OBSERVATION IV
Grossesse. Fièvre typhoïde. Accouchement prématuré au huitième mois. Aggravation de la maladie, Mort. (Brousse, Gazette hebdomadaire de Montpellier).
R. Eugénie, âgée de 18 ans, domestique, entre le 30 octobre 1884 au service de la clinique chirurgicale pour s’y faire traiter de la gale.
Cette fille est enceinte de huit mois.
Le 31 octobre, on lui prescrit le traitement de deux heures pour la gale. En sortant du bain, elle a froid, est prise de frissons et à partir de ce moment elle est
très fatiguée, ne mange pas, tousse.
Chellier É 6
Au bout de quelques jours, voyant que son état de malaise persistait et s’accompagnait de fièvre, on l'envoie dans le service de Ja clinique médicale où elle entre le 7 novembre.
Au moment de son entrée, elle accuse une céphalalgie intense, une diarrhée assez abondante, une fatigue générale, enfin une toux opiniâtre. On apprend en outre que les jours précédents elle a eu des épistaxis répétées et une hémorragie par les voies génitales.
La fièvre est vive : 3909.
Le pouls ne présente pas une grande fréquence : quatre-vingt-quatre pulsations.
L'examen de l’appareil respiratoire révèle seulement un timbre plus élevé du murmure vésiculaire, sans bruits anormaux.
La langue saburrale dans sa plus grande étendue est rouge et sèche à la pointe, le ventre présente un léger degré de météorisme, pas de gargouillement bien marqué dans la fosse iliaque droite.
Les bruits du cœur fœtal s’entendent au-dessous de lombilic à gauche de la ligne médiane, ils sont fréquents et réguliers. Au toucher vaginal, on ne trouve ni dilatation du col, ni même présence de la tête dans l’excavation pelvienne.
Traitement. — Bouillon et vin, tisane pectorale. Soir. Persistance des mêmes symptômes avec tempéra= ture de 40°.
Huit heures du matin. Même état. Le ventre est douloureux, la diarrhée toujours abondante. Tempé= rature 40°. Cataplasmes laudanisés sur le ventre. Soir : température 40°, 6.
Neuf heures du matin : nouvelle épistaxis dans la nuit. La malade est abattue, se plaint d’une soif très vive. La langue est sèche et fuligineuse à la pointe ; lPexamen de la poitrine ne révêle pas de localisation pulmonaire.
Soir. Température 40°, 4.
Dix heures du matin. Douleurs abdominales très vives. Pas de taches rosées, Température 39, 4.
Soir. Douleurs abdominales augmentent et sirradient vers le pubis et les lombes. Elles finissent par aboutir à l’expulsion d’un enfant qui meurt peu «le temps après sa naissance, ie
L'accouchement et la délivrance se sont faits régulièrement sans accidents.
Les phénomènes typhoïdes interrompus par laccouchement reprennent bientôt leur marche.
Le 11, météorisme abdominal considérable, vomissements, délire.
Le 12, abattement considérable, langue sêche, soif intense, lochies fétides. ;
Taches rosées assez nombreuses sur la face antérieure de l'abdomen. Température 40°, 3.
Les phénomènes ne font que s’aggraver : le 45, on constate au poumon droit un foyer de congeslion, Température 40°, 3,
LU
L'état général devient de plus en plus mauvais : prostration, voix éteinte. La malade à une dyspné® intense, du délire. Le facies est grippé, le pouls très fréquent, très petit, dépressible. La température se maintient au-dessus de 40°, et le 48 au soir, la malade succombe.
OBsERvATION V (de Güsser ow)
Fièvre typhoïde compliquée d’infection puerpérale.
Une jeune femme enceinte de trois mois et demi avorte dans le cours du troisième septenaire d’une fièvre typhoïde bénigne ; elle est amenée à laMaternité et ne tarde pas à présenter les symptômes de la scepticémie puerpérale. Elle a de la tuméfaction des organes génitaux externes, et un écoulement lochial très fétide et abondant. L'utérus augmente de volume et devient très douloureux ; le ventre se ballonne et les symptômes de péritonite généralisée se déclarent. La malade succombe au milieu d’un état typhoïde qui s’est manifestement aggravé après l’avortement. A Pautopsie, outre les lésions typhiques de l'intestin, gonflement, ulcération et escharres des plaques de Peyer, Güsserow trouve une métro-péritonite puerpérale: l’utérus augmenté de volume, contient un liquide sanieux, brunâtre et gangréneux. La cavité péritonéale contient des fausses membranes et du pus.
Mais il n’existe pas de perforation intestinale el on peut établir nettement que la péritonite a débuté dans l'excavation pelvienne autour de l’utérus et de ses annexes, dans le cul-de-sac de Douglas qui contenait une exsudation tout à fait purulente. Petites ecchymoses dans
les plèvres.
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