‹ FiesqueChapitre 44 sur 72 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LÉONOR

Ah! mon cœur alarmé te cherchait en tous lieux, Fiesque! de tes discours le sens mystérieux, Cette voix, ces regards qu'un noble espoir enflamme, A de vagues terreurs avaient livré mon ame, Et sous l'ombrage épais d'un bosquet d'orangers, Mon amour inquiet rêvait à tes dangers; J'entends un faible bruit, je m'approche tremblante.., Des flambeaux suspendus la clarté vacillante, Montre à mes yeux surpris des soldats inconnus , Jusque dans tes jardins en secret parvenus; D'incertaines lueurs frappaient leurs traits sinistres : Si d'un complot affreux ils étaient les ministres? Du lâche Octavio si le pouvoir jaloux Avait à leurs poignards désigné mon époux ! . . . . J'ai prêté vainement une oreille attentive, Ils n'ont point éclairé ma tendresse craintive,

Je tremble Mais je cours , révélant leurs desseins ,

Armer tons les amis conlre tes assassins ,

:„ FIESQt i

Leur courage aux dangers dérobera ta tête;

Aux cris de ma douleur ils viendront tous

FIESOFE.

Arrête !

Ces soldats inconnus ne nie frapperont pas, Ils ont jure ma gloire et non point mon trépas !

LÉONOR

Ta gloire ! Que dis-tu ?

FIESQLE.

Bannis un vain pre'sage !

LÉONOR

Qu'entends-je? Tes projets arment-ils leur courage?

Peut-être !

LÉONOR

Il est donc vrai ! les voilà donc connus Ces périls qu'aujourd'hui ma douleur a prévus ! De quelques insense's protégeant la chimère , Tu veux livrer au peuple un pouvoir éphémère; La menace à la bouche et les pieds dans le sang, Tu vas à ses fureurs l'unir en rougissant ! Et quel sera , dis-moi , le fruit de la victoire ? L'anarchie et la mort?

Le repos et la gloire !

Abjure des soupçons qui doivent m'offenser.

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