‹ Fièvre typhoïde & fièvre puerpéraleChapitre 12 sur 17 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

Empruntée à la thèse de Dunaur (Lyon 1893). Due à M. le professeur SPILLMANN de Nancy.

Madame I..., 25 ans, lingère, entrée le 20 mars 1887 dans le service de M. le professeur Spilmann.

Malade depuis treize jours, elle fut obligée de s'’aliter dès le début à cause d’un grand malaise avec céphalalgie. Bourdonnements d’oreilles.

Frissons pendant plusieurs jours, vomissements, anorexie, diarrhée. Pas d’épistaxis ; ne tousse pas. Etat actuel, — 21 mars. T, OR 0 P. = 120. Péau

moite, Langue blanche chargée, rouge sur les bords.

Ventre un peu ballonné, mais souple ; nombreuses tâches rosées sur l’abdomen et le thorax. Gargouillement dans la fosse iliaque droite. Plusieurs selles diarrhéiques depuis hier. Dimensions de la rate normales.

Au thorax. — Ronchus et sibilances disséminées.

Bruits de cœur normaux. Pas de céphalalgie ni de vertiges. Insomnie.

24 mars. — La température se maintient à 40 degrés le soir ; au-dessus de 39 le matin. Hier, perte sanguine assez abondante, mais qui s’arrêta spontanément.

On administre un lavement laudanisé.

27 mars. — Hier, deux selles hémorrhagiques assez abondantes. (environ un bassin et demi).

Ce matin 39°4. Facies pâle, pouls petit, fréquent = 110. ë

Un lavement laudanisé.

29 mars. — A neuf heures du matin, sans douleurs bien marquées, la malade accouche d’un petit fœtus d'environ deux mois et demi.

Le placenta n’est pas expulsé. Une hémorrhagie assez abondante s’étant déclarée, on fait le tamponnement.

Le soir, le tampon est retiré, et on peut sentir dans la cavité cervicale, le placenta qui n’est décollé qu’en partie et qui est encore adhérent.

Nouveau tampon qu’on enlève le 30. Le placenta est toujours à la même place, On fait une injection intra-

utérine de liqueur de van Swieten dédoublée, qu'on renouvelle le 31.

4er avril. — Le placenta est toujours adhérent surtout à gauche. Cependant aujourd’hui il commença à faire saillie dans le vagin: il y a une légère odeur de putréfaction. |

On fait quatre injections intra-utérines par jour, tantôt avec la solution phéniquée à 2 0/0, tantôt avec la liqueur de van Swiéten dédoublée.

2 avril. — Même état. Quatre injections intra-utérines. On fait, en outre, plusieurs injections vaginales

boriquées.

On retire de petits lambeaux du placenta.

& avril. — Il reste très peu de débris placentaires

engagés dans le col.

On supprime les injections vaginales.

5 avril. — La malade a expulsé quelques débris de

placenta.

7 avril. — La malade à eu une hallucination la nuit : elle voyait des hommes qui voulaient la violer: elle s’est même levée de son lit et a essayé de s’enfuir.

Sous l'influence des injections vaginales, là inalade a encore perdu des débris deplacenta. Ventre météorisé

8 avril. — Frisson violent hier à midi, qui a duré vingt minutes. On fait une injection intra-utérine à quatre heures du soir. Pertes rougeâtres peu considé— rables et sans odeur.

Le 9 et le 10, la malade à déliré pendant toute

la nuit. Les frissons ont cessé, les pertes sont peu considérables.

13 avril. — Le délire reprend de nouveau. On constate des ronchus et des sibilances disséminées.

Plus d'écoulement. Ventre souple et indolore.

14 avril. — La malade commence à s’alimenter.

15 avril. — On supprime le sulfate de quinine qui avait été administré à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme.

20 avril. — Depuis deux jours, œdème du mollet droit avec douleur dans le creux poplité. La température est redevenue normale.

23 avril. — Les douleurs ont disparu dans l’aine, persistant au creux poplité et dans le mollet.

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