Arloing, in Oict. dessc. mèdic. art. surmenage
A notre avis, M. Arloing n’a pas assez insisté sur l’étendue de la signification du mot surmenage tel que nous le comprenons. C’est plus qu’un synonyme de fatigue. H y a des éléments surajoutés ; la persistance et l’exagération dans la production de la fatigue. Il convient de dire que M. Arloing ne visait pas dans sa définition la question qui nous occupe, car, ce n’est pas de longue date croyons-nous, que le mot surmenage a pris la signification qu’on lui donne aujourd’hui. M. Arloing constate luimème que c'est le mot fatigue que l’usage a réservé pour désigner l’état d’un homme surmené ; d’où il semble résulter que, sans être un néologisme dans la langue française le mot surmenage pourrait en être un dans la langue médicale appliquée à la pathologie humaine. Nous croyons plus volontiers que le nom n’est pas plus nouveau que la chose et que l’étude seule en est récente.
Pour en finir nous dirons que, quant à nous, qui avons pour but l’étude clinique des états morbides, fièvres et lésions, consécutifs à l’acte lui-même de la fatigue et du surmenage nous préférons essayer de définir l’état pathologique lui-même, le résultat plutôt que la cause, et nous dirons qu’un individu est surmené alors qu’il s’est livré à des excès musculaires, intellectuels et même vénériens, isolés ou combinés, constants ou répétés, excès qui n’étaient en rapport ni avec son âge, ni avec sa constitution, ni avec les tares héréditaires ou acquises, ni avec l’habiLude où l’entraînement nés d’une éducation antérieure physique ou intellectuelle.
Nous définirons ensuite la fièvre de surmenage un processus morbide de nature infectieuse, avec état typhoïde
tenu sous la dépendance de l’altération des liquides, avec ou sans altération des. solides de l’organisme, ce que nous font admettre les observations que nous avons pu réunir plus loin.