‹ Fièvres de surmenageChapitre 49 sur 56 · PRONOSTIC ET TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PRONOSTIC ET TRAITEMENT

Tout à fait bénin dans les cas apyrétiques et sans lésions, réservé dans la deuxième forme des états typhoïdes, le pronostic nous semble tout à fait grave dans la forme aiguë et cardiaque ; fatal dans le surmenage suraigu.

Cela ressort en général de nos observations, mais il est inutile d’insister, croyons-nous, sur la variabilité du pronostic suivant les nombreuses conditions étiologiques, extérieures et individuelles, climatériques ou professionnelles.

Il faudra se rappeler que même dans des cas qui ne semblent pas d’une gravité alarmante des thromboses surviennent, des myélites se déclarent, des myosites suppurées, des infiltrations sanguines plus ou moins étendues, des gangrènes spontanées apparaissent et amènent un dénouement imprévu.

Méfions-nous d’ailleurs dans les fièvres de surmenage, comme dans toute maladie, de ces individus qui, tout en ne présentant qu’un état typhoïde fébrile des plus légers en apparence, s’écrient à tout instant : « Je vais mourir ! » Ces malades meurent le plus souvent sans que les symptômes pendant la vie, ni l’autopsie, nous dit M. Peter, puissent mettre sur la voie de la cause de la mort.

M. Peter nous a cité deux cas des plus frappants (1).

Dans l’un il s’agit d’un industriel de Calais, âgé de 42 ans. Un peu intéressé, il éprouve un vif désespoir des pertes d’argent considérables souffertes par un de ses associés et il s’atLelle à la besogne et se surmène pour donner un nouvel essor à ses affaires, mais bientôt l’insomnie est complète, la maladie se déclare avec anorexie, dyspepsie, vomissements, la fièvre est modérée. T 37°o le matin, le soir 38°.

M. Peter appelé en consultation s’en étonne en présence du peu de gravité des symptômes, mais le médecin, ancien interne, est préoccupé de l’état mental du malade qui ne cesse de répéter : « Je vais mourir ! » M. Peter conseille des lotions et un vésicatoire au creux épigastrique à cause des vomissements et part en disant que la maladie ne semble pas grave mais que cela pouvait être sérieux. 30 heures après le malade mourait par syncope.

Dans le second cas observé par M. Peter alors qu’il était interne de Monneret il s’agit d’un malade âgé de 54 ans et atteint d’état typhoïde fébrile très léger, bête, qui disait lui aussi : <r Je vais mourir ! » sans que vraiment on pût le croire. Et il est mort, mort sans cause, sans raison, <t par glissement vers la tombe, » sans qu’il y eut syncope et sans que l’autopsie en révélât le pourquoi.

Il semble que ces malades sentent en eux qu'il vont mourir parce qu’il leur manque la force néccessaire pour vivre.

Il faut donc se méfier des gens qui disent : <r Je vais mourir ! » Car ils le sentent et c’est vrai.

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