‹ FiesqueChapitre 5 sur 72 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LÉONOR, RERTA.

LÉONOR

Berta, laisse-moi fuir une fête importune, Laisse-moi dans ces lieux cacher mon infortune , C'est trop long-temps souffrir et de'vorer mes pleurs, Us sont heureux; pourquoi leur montrer mes douleurs? Ces danses, ces plaisirs , ces accens de la joie , Ces sons harmonieux que l'écho nous renvoie , Ces bosquets odorans où brillent mille feux , Le luxe des festins , la pompe de leurs jeux , Tout aigrit mes tourmens et glace mon courage , Tout, d'un bonheur passé me retrace l'image !

BERTA

Ce bonheur, Léonor , n'a pas fui pour toujours.

LÉ03NOR

L'infidèle a bien vite oublie nos amours !

BERTA

Mais peut-être cherchant à t'affliger toi-même...

LÉONOR

Non , non , je suis trahie , et c'est elle qu'il aime !

De l'orgueilleuse Elvire admirant la beauté',

Pare' de ses couleurs, assis à son côte,

Il vantait ses discours , il exaltait ses charmes,

Et l'ingrat n'avait pas un moment pour mes larmes !

Aux yeux des Doria que ce triomphe est doux !

La sœur d'Octavio voit Fiesque à ses genoux.

Oh ! comme devant moi, ma superbe rivale

D'un coupable bonheur étalait le scandale !

De mon front avec joie observant la pâleur,

Elle s'embellissait encorde ma douleur %

Et de loin je voyais sourire le parjure !

Avais-je donc ,Berta, mérité cette injure ?

Toi qui connais mon cœur, le crois-tu , que jamais

Une autre femme l'aime autant que je l'aimais?

Ses vœux étaient mes vœux, et mon aine ravie

Faisait de son bonheur le bonheur de ma vie.

Et qui ne l'eut aimé? L'envie à son aspect

Confuse , s'étonnait de céder au respect,

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