Revue de mèd. et dec/iir. 9 sept. 1S
physes d’où état de souffrance plus ou moins accusé, accès fébriles et poussées rapides d’accroissement. En un mot l’on aurait là les effets d’un surmenage physiologique et l’état général serait sous la dépendance des processus locaux et leur serait consécutif.
Peut-on accepter cette interprétation dans tous les faits observés de fièvres dites de croissance. Nous ne pouvons nous empêcher de nous demander si dans ces cas on ne prend pas le résultat pour la cause, si le processus local et l’accroissement de plusieurs centimètres du squelette ne vient qu’à la suite de l’état général et produit par lui.
Ce qui nous fait émettre cette opinion c’est que nous voyons la maladie éclater à la suite de grandes fatigues, de marches prolongées. Dans un cas (observ. XXI) voyez l’interminable trajet à pied que des parents peu prudents imposent à une fillette de onze ans après une après midi passée à jouer, courir et sauter au Luxembourg et bien que sa santé habituelle eût toujours laissé à désirer.
Dans d’autres cas la maladie a été occasionnée par une première leçon soit de gymnastique, soit de natation, pendant laquelle de violents efforts musculaires ont été faits par les enfants (obs. XXII, XXIII).
Or, nous ne pouvons oublier qu’il s’agit de jeunes enfants, n’ayant pas dépassé dix ans le plus souvent et chez lesquels la nutrition et la dénutrition sont intenses, enfants qui sont en plein travail de développement du squelette et qui, tant que la suture définitive des épiphyses et la cessation de l’accroissement des os n’auront
eu lieu, présenteront au niveau même de ces épiphyses des points minoris resislenliœ.
Supposons maintenant qu’un enfant soit soumis à une cause fatigante excessive quelle qu’elle soit. D’après la théorie que nous avons admise et longuement développée précédemment nous sommes amené à conclure qu’il y aura aussi bien chez l’enfant, et d’autant mieux que chez l’homme à cause de l’intensité des oxydations, des produits de désassimilation qui s’accumuleront dans le sang, l’altéreront et produiront un état infectieux dont la nature ne pourra être mise en doute si nous nous rapportons aux symptômes décrits par M. Bouilly : épistaxis fréquentes, affaissement extrême et souvent prolongé des forces, intumescence de la rate, fièvres aux allures bizarres et typhoïdes, très intense, avec insomnie, agitation, délire et menace de convulsions, sensation de courbature générale, douleurs vagues, température élevée 39°, S à 40°. En un mot tout le tableau symptomatologique des fièvres de surmenage.
Ce n’est pas tout : analogie frappante, cette fièvre à l’aspect si alarmant ne dure le plus souvent que vingtquatre ou trente-six heures, nous dit M. Bouilly, rarement plus. Elle tombe brusquement et tout rentre dans l’ordre.
Il y a plus encore. Dans certains cas avec des symptômes graves simulant une fièvre typhoïde un léger souffle d’endocardite se fait sentir (observ. XXIV) et il disparaît aussi rapidement dès que « la scène change, que le calme renaît » en 36 ou 48 heures.
Pour nous, nous n’hésitons pas à croire que dans ces
cas le cœur s’est ressenti de la fatigue excessive auquel a été soumis l’organisme entier de l'enfant tout comme nous l’avons observé chez les adultes.
Pour une plus grande ressemblance encore avec les fièvres de surmenage M. Bouilly invoque leur pathogénie dans les fièvres de croissance et émet cette opinion que le travail exagéré qui a été produit au niveau des zones épiphysaires fait pénétrer tout à coup dans l’économie des produits de désassimilation que les émonctoires ordinaires sont impuissants à éliminer assez rapidement et dont l’accumulation dans le sang est cause d’une infection momentanée.
Enfin le traitement lui-même, indiqué par M. Bouilly, vient achever le rapprochement. « Le traitement est bien simple, » dit-il, comme nous le dirons plus loin, « c’est le repos. Il pourrait suffire. Il y a aussi des moyens pro-, phylactiques ; la suppression de toute fatigue (1). »
L’analogie si frappante entre les fièvres de croissance et les fièvres de surmenage avait déjà attiré l'attention du Dr Petit qui, dans sa thèse de doctorat (2), essaye de faire le diagnostic différentiel entre ces deux maladies par la simple constatation de l’accroissement delà taille et finit par déclarer que ces deux états pathologiques pouvant coïncider il sera souvent difficile de faire la part de chacune des deux maladies.
M. le Dr Bouchut (3), de son côté s’est demandé si le