de les visiter. Tu me signaleras les points où la muraille tombe en ruines, et nous profilerons de la grande sécheresse pour porter la truelle et le ciment partout où il en sera besoin. L’endroit est frais et aie paraît de nature à calmer ton imagination, trop prompte à s’échauffer. Cela entendu, soyons bons amis, et quand ma fille

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