Bertherand ; in jour n. médic, d’Alger
par un ennemi victorieux lorsqu’il tombe épuisé sur la route, insensible à toute excitation, la face pâle, le corps baigné de sueurs, la respiration superficielle, faible et fréquente, le pouls petit, inégal, les membres raidis, dans un état comateux, souvent voisin de la mort.
Tel est encore le cas des coureurs — inexpérimentés ceux-là, — qui par amour-propre n’abandonnent pas la lutte.
Voyez encore à quelle dépense musculaire excessive, à combien d’efforts maladroits et inutiles se livre celui qui patine pour la première fois ou qui prend sa première leçon de natation.
Tous les symptômes décrits plus haut se retrouvent chez des individus qui se sont surmenés, épuisés, en faisant de longues marches à pied, sans presque prendre de nourriture et qui, par conséquent, ont fait des dépenses excessives sans réparer leurs pertes.
Des exemples de ce genre figurent dans les observations indiquées plus haut. Nous signalerons spécialement l’observation où il s’agit d’un homme venu à pied en neuf jours de Marseille à Paris (observ. VIII).
A cette classe de causes si diverses appartiennent encore cette mère qui passe ses nuits au chevet d’un fils malade (observ. V); cette jeune fille (observ. XXVIII) et cet homme (observ. XXVII) qui se livrent pendant toute une nuit au plaisir immodéré de la danse et qui, le lendemain, éprouvent les symptômes les plus alarmants du surmenage aigu avec sphacèle qui dans l’un des cas cause la mort.
A citer encore 1 histoire de ce mari qui, célibataire con-
linent et méthodique, une fois marié à une femme jeune et jolie ne sait plus mettre un frein à sa passion jusqu’à ce que, en proie à un surmenage aigu, au bout de cinq semaines de mariage, il présente un état des plus graves (observ. XI) (1).
Dans certaines conditions on doit prendre en considération les émotions très vives, un violent choc moral, tout comme un choc traumatique, qui peuvent produire des états pathologiques analogues à ceux du surmenage, mais par un mécanisme tout différent, car ici c’est l’épuisement de l’influx nerveux qui doit être mis en cause. Tel est le cas de cette jeune domestique (2) qui s’aperçoit à l’improvistc, qu’on vient de lui voler toutes ses économies. A l’instant elle se sent prise de douleurs, de courbature, de fièvre qui présente les caractères d’une fièvre de surmenage très légère.
Par contre il est curieux de rapprocher de cette observation celle où Samuel Wilks (3) raconte qu’une jeune fille de complexion délicate et incapable d’une longue course n’éprouvait plus aucun symptôme de fatigue et devenait susceptible de se promener longtemps, quand elle donnait le bras à son fiancé. C’est là un trait caractéristique de l’influence de la joie et de l’amour, du moral en somme, sur le physique.
On admettra encore que le moduscigendi du surmenage pourra se présenter sous des aspects différents chez le même individu (observ. XV), chez celui qui s’est livré à tousgen-